[Critique] THE DAY

CRITIQUES | 18 janvier 2013 | 1 commentaire

Titre original : The Day

Rating: ★★★☆☆
Origine : Canada
Réalisateur : Douglas Aarniokoski
Distribution : Shannyn Sossamon, Ashley Bell, Dominic Monaghan, Shawn Ashmore, Cory Hardrict, Michael Eklund…
Genre : Drame
Date de sortie : 19 janvier 2013

Le Pitch :
Alors que la Terre est devenue un gigantesque terrain vague dévastée par un mystérieux cataclysme, cinq personnes tentent tant bien que mal de survivre. Condamné à errer sur les routes, en espérant trouver un endroit où s’installer pour commencer à se reconstruire, le groupe tombe sur une maison apparemment abandonnée. Néanmoins méfiants, les voyageurs ne vont pas tarder à se rendre compte que le bâtiment est piégé…

La Critique :
Il est facile de voir en The Day, une sorte de relecture « jeune » de La Route, le film de John Hillcoat, adapté du livre de Cormac McCarthy. Teinte sépia et mélancolie, la recette peut sembler opportuniste et finalement, c’est quand même un poil le cas, malgré les qualités évidentes de The Day.
Car oui, The Day est calqué sur son aîné  du moins si on s’en tient au contexte, et à quelques éléments clés (les cannibales, le mystère entretenu autour du cataclysme qui a provoqué l’apocalypse, les codes visuels…). Par contre, et le contraire aurait quand même été abusif, The Day n’étudie pas les rapports père-fils et exclu donc toute la dynamique profonde qui animait le long-métrage de John Hillcoat. Sa dynamique profonde, mais aussi et surtout sa force, puisée dans l’extraordinaire volonté de ce père prêt à tout pour préserver le plus possible son enfant, dans un monde qui interdit pourtant tout espoir.

Connu pour avoir officié en tant que premier assistant du réalisateur sur des films comme Une Nuit en enfer, Austin Powers, Desperado 2 ou encore The Faculty (en gros, beaucoup chez Robert Rodriguez), Douglas Aarniokoski a aussi réalisé Highlander : Endgame. Un long-métrage qui permettait de voir dans le même film (enfin réunis), Christophe Lambert et Adrian Paul, l’Highlander de la télé. Ceci explique peut-être pourquoi The Day, premier film notable du cinéaste, possède ce petit côté anecdotique, assez handicapant, surtout lors des passages clés qui, si ils ne sont pas à proprement parler ratés, ne possèdent pas la force évocatrice certainement voulue par le script.
Lesté également par un manque d’ambition et par un budget probablement pas très important, The Day n’en demeure pas moins infiniment supérieur à Highlander : End Game. Au fond, les deux œuvres partagent autant de points communs qu’un lapin et qu’un parpaing.

Cela dit, quand on choisi de fermer les yeux sur ces menus défauts, The Day constitue un divertissement somme toute très honorable. Un film apocalyptique de « jeunes » bien loin -et ça c’est bien- des autres trucs du genre, destinés à un public adolescent souvent très mal servi. Ici, pas de romance à l’eau de rose embarrassante. The Day suit sa ligne directrice et ne cherche jamais à s’affilier à la tendance initiée par Twilight, ou comment uniformiser n’importe quel sujet à priori « adulte » pour le faire cadrer avec les exigences d’un cinéma fadasse. The Day reste ainsi violent.
Les acteurs, tous très bons, livrent des performances dénuées d’une quelconque once de glamour. Souillés par une atmosphère contaminée par la vermine d’un monde en putréfaction, ils déambulent comme des zombies, à la recherche d’une lueur d’espoir de plus en plus hypothétique.
Comme indiqué plus haut, The Day souffre d’un manque de budget qui force le réalisateur à éviter de donner trop d’ampleur à la progression de ses personnages. Il les colle de près, en profitant au passage pour illustrer au mieux leur détresse, et les place dans un contexte anxiogène (une maison délabrée) propre à la montée crescendo d’une tension pas si sous-jacente que cela.
De quoi réserver un beau twist, relativement bien maitrisé par Douglas Aarniokoski, pour enfin déboucher sur un climax à l’image de l’ensemble : modeste, pas franchement original, mais résolument efficace. Trois adjectifs pour résumer un film anecdotique mais plutôt séduisant par son honnêteté.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Wild Side

Par Gilles Rolland le 18 janvier 2013

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paulus
paulus
8 années il y a

tu donne envie de le voir gilles