[Critique] THE FANATIC

CRITIQUES | 31 mars 2021 | Aucun commentaire
The-Fanatic-poster

Titre original : The Fanatic

Rating: ★½☆☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Fred Durst

Distribution : John Travolta, Devon Sawa, Ana Golja, Jacob Grodnik, Josh Richman…

Genre : Drame/Thriller

Durée : 1h28

Date de sortie : 1er octobre 2020 (VOD)

Le Pitch :

Moose, un grand amateur de cinéma, passe ses journées sur Hollywood Boulevard, où il gagne sa vie en incarnant l’un des nombreux personnages qui proposent aux touristes des photos souvenirs. Grand fan de la superstar Hunter Dunbar, il serait prêt à tout pour l’approcher afin de lui soutirer un autographe. Un jour, alors que l’acteur donne justement une séance de dédicaces dans une boutique du coin, Moose s’empresse de s’y rendre. Malheureusement, une fois sur place, il se fait éconduire méchamment par Dunbar. S’éveille alors en Moose un sentiment de colère qui va le conduire aux portes de la folie…

La Critique de The Fanatic :

Leader du groupe de néo-metal Limp Bizkit, Fred Durst fait partie des grandes figures musicales des années 2000. Durst qui, à l’instar de Rob Zombie, s’est aussi laissé tenté par le cinéma, quand la carrière de son combo a sérieusement commencé à battre de l’aile. Connu pour sa forte personnalité autant que pour ses éructations sur scène, Durst nous a alors gratifié d’un très intéressant premier film. Charlie Banks, c’est son titre, dans lequel l’homme dévoilait une autre facette de sa personnalité, en faisant preuve d’un remarquable sens de la nuance. L’année suivante, il revenait à la charge avec Ma super nièce, qui, il faut bien le reconnaître, n’a pas réussi à véritablement confirmer les espoirs que les observateurs du mont Hollywood avaient placé en lui. Et puis il s’est mis en sommeil, revenant à ses premières amours, tentant vainement à lui tout seul de ressusciter les braises du neo-métal… Et voici que Fred Durst le réalisateur revient à la charge, en compagnie de ce bon vieux John Travolta, avec The Fanatic. Et non, ce n’est malheureusement pas vraiment une bonne nouvelle…

The-Fanatic

Fan 2

Également au scénario, Durst nous a tricoté ici un vague remake du Fan de Tony Scott, dans lequel Robert De Niro harcelait Wesley Snipes. Cette fois-ci, c’est Travolta qui s’en prend à Devon Sawa. Le premier est un fan et le second une star. Rien de neuf sous le soleil d’Hollywood, où est par ailleurs localisée l’action. Le truc, c’est que le personnage de Travolta n’est pas un amateur un peu trop zélé ordinaire. Non, car Durst s’est senti obligé d’en faire une sorte de marginal qui n’a pas la lumière à tous les étages afin de peu à peu transformer sa singularité en motif de frissons pour tous ceux qui se mettent en travers de sa route mais également bien sûr les spectateurs. Le problème, c’est que ça ne fonctionne pas du tout. Rien ici ne fonctionne vraiment. On le voit dès le début quand on assiste à l’arrivée en fanfare de Travolta, affublé d’une coupe de cheveux improbable, perché sur un scooter sur Holyywod Boulevard, parmi les étoiles du Walk of Fame. Puis la confirmation arrive, à peine quelques minutes plus tard, quand Travolta entre dans une boutique de souvenirs de cinéma afin d’informer le vendeur qu’il ne pourra pas rester longtemps car il a la taupe au guichet. Bizarrement, cette réplique « j’ai envie de faire caca » donne le ton de tout le film…

La fièvre du lundi matin

Alors non seulement The Fanatic n’a absolument rien d’original, déroulant une intrigue au-delà du prévisible, qui voit donc ce fan timbré s’en prendre à un acteur célèbre ; mais en plus le scénario se rend coupable d’un excès de démagogie. Car Fred Durst n’a pas voulu faire un simple thriller. Non, non, car ici, le bougre nous affirme qu’Hollywood n’est qu’un nid de vipères dans lequel il est aisé de se perdre. Les acteurs sont méchants et se foutent de leurs fans. Surtout s’ils sont un peu simplets d’ailleurs… Visiblement remonté contre l’industrie du cinéma, peut-être contre un acteur en particulier ou contre un système qui n’aime plus sa musique ou qui réprouve le fait qu’il ait contribué au succès du baggy, Durst fonce tête baissée, bien aidé par un Travota en roue libre, et foire à peu près tout ce qu’il peut foirer. Le déroulement de son film donc, absurde, énervant par moment, la mise en scène, la direction d’acteurs et le dénouement, qui, s’il prétend se montrer ironique et cynique, achève juste de rendre l’ensemble hyper bancal.

Alors oui, on peut prendre un certain plaisir à voir Travolta cabotiner comme seul lui sait le faire mais au fond, même son abattage ne suffit pas. Très loin de la sensibilité qui habitait le premier film de Durst, The Fanatic est juste l’œuvre d’un réalisateur qui a dix trains de retard, en décalage total. La scène dans laquelle l’acteur, celui qui refuse de signer un autographe à Travolta, propose à son fils d’écouter Limp Bizkit étant en cela assez évocatrice : au cœur d’une histoire dont il semble souvent lui-même se balancer comme de sa première casquette, Fred Durst fait son auto-promo. Et comme par hasard, c’est précisément le moment ou The Fanatic sombre vraiment dans les abysses du ridicule…

En Bref…

Fred Durst se rend coupable d’un plagiat peu inspiré, outrancier, putassier et globalement raté du Fan de Tony Scott (qui n’était déjà pas un modèle de finesse), pas vraiment aidé par un John Travolta lui aussi en roue libre…

@ Gilles Rolland

The-Fanatic-Travolta
Crédits photos : Program Store
Par Gilles Rolland le 31 mars 2021

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