[Critique] SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI

CRITIQUES | 3 avril 2012 | 3 commentaires

Rating: ★★☆☆☆
Origine : France
Réalisateur : Alain Chabat
Distribution : Alain Chabat, Jamel Debbouze, Fred Testot, Géraldine Nakache, Lambert Wilson, Patrick Timsit, Liya Kebede, The Great Khali, Jacques Weber, Aïssa Maïga, Gerardo Taracena…
Genre : Comédie/Aventure
Date de sortie : 4 avril 2012

Le Pitch :
À la recherche du scoop ultime, le grand reporter Dan Gerardo est envoyé en Palombie, pays d’Amérique Latine connu pour ses mythes et légendes. Sur place, il fait la connaissance de Pablito, un guide fantasque obsédé par le Marsupilami, cette créature fantastique. Commence alors une aventure où vont s’enchainer les péripéties les plus improbables…

La Critique :
Critiquer un film objectivement lorsque l’on parle de l’œuvre d’un personnage aussi sympathique qu’Alain Chabat n’est pas chose aisée. Surtout lorsque l’on assiste à l’avant-première où l’acteur/réalisateur prend le temps de répondre aux questions et se prête volontiers au jeu des photos avec ses fans. Car Chabat est un homme simple. Il parle de cinéma avec une passion communicative et enchaine les calembours avec le naturel qu’on lui connait. Accompagné de l’actrice Aïssa Maïga lors de cette avant-première toulousaine, elle aussi très abordable, Chabat donne profondément envie d’apprécier son dernier film. Malheureusement, Sur la piste du Marsupilami n’est pas ce que l’on peut appeler sincèrement une réussite.

Car à moins d’avoir entre 3 et 12 ans et/ou de vouer un culte sans borne à l’humour des Nuls, difficile de porter sur le long-métrage un regard bienveillant. Sur la piste du Marsupilami est clairement destiné à un public jeune. Très jeune. Les gamins sauront valoriser la démarche de Chabat qui ici, enchaine les gags cartoonesques avec une frénésie que les plus âgés risquent de trouver fatigante.
Le film, adapté des aventures du héros de Franquin, se place ainsi dans la stricte lignée de Roger Rabbit ou de The Mask. Les gags visuels très premier degré côtoient les jeux de mots estampillés “Nuls” dans un ensemble qui souffre d’un manque de cohérence gênant. L’histoire aussi pioche à droite à gauche. Chabat est un homme érudit et son film traduit une volonté gargantuesque d’avoir voulu insuffler un trop plein de clins d’œil. C’est plutôt amusant au début, mais vient le moment où on décroche. Un constat s’impose alors : que ce soit avec Astérix, RRRrrr !!! ou avec le Marsupilami, Alain Chabat ne fait que transférer les mêmes ressorts comiques dans des univers différents et parfois empruntés à d’autres. On pourrait appeler ça la « marque de fabrique », mais c’est parfois si flagrant, que ça en devient gênant. Surtout quand on s’intéresse à Pablito, le personnage de Jamel Debbouze, qui trouve un écho embarrassant avec le Numérobis d’Astérix et Cléopâtre (tic de langage, gimmick avec le lama qui remplace le chameau, etc…).
Les fans, les vrais, trouveront matière à s’en payer une bonne tranche, mais les autres décrocheront. C’est selon, vous l’aurez compris. Sur la piste du Marsupilami organise la rencontre de La Cité de le Peur avec la BD de Frankin. L’humour Canal colle mal avec la jungle Palombienne. Aurait-il fait son temps ? Peut-être bien car ici on touche aux limites…

Difficile de défendre le dernier film d’Alain Chabat d’un point de vue visuel également. En cela, Astérix et Cléopâtre ou RRRrrr !!! étaient bien plus beaux. Sur la piste du Marsupilami présente un kaléidoscope de couleurs criardes. Tout sonne faux (le film a pourtant été tourné au Mexique et en décors naturels) et les costumes des acteurs, avec une mention particulière pour ceux des soldats, sont hideusement criards. L’agression est permanente y compris en ce qui concerne la créature elle-même. Et d’ailleurs, parlons-en de la créature !
Le Marsupilami est mignon tout plein. Il bouge bien et vite, s’énerve tout rouge quand on lui cherche des noises et peut se montrer câlin quand les circonstances l’exigent. C’est bien, mais pas suffisant. Pas suffisant car le Marsupilami ne s’intègre jamais de façon convaincante à son environnement. C’est là qu’on peut rapprocher le film de Qui veut la peau de Roger Rabbit ?. Le Marsupilami de Chabat est un toon qui évolue dans une vraie jungle. Il se détache et ses interactions avec les acteurs ou le décors font l’effet d’un collage maladroit. Dommage, car le rendu de la bestiole en elle-même est plutôt cool. La fourrure de l’animal est jolie, les couleurs aussi et la bouille attachante. C’est une autre histoire quand le Marsu rentre en contact avec les acteurs. On se croirait un peu dans Scooby Doo et le film, malgré son budget confortable, ressemble trop souvent à un produit né vieux. Comprenez que face à ce que l’on peut voir dernièrement en matière d’effets-spéciaux, le Marsu joue dans une autre catégorie. Un peu comme si Mike Tyson boxait contre Brahim Asloum voyez-vous…

Ce qui sauve sans aucun doute le film, c’est son honnêteté. La sincérité transpire à chaque minute c’est indéniable et encore une fois beaucoup de spectateurs y trouveront leur compte. J’aurais aimé y trouver le mien, mais ce ne fut pas le cas. À chacun de voir le Marsu à sa porte… ou pas !

P.S. : Alain Chabat s’est donc prêté au jeu du question/réponse avec les spectateurs à la fin de la projection. L’une de ses réponses fut particulièrement hilarante.

Le spectateur : Comment avez-vous monté la bande-annonce de votre film ?
Alain Chabat : Avec le cul !

@ Gilles Rolland

Crédits Photos : Chez Wam

Par Gilles Rolland le 3 avril 2012

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Damien
10 années il y a

LOL, le spectateur avec la question sur la BA c’est un pote à moi avec qui je faisais de la radio sur Avignon ^^ Le monde est petit 🙂

hippocampestudio
Administrateur
10 années il y a
Répondre à  Damien

Ah bon ? Ah oui en effet ! En attendant, il s’est pas démonté lol.

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[…] Quentin Dupieux. Autant dire qu’il a su prendre son temps après l’échec critique et public de Sur la Piste du Marsupilami. Spoiler alert : sa nouvelle création, Santa & Cie, est un retour gagnant. On retrouve LE […]