[Critique] THE ENDLESS

CRITIQUES | 9 juin 2020 | 1 commentaire
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Titre original : The Endless

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateurs : Justin Benson, Aaron Moorhead

Distribution : Justin Benson, Aaron Moorhead, Lew Temple, Tate Ellington, Callie Hernandez, James Jordan…

Genre : Science-fiction/Fantastique

Durée : 1h56

Date de sortie : 24 avril 2019 (DTV)

Le Pitch :

Deux frères décident de retourner dans la secte qu’ils ont quittée il y a une dizaine d’années après avoir reçu une mystérieuse vidéo semblant indiquer qu’un suicide collectif va bientôt avoir lieu. Sur place, ils ne vont pas tarder à se confronter à une série de phénomènes étranges…

La Critique de The Endless :

Ayant bénéficié d’une sortie française très (trop) discrète en avril 2019, soit deux ans après sa première présentation au festival de Tribeca à New York, The Endless est l’œuvre de Justin Benson et Aaron Moorhead, deux réalisateurs multi-casquettes qui ici, interprètent également les rôles principaux. Deux cinéastes évoluant ensemble dès le début de leur carrière très justement considérés comme faisant partie des nouveaux prodiges d’un genre ayant justement besoin de l’audace qu’ils incarnent. The Endless s’imposant néanmoins comme leur première vraie réussite. Une œuvre ambitieuse, certes limitée par un budget trop réduit, mais néanmoins fascinante à plus d’un titre. The Endless qui est enfin plus accessible chez nous depuis sa mise à disposition sur Amazon Prime Video (d’où le fait qu’on ait choisi de le traiter comme une « nouveauté »)…

The-Endless-cast

The Cult

La condition très modeste de The Endless apparaît comme une évidence dès les premières scènes. Au point que quelques minutes peuvent être nécessaires pour accepter au début le petit côté amateur du film. Un aspect qui finit par le servir, quand vient le moment pour les personnages de se confronter à des phénomènes extraordinaires nous apparaissant du coup comme plus réalistes, quand bien même les effets-spéciaux, eux, ne le sont pas vraiment (extraordinaires). Il apparaît ainsi au fil des minutes, quand l’histoire se fait plus prenante et intrigante, que Justin Benson et Aaron Moorhead ont brillamment réussi à s’affranchir des obstacles relatifs à leur manque de moyens pour au final retourner la situation à leur avantage. Le côté un peu amateur de The Endless lui conférant une capacité à immerger le spectateur avec la même puissance que les found footage les plus réussis, sans les effets secondaires parfois gonflants des caméras embarquées qui s’agitent dans tous les sens. En d’autres termes, il suffit de quelques minutes pour se faire happer par The Endless. Un procédé narratif des plus malins permettant aux deux metteurs en scène de nous cueillir à plusieurs reprises…

La secte sans fin

Avec ses personnages énigmatiques, son ambiance dont il est difficile de définir la teneur et la montée en puissance des manifestations surnaturelles, le film joue sur plusieurs tableaux, empruntant autant à Lovecraft qu’à David Lynch. L’horreur, car il n’est pas interdit de considèrer The Endless comme un film d’horreur, est insidieuse. Elle ne se fait jamais frontale graphiquement parlant mais parvient néanmoins à instaurer un malaise prégnant. Et tant pis si toutes les passionnantes pistes ne sont pas explorées car au final, les principaux éléments se recoupent avec une intelligence probante. On sent véritablement ici une réelle ambition de la part des deux cinéastes, qui à l’écran, parviennent aussi à imposer une belle justesse au niveau de leur interprétation, entourés qu’ils sont par une escouade d’acteurs eux aussi parfaitement compétents. Et puis The Endless ne cherche jamais à marcher sur les plates bandes de qui que ce soit. Nourri de références desquelles il parvient à s’extraire, conscient de ses limites, il va du point à A au point B en empruntant de nombreux chemins de traverse mais retombe toujours sur ses pieds. En profitant au passage pour aborder des thématiques comme la foi, au cœur d’une Amérique en proie à l’extrémisme religieux, mais aussi la famille et la nécessité de trouver sa place dans ce monde. On se prend alors à rêver de ce que The Endless aurait pu donner avec un budget conséquent mais une chose est sûre : l’écriture elle, est en l’état pour le moins admirable. Aaron Moorhead et Justin Benson offrant ici au genre un petit classique. Dommage que la distribution n’ait clairement pas été à la hauteur. Le système actuel privilégiant les essais beaucoup plus confortables et souvent putassiers. Ce que The Endless n’est en aucun cas…

En Bref…

Véritable bonne surprise, petit classique instantané naviguant entre l’horreur et le fantastique, nourri d’influences nobles et parfaitement digérées et se nourrissant de thématiques passionnantes relatives aux croyances et à la famille, The Endless est assurément à voir de toute urgence !

@ Gilles Rolland

The-Endless-Justin-Benson-Aaron-Moorhead
Crédits photos : La Aventura Audiovisual
Par Gilles Rolland le 9 juin 2020

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Karl Libus
Karl Libus
1 année il y a

Bon, je m’y colle donc…