[Critique] THE EMPTY MAN

CRITIQUES | 29 avril 2021 | 1 commentaire
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Titre original : The Empty Man

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : David Prior

Distribution : James Badge Dale, Stephen Root, Joel Courtney, Samantha Logan, Robert Aramayo, Marin Ireland, Aaron Poole, Evan Jonigkeit…

Genre : Épouvante/Horreur/Thriller/Adaptation

Durée : 2h17

Date de sortie : 23 avril 2021

Le Pitch :

James Lasombra, un ancien policier, décide d’enquêter de son côté au sujet de la disparition de la fille d’une amie proche. Son investigation ne tarde pas à l’emmener sur les traces de l’Empty Man, une figure terrifiante issue d’une légende urbaine aux origines obscures…

La Critique de The Empty Man :

Produit sous pavillon FOX avant le rachat de la firme par Disney, The Empty Man est l’adaptation de la série de comics de Cullen Bunn et Vanessa R. Del Rey. Un film à la genèse compliquée, auquel s’est accroché son réalisateur contre vents et marées, jusqu’à ce que Disney ne se décide à le projeter à la va-vite aux États-Unis, dans les quelques salles encore ouvertes, en pleine pandémie. Film qui a fini par atterrir dans une relative discrétion sur Disney +, où on l’espère il parviendra à trouver son public. Car il y a quelque chose d’assez spécial dans cette audacieuse proposition de cinéma. Un petit parfum vintage et un vrai courage qui pourraient bien contribuer à lui offrir les lettres de noblesse qu’il mérite amplement…

Voir l’homme à moitié vide ou à moitié plein

The Empty Man se démarque très rapidement grâce à sa très efficace introduction. Un véritable prologue, en forme de court-métrage, loin du lieu principal où l’action prend ensuite pied, qui nous emmène sur les traces de cette créature appelée l’Empty Man, dans les montagnes enneigées du Bhoutan. Une entrée en matière brillante à tous les niveaux, non seulement visuellement mais également d’un point de vue narratif, qui captive autant qu’elle commence à donner naissance à quelques frissons…

Par la suite, il semble évident que David Prior, dont c’est le premier long-métrage, ne compte pas se reposer sur des codes éculés et multiplier les jump scares dans le seul but de s’assurer de l’adhésion du public qui raffole de ce genre de mécanismes prévisibles. En prenant son temps, Prior débute son histoire en accordant de l’importance aux dialogues et aux ambiances. Précise et intimiste, plus brutale quand il le faut, sa mise en scène s’avère aussi pertinente qu’efficace. Et là encore, on ne tarde pas à frissonner devant les premières évocations de cette entité qu’il est si facile de convoquer mais dont il est beaucoup plus compliqué de se débarrasser.

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Compte à rebours mortel

Sur bien des aspects, avec cette menace qui pèse sur les épaules des pauvres malheureux pris pour cible par ce mystérieux « Homme vide », The Empty Man évoque le premier Ring, d’Hideo Nakata. Par conséquent, on pense aussi au remake de Gore Verbinski mais jamais David Prior ne se contente de singer ses aînés, préférant rendre justice aux comics qu’il illustre à l’écran, avec une minutie plutôt rare et un sens du détail très appréciable.

Construit selon une montée en puissance inexorable, rappelant parfois L’Échelle de Jabob, notamment quand il distord la réalité, le film fait preuve d’une maîtrise de tous les instants, quitte parfois à prendre un peu trop son temps. Même si au fond, on apprécie aussi cette rythmique à l’ancienne, qui permet aux personnages d’exister sans avoir à se plier à des clichés usants.

La peur du vide

Et puis surtout, car c’est après tout le plus important, The Empty Man fait peur. De plus en plus sombre, égrainant les apparitions de son monstre avec une parcimonie très a propos, le long-métrage fait les choses bien et voit grand. Exploitant le moindre cent de son budget pour nourrir son ambition et donner naissance à des ambiances enveloppantes, David Prior fait montre d’un authentique talent quand il s’agit de faire émerger une peur viscérale. Sans chercher à s’affranchir à tout prix de ses références ni jouer au petit malin comme beaucoup de ses contemporains (coucou l’écurie Blumhouse), Prior avance doucement mais sûrement et régulièrement, nous livre des séquences de plus en glaçantes. On pense notamment à cette scène dans les bois, cauchemardesque au possible. The Empty Man qui a également fait l’objet d’un travail remarquable sur le son. La bande-son de Christopher Young et Brian Williams étant au diapason, c’est important de le souligner.

Au final, s’il n’évite pas quelques écueils relatifs à son rythme parfois lancinant, comme évoqué plus haut, The Empty Man parvient à se démarquer et impose une vraie singularité. En cela, il est possible qu’il ne trouve pas son public mais que les années lui confèrent le statut de film culte. C’est en tout cas tout le « mal » qu’on lui souhaite.

En Bref…

Excellente surprise née dans le chaos, The Empty Man est aussi flippant qu’ambitieux. Un cauchemar éveillé devant lequel il est conseillé de s’abandonner pour en saisir toutes les subtilités. Un vrai film d’épouvante, malin et audacieux, clivant sur certains points et donc forcément recommandable.

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : FOX/The Walt Disney Company France
Par Gilles Rolland le 29 avril 2021

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Yann Danh
4 mois il y a

Il me tarde de le regarder ! Merci pour cette critique qui donne très très envie ! (déjà que j’étais bien tenté 🙂 )