[Critique] TEXAS CHAINSAW 3D

CRITIQUES | 1 août 2013 | Aucun commentaire

Titre original : Texas Chainsaw 3D

Rating: ★½☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : John Luessenhop
Distribution : Alexandra Daddario, Dan Yeager, Scott Eastwood, Tania Raymonde, Shaun Sipos, Keram Malicki-Sanchez, Thom Barry, James MacDonald, Bill Moseley, Gunnar Hansen…
Genre : Horreur/Épouvante/Suite/Saga
Date de sortie : 31 juillet 2013

Le Pitch :
L’horrible histoire de Sally, la seule rescapée du massacre perpétué par la famille de Leatherface, provoque un profond émoi dans la petite communauté texane de Newt, qui décide de lancer un assaut meurtrier contre les psychopathes retranchés dans leur petite maison.
Des années plus tard, Heather, une jeune fille, apprend qu’elle est la seule héritière d’une vieille femme fortunée qui vient de trépasser. Bien décidée à en savoir plus sur ce mystérieux héritage, Heather embarque alors ses amis direction le manoir qui est désormais le sien. Elle est loin de se douter de ce qu’elle va y découvrir…

La Critique :
On récapitule : en 1974, Tobe Hooper réalise ce qui deviendra un classique absolu de l’horreur, à savoir Massacre à la tronçonneuse. En 1986, il récidive en livrant une suite à son chef-d’œuvre. Quatre ans plus tard, un type du nom de Jeff Burr réalise un troisième épisode. En 1994, Kim Henkel, le producteur et scénariste des deux premiers films, se met au boulot et accouche d’un navet du nom de Massacre à la tronçonneuse : La Nouvelle Génération, avec dans la distribution les deux futures stars Renée Zellweger et Matthew McConaughey.
Il faudra attendre 2003 et le remake de Marcus Nispel, qui reprend tout à zéro donc, pour revoir un Massacre à la tronçonneuse de bonne facture. Ce qui est aussi le cas, dans une certaine mesure, de la suite de ce remake, le bien nommé Massacre à la tronçonneuse : Le Commencement, qui se trouve en fait être un préquel racontant comment tout a commencé, comme son titre l’indique. Nous sommes en 2006 et Leatherface rapporte toujours suffisamment de blé pour qu’on le laisse enfin ranger sa tronçonneuse. Voilà pourquoi nous arrive aujourd’hui, en 2013, Texas Chainsaw 3D. Un film qui se propose, tenez-vous bien, de raccrocher les wagons avec l’original de 1974, en ne tenant absolument pas compte de tous les remakes et autres suites sortis depuis. Audacieux, mais aussi et surtout complètement con, vu le résultat, qui est de toute évidence le boulot d’une troupe de bras cassées aux idées délirantes bien entendu motivés par la volonté d’engranger un max de fric au box-office, en prétendant réinventer la légende horrifique alors qu’il n’en est rien.

Le film débute donc à la fin du premier Massacre. Sally se barre par la fenêtre, Leatherface la poursuit jusqu’à la route. Sally monte dans un camion et Leatherface fait tournoyer son engin de mort comme un fou furieux. Pour faire la jonction, John Luessenhop utilise une image vintage toute naze et organise la contre-attaque des autochtones qui, lorsqu’ils apprennent que la maison abrite des psychopathes, décident de buter tout le monde. Un saut dans le temps et voilà que nous retrouvons une sempiternelle troupe de jeunes américains aux dents blanches répondant scrupuleusement à tous les clichés obligatoires. Apparemment fier de son tour de magie lui permettant d’affirmer que son film s’inscrit dans la stricte lignée du classique de Tobe Hooper, John Luessenhop enchaîne comme un malpropre sur l’intrigue même de son long-métrage, à savoir la découverte par la jeune héroïne du manoir que sa famille -qui n’est autre que la famille de Leatherface- lui a légué. Le monstre au masque de cuir n’est pas loin rassurez-vous. Enfermé dans la cave du château, il attend qu’un pauvre gus lui ouvre la porte et déchaîne les enfers. Le bougre ayant réussi à échapper à la police tout ce temps.

On nage en plein délire. Texas Chainsaw 3D se pose là. Un pur produit opportuniste, torché à la va-vite par un mec qui n’a aucun respect pour l’œuvre originale qu’il pille sans vergogne et qui se contrefout de la cohérence de son script probablement écrit pendant une soirée biture dans un troquet sur un coin de nappe.
Défilé de mannequins pour sous-vêtements aux formes attrayantes, destinés à se faire découper en tranches par le psychopathe de service, Texas Chainsaw est ce qui se fait de pire dans le genre. Deux ou trois scènes gore éveillent rapidement l’intérêt, mais le soufflet retombe aussitôt. Complément aberrant, le film n’est pas assez nul pour être drôle, mais suffisamment pour être désolant. Monté par des requins de studios sous couvert d’une 3D à la ramasse, digne de trucs comme Les Dents de la mer 3D, traversé d’effets de jaillissement tout pourris, le métrage fait pitié en permanence. La fin, elle, se passe de commentaire, tant elle tire sur la corde. On touche le fond dès les premières minutes puis John Luessenhop creuse, ridiculisant l’une des figures les plus impitoyables et charismatiques du cinéma d’horreur. Les légendes ont décidément la peau dure, mais il n’est pas sûr que Leatherface puisse se relever d’un coup pareil. La tronçonneuse s’est méchamment enrayée et l’hospice n’est pas loin. Si seulement on pouvait en rester là…

@ Gilles Rolland

Texas-Chainsaw-3D-photoCrédits photos : Metropolitan FilmExport

Par Gilles Rolland le 1 août 2013

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