[CRITIQUE] THE ORDER

CRITIQUES | 9 février 2025 | Aucun commentaire
The-Order-affiche

Titre original : The Order

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Justin Kurzel

Distribution : Jude Law, Nicholas Hoult, Tye Sheridan, Jurnee Smollett, Marc Maron…

Genre : Thriller/Adaptation/Drame

Durée : 120 minutes

Date de sortie : 6 février 2025 (Prime Video)

Le Pitch :

À la fin des années 1980, un agent du FBI enquête sur les agissements d’un groupe de néo-nazis dissidents au cœur de l’Idaho. Il ne tarde pas à découvrir que ce dernier projette une série d’attentats visant à renverser l’ordre établi aux États-Unis…

La Critique de The Order :

The Order, le nouveau film de Justin Kurzel, est l’adaptation d’un livre, en l’occurrence The Silent Brotherhood, de Kevin Flynn et Gary Gerhardt, publié en 1989. Ouvrage qui traite des agissements de The Order, une organisation criminelle de suprémacistes blancs qui, en 1984, s’est fait connaître en assassinant l’animateur de radio Alan Berg (ici campé par Marc Maron). Une histoire déjà portée à l’écran par Oliver Stone avec Talk Radio, qui a également inspiré le long métrage La Main droite du diable de Costa Gavras, avec Tom Berenger dans le rôle titre.

Présenté en compétition à la Mostra de Venise en 2024, The Order voit Justin Kurzel, l’homme du traumatisant Les Crimes de Snowtown, du -il faut bien le dire un peu chiant- Macbeth, et du -difficile de le nier- complètement loupé Assassin’s Creed, revenir à un cinéma plus « concret » et d’autant plus percutant.

L’Amérique d’aujourd’hui

The Order trouve tout naturellement sa place dans l’actualité, à l’heure où Donald Trump a effectué son come-back à la Maison Blanche, quelques années après l’invasion du Capitole par un groupe de timbrés racistes. Et si je parle de cet événement, c’est que celui-ci est directement lié à The Order. Car oui, les membres de l’organisation, qui s’appelle justement The Order, obéissaient aux ordres (ça en fait des répétitions) d’un certain Bob Mathews (ici campé par le toujours solide Nicholas Hoult) qui lui-même s’inspirait d’un bouquin appelé Les Carnets de Turner. Ouvrage publié en 1978 dans lequel des suprémacistes blancs s’en prennent violemment aux Noirs, aux Juifs, mais aussi au gouvernement des États-Unis. Livre dans lequel il est aussi question d’une invasion en règle du Capitole.

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Nicholas Hoult dans The Order. Tous droits réservés : Riff Raff Entertainment, AGC Studios, Chasing Epic Pictures, Prime Video

Inutile de dire que si les films d’Oliver Stone et de Costa Gavras s’avéraient déjà bien glaçants, The Order quant à lui, en cela qu’il nous renvoie à la gueule un truc qui en ce moment, fait quand même bien flipper, trouve sans problème sa légitimité. Parce qu’au fond, on pouvait encore se dire, à la fin des années 90, que ces mecs étaient en minorité et que de toute façon, ils n’avaient aucun pouvoir. Le truc, c’est qu’aujourd’hui, du pouvoir, ils en ont. Aux États-Unis en tout cas. Pouvoir conféré par leur proximité avec le président lui-même…

Chasseur blanc, cœur noir

Superbement shooté, parfaitement éclairé et généreux en prises de vues qui, entre autres choses, subliment les paysages canadiens (même si l’action est censée se dérouler en Idaho), The Order brille aussi par son propos ainsi que par sa propension à organiser une redoutable montée en pression. Peut-être moins radical que La Main droite du diable et plus conventionnel dans l’approche de son sujet, le long métrage reste tout de même très éloquent et bien rythmé.

Porté par les performances de ses acteurs, Jude Law, Tye Sheridan et Nicholas Hoult en tête, deux Britanniques transformés en Américains pur jus, le film sait aussi appuyer son propos sans en faire des tonnes, préférant jouer sur les non-dits. Les images et les mots parlent d’eux mêmes. Justin Kurzel a l’intelligence de ne jamais en faire des caisses et se paye même le luxe d’insuffler une certaine poésie baroque dans son film qui, ainsi, gagne ses gallons pour bel et bien s’imposer comme l’un des meilleurs de ce début d’année 2025.

En Bref…

The Order traite avec intelligence d’un sujet d’actualité et tend à l’Amérique d’aujourd’hui un miroir pas du tout déformant qui finit de rendre son propos effrayant. Les performances des acteurs et l’intelligence de l’écriture et de la mise en scène achèvent d’en faire une proposition de cinéma remarquable.

@ Gilles Rolland

The Order
Jude Law et Jurnee Smollett dans The Order. Tous droits réservés : Riff Raff Entertainment, AGC Studios, Chasing Epic Pictures, Prime Video
Par Gilles Rolland le 9 février 2025

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