[CRITIQUE] SOUS LA SEINE

CRITIQUES | 10 juin 2024 | Aucun commentaire
Sous-la-Seine-affiche

Rating: ★½☆☆☆

Origine : France

Réalisateur : Xavier Gens

Distribution : Bérénice Bejo, Nassim Lyes, Léa Léviant, Sandra Parfait…

Genre : Horreur

Durée : 1h41

Date de sortie : 5 juin 2024

Le Pitch :

À l’approche d’un triathlon dont le départ doit être donné dans la Seine, un requin particulièrement gros parvient à se frayer un chemin dans le centre de Paris. De quoi pimenter un peu la compétition…

La Critique de Sous la Seine :

Pour écrire son film de requin, qui s’inscrit dans un genre à part entière créé par Steven Spielberg avec le classique que vous connaissez, Xavier Gens a collaboré avec Yannick Dahan, l’un des co-scénaristes de La Horde, le film de zombies bien franchouillard, mais aussi et surtout l’un des critiques les plus suivis des amateurs de cinéma de genre depuis l’émission Opération Frisson (il opère aujourd’hui dans les rangs de Capture Mag)… De quoi nous pondre une nouvelle référence ? À vrai dire, personne n’a jamais semblé en attendre autant…

Les dents de la Seine

Sous la Seine affiche sa caution écolo dès les premières minutes quand Bérénice Bejo explore le tristement célèbre continent de plastique pour finalement tomber tête à tête avec un méchant requin. On connaît la chanson. Une chanson que Xavier Gens entonne à Paris, en s’arrangeant avec les lois de la nature mais aussi avec toute forme de logique, pour finalement poser le requin dans la Seine, face à toutes sortes de personnages interchangeables destinés à se faire bouffer.

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Bérénice Béjo dans le grand bain. Tous droits réservés : Netflix

Au fond, que Sous la Seine repose sur un postulat absurde ne pose aucun problème. Après tout, ce n’est pas le premier et cela n’a jamais empêché à ceux qui savent ce qu’ils font de livrer des divertissements très respectables ou en tout cas… divertissants ! On pense ici notamment à Piranha d’Alexander Aja, duquel Sous la Seine se rapproche beaucoup. Les filles en bikini, l’humour et le jusqu’au-boutisme en moins. Entre autres trucs capitaux qui manquent et dont l’absence contribue à faire de Sous la Seine un naufrage regrettable.

Skark attack

Sans aucune autre audace que celle de lâcher un requin dans la Seine, le film de Xavier Gens s’enfile donc joyeusement tous les clichés du genre, sans rien apporter à ce dernier. Les experts qui savent tout avant tout le monde mais que personne ne croit, les autorités à la ramasse, les héros au grand cœur, le requin qui passe à l’attaque au bon moment, etc… Rien, mais alors rien du tout ne permet à Sous la Seine de se démarquer. Même le rythme, qui aurait pu être bien plus frénétique et donc conférer au spectacle un côté très nerveux, comme avec Piranha, se paye le luxe de ralentir à plusieurs reprises. Pour preuve le gros ventre mou après l’introduction, qui ne tient que sur des lieux communs inintéressants et le jeu plus qu’approximatif de certains acteurs pas vraiment aidés par un scénario même pas assez généreux en dialogues débiles pour se montrer à minima amusant.

Foire à la saucisse

Parfois incroyablement à la ramasse, comme dans cette scène où des policiers à bord d’une embarcation, font demi-tour pour se retrouver exactement au même endroit quand leurs plongeurs refont surface, séquences plus divertissantes car plutôt gore et échanges verbeux consternants, Sous la Seine n’a jamais le courage d’assumer son postulat. Son plus grand défaut étant au final de se montrer trop timoré. Un défaut que La Horde n’avait d’ailleurs pas, lui qui en cumulait déjà pourtant un nombre assez impressionnant.

Mûr pour intégrer l’équipe de rédaction de la nouvelle mouture de Plus belle la vie, Xavier Gens semble aussi effacé, lui qui d’habitude, pêche plutôt par excès. Heureusement, quand le requin passe à l’attaque, le metteur en scène se réveille un peu et emballe quelques scènes relativement sympathiques, à défaut d’être surprenantes ou, encore une fois, audacieuses. Au final, même si la fin justement, part joyeusement dans tous les sens, c’est bien trop tard et Sous la Seine échoue sur à peu près tous les plans.

Oui les effets spéciaux sont bons mais non cela ne suffit pas. Ni les scénaristes ni les réalisateurs n’ont retenu les leçons de tonton Spielberg. Ni celles de Joe Dante ou de tout autre maître qui un jour, a évolué dans le même registre. Ils n’ont retenu que les clichés. Des clichés saupoudrés d’une morale écolo indigeste pour un film aussi inoffensif qu’une tanche anémique…

En Bref…

Si son postulat a pu pendant un moment laisser présager un trip complètement délirant dans la droite lignée du remake de Piranha, Sous la Seine n’est qu’un film de requin anecdotique ni assez gore, ni assez débile et ni assez audacieux pour être ne serait-ce qu’un peu divertissant.

@ Gilles Rolland

Sous-la-Seine
Pas évident de bien choisir son poisson. Tous droits réservés : Netflix
Par Gilles Rolland le 10 juin 2024

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