[Critique] TARGET

CRITIQUES | 22 mars 2012 | Aucun commentaire

Titre original : This Means War

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : McG
Distribution : Reese Witherspoon, Chris Pine, Tom Hardy, Til Schweiger, Chelsea Handler, John Paul Ruttan, Abigail Spencer, Angela Bassett…
Genre : Action/Comédie romantique
Date de sortie : 21 mars 2012

Le Pitch :
Lauren fait la connaissance de Tuck par le biais d’un site de rencontres et tombe sous le charme britannique de ce dernier. Le hic, c’est que la belle craque aussi pour FDR, un autre jeune homme à ses yeux tout aussi attractif. Incapable de choisir entre ses deux soupirants, Lauren décide de faire passer FDR et Tuck au banc d’essai. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que Tuck et FDR sont les meilleurs amis du monde et qu’ils sont aussi de redoutables agents secrets…

La Critique :
Sérieusement ! Que fallait-il attendre du type qui a réalisé Charlie et ses Drôles de Dames et Charlie’s Angels : les Anges se déchainent, soit deux des films d’action les plus débiles de ces dernières décennies ? Certes, McG a aussi fait Terminator Renaissance, qui était plutôt réussi. Mais il se trouve que son Target (et son intrigue téléphonée de bout en bout), lorgne carrément du côté des deux premiers.

On prend une belle nana que des types s’arrachent. Prêts à tout pour l’avoir, ces types en oublient leur amitié et rivalisent de trouvailles et de coups bas pour s’approprier les courbes affolantes de leur cible (target en anglais). Là, on pense à Mary à tout prix. Prenez ensuite deux agents secrets, officiant dans l’ombre d’une fausse profession et opérant lors de missions à risques pour le bien de la nation. Personne n’est au courant de leur véritable activité. Si vous pensez à True Lies c’est normal. Ce qui ont répondu Mr. & Mrs. Smith ne sont pas totalement dans le faux non plus.

Voilà ! Target c’est un peu tout cela à la fois. Aucune surprise ne vient émailler cette comédie romantique d’action qui semble prendre un malin plaisir à éventer tous ses ressorts et à n’utiliser que des ficelles qui ont déjà été tirées dans une multitude d’autres films. Difficile dans ces conditions de trouver un intérêt profond à suivre les aventures d’un trio amoureux aussi plat que prévisible.

Surtout en prenant en compte la fainéantise d’un réalisateur peu inspiré. Pourtant connu pour sa faculté à mettre en scène avec souffle (soyons gentil) et folie ses scènes d’action, McG se contente du minimum syndical et fait ressembler les bastons et autres poursuites automobiles de son film à celles d’un actionner mou du genou des années 80. Le comble étant en plus le découpage qui rend ces séquences là particulièrement peu efficaces.C’est quand même regrettable, car à la limite, le spectacle purement visuel aurait pu sauver Target du gentil marasme dans lequel il s’enfonce au fil des minutes. Il n’en est rien et il faut aller chercher le salut dans les quelques répliques plutôt drôles disséminées ici où là, dans les courbes d’une Reese Witherspoon éclatante et dans… non dans rien en fait. C’est tout.

Si Miss Witherspoon assure donc grâce à une élégance innée et à une aisance particulière à embrasser ce genre de rôle, c’est loin d’être le cas des deux coqs qui se disputent ses faveurs. Deux hommes aux prénoms complètement ridicules (Tuck et FDR ? Non mais sérieusement ? Un biscuit apéro et un acronyme pour forum de discussion en ligne ?) qui se tirent la bourre à grands coups de torgnoles dans la tronche et de calembours dignes de gosses de 10 ans. La palme revenant à Chris Pine, beau gosse en carton et tête à claque monumentale (dans ce film), heureusement un peu plus convainquant dans de rares scènes où il met la panoplie de séducteur du dimanche au placard. Tom Hardy lui, fait carrément tache dans ce pur produit de divertissement beauf et calibré pour cartonner sans prendre trop de risques. À des années lumière de ses rôles dans Bronson, Warrior ou La Taupe, Hardy joue tout en légèreté, sans avoir trop l’air d’y croire.

Dans tous les cas, un véritable scénario aurait bien aidé le film à se hisser au dessus de la banalité dans laquelle il s’empêtre sans lutter. Surtout lorsqu’il tente de nous faire croire à une histoire secondaire avec un gros méchant bien germanique à l’appui. Une intrigue parallèle traitée par dessus la jambe, qui renforce cette impression de déjà vu et qui nuit profondément au propos central. Ce qui ne semble pas avoir échappé à McG. Le metteur en scène emballe à l’arrache un produit creux, souvent ringard et bien entendu dispensable.Un truc idéal pour une sortie en couple, au premier rendez-vous pourquoi pas. Les autres peuvent certainement attendre la sortie en vidéo ou au mieux se repasser True Lies et Mary à tout prix justement. Deux excellents films par ailleurs. Car sans être totalement nul, ce long-métrage divertissant mais pas trop non plus, ne vaut certainement pas le prix d’une place de cinéma.

@ Gilles Rolland

 

 Crédits Photos : Twentieth Century Fox

Par Gilles Rolland le 22 mars 2012

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