[Critique] SUPER

CRITIQUES | 21 janvier 2012 | Aucun commentaire

Titre original : Super

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : James Gunn
Distribution : Rainn Wilson, Ellen Page, Kevin Bacon, Liv Tyler, Michael Rooker, Gregg Henry, Sean Gunn…
Genre : Action/Drame
Date de sortie : 1 décembre 2011

Le Pitch :
Quand sa copine le lourde pour aller s’accoquiner avec un dealer notoire, un homme pète une durite et décide de prendre sa revanche pour tenter de regagner le cœur de sa belle. Il s’improvise alors super-héros, semblant ignorer le fait qu’il ne possède ni super-pouvoirs, ni aptitudes particulières…

La Critique :
Le principal défaut de Super est d’arriver après Kick-Ass. Bien que finalement très différents, les deux films parlent de super-héros sans pouvoirs et finissent fatalement par s’entrecroiser. Pourtant, les héros des deux films n’ont pas exactement les mêmes motivations et il apparait rapidement que Super adopte un ton beaucoup plus sérieux et mélancolique que Kick-Ass. Ainsi, contrairement au jeune héros de Kick-Ass, le personnage principal de Super saute le pas essentiellement pour des raisons personnelles. L’excellent Rainn Wilson (Six Feet Under, The Rocker, The Office…) incarne un homme mal dans sa peau, seul et meurtri. Toujours sur le fil du rasoir, ce héros du dimanche traduit son mal être et son désir de vengeance d’une manière ultra brutale. Des accès de violence qui jurent avec les quelques passages humoristiques par leur froideur et leur jusqu’au-boutisme. En cela, le personnage d’Ellen Page, apporte une véritable bouffée d’oxygène. La comédienne livre une performance assez incroyable et non contente d’apporter une touche d’humour et de feminité dans le marasme d’un héros en manque de repères, relance immédiatement le film de par sa seule présence.

Essentiellement vendu comme une pure comédie, Super est plus certainement un drame social. Les thèmes sont, il est vrai, traités sous couvert d’un certain second degré (la plupart du temps), mais l’impression générale, comme le dénouement, confèrent à l’ensemble un véritable parfum de tragédie urbaine et moderne. Un climat qui en refroidira plus d’un, mais qui, s’il peut surprendre, aide le film à gagner en profondeur. Cependant, James Gunn n’évite pas les accrocs et peine à cacher son embarras à choisir entre les genres. Jongleur maladroit, le cinéaste passe du comique potache à l’explosion de tronche à la clé à molette avec une brutalité un peu déconcertante et ne fait pas mouche à tous les coups.
C’est durant ces moments, qui plombent un peu la cohérence du film, que l’on décroche un peu. Et c’est aussi à ces moment-là que l’incroyable défilé de têtes d’affiches, toutes très en forme (à part peut-être Liv Tyler, molle comme une chique) joue son rôle le plus important. De part leur talent et leur envie manifeste de soutenir ce projet un peu dingue, les acteurs de Super raccrochent les wagons.
Reste un film foutraque et sévèrement burné, qui oscille entre le vigilante movie et le drame amoureux et qui affiche un refus des conventions et un aplomb rare. Ce qui au fond est déjà énorme.

@ Gilles Rolland

 

Par Gilles Rolland le 21 janvier 2012

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