[CRITIQUE] THE STRANGER

CRITIQUES | 27 octobre 2022 | 1 commentaire
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Titre original : The Stranger

Rating: ★★★★½

Origine : Australie

Réalisateur : Thomas M. Wright

Distribution : Joel Edgerton, Sean Harris, Jada Alberts, Cormac Wright, Steve Mouzakis, Matthew Sunderland…

Genre : Drame/Thriller

Durée : 19 octobre 2022 (Netflix)

Le Pitch :

Henry rencontre Paul dans un bus. La discussion s’engage entre les deux hommes. Aux abois, Henry accepte la proposition de boulot que lui fait Paul. Il est alors présenté à Mark, l’un des hommes de main d’un chef mafieux spécialisé dans le trafic de drogue. Une forte amitié ne tarde pas à naître entre les deux. Mais ce qu’Henry ne sait pas, c’est que Mark est un agent infiltré…

La Critique de The Stranger :

Présente en avant-première à Cannes dans la section Un certain regard, en 2022, The Stranger a finalement été acheté par Netflix. L’occasion pour la plate-forme d’enfin proposer quelque chose de vraiment solide (car mine de rien, ça faisait longtemps) et pour le coup en totale contradiction avec ses propres productions grand public. Car grand public, The Stranger ne l’est définitivement pas.

L’inconnu du train

Écrit et réalisé par Thomas M. Wright, un cinéaste australien rudement prometteur, The Stranger part d’un postulat somme toute classique. Un film d’infiltration ? Oui et non car le scénario, si tant est qu’on n’en sache pas trop, réserve quelques surprises très efficaces. Pour autant, Wright ne cherche manifestement pas l’originalité, préférant utiliser les codes du genre pour raconter à sa façon sa propre histoire et du même coup pénétrer la psyché de personnages torturés et, pour celui campé par Sean Harris en tout cas, extrêmement perturbants.

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L’Australie, l’autre pays du thriller

Loin d’Hollywood et de ses carcans de plus en plus voyants, Thomas M. Wright tisse une toile des plus denses et parvient à maîtriser tous les aspects de son récit. Sa mise en scène, viscérale, s’appuie sur de superbes effets, exploitant tour à tour la musique d’Oliver Coates, elle aussi remarquable car parfaitement dans le ton, discrète mais présente (paradoxal non ?) et les lieux par lesquels transitent ses personnages. De ce roc planté au milieu de la forêt, théâtre d’un terrible dénouement, à ces maisons qu’on dirait abandonnées mais pourtant bel et bien habitées, au cœur de l’Australie des oubliés, le réalisateur tire une force qu’il injecte directement à son histoire. Avec ses deux personnages, qui se rapprochent inexorablement, tous les deux garants de secrets lourds à porter, The Stranger impose une atmosphère à couper au couteau, qui peu à peu nous enveloppe pour finir par devenir presque étouffante.

Sans compromis

Excellent directeurs d’acteurs, Thomas M. Wright sait parfaitement utiliser ses comédiens pour en tirer le meilleur. Dans un rôle tout en sobriété et en gravité, Joel Edgerton s’avère époustouflant de justesse, du début à la fin, quand il atteint son point de rupture et parvient, sans trop en faire, à exprimer l’inexprimable.

En face, impossible de ne pas saluer le talent de Sean Harris, qui, comme l’a dit un critique est « presque trop bon ». Oui car sa performance, elle aussi très ténue, fait partie de celles que l’on n’oublie pas. Avec son visage émacié et dévoré par une barbe hirsute, le regard torve, la posture trahissant le poids d’un passé qu’il cherche à cacher, Henry, son personnage est pour beaucoup dans l’aspect traumatisant de The Stranger. Les deux acteurs évoluant au fil de scènes toutes plus réussies les unes que les autres.

Into the Bush

Évoquant plusieurs films dont nous tairons les titres afin de préserver la surprise à celles et ceux qui ne souhaiteraient pas trop en savoir, The Stranger repose également sur une rythmique implacable, qui en plus de tenir l’ennui à distance, exerce une pression comme souligné plus haut parfois difficile à supporter. La preuve de la puissance de frappe de ce long métrage sorti de nulle-part, écrit et réalisé par un quasi-inconnu. La preuve aussi que le cinéma australien sait régulièrement se faire le pourvoyeur de méchantes claques dont la marque reste un moment. The Stranger parvenant au final à presque réinventer à lui seul le genre auquel il s’attache en prenant des chemins de traverses sans jamais perdre sa cohérence.

En Bref…

Porté par un duo d’acteurs incroyables avec l’intense Sean Harris d’un côté et le viscéral Joel Edgerton de l’autre, magnifiquement réalisé et écrit, crépusculaire et méchamment mélancolique, solide et prenant, The Stranger saisit à la gorge comme seuls les grands thrillers savent le faire.

@ Gilles Rolland

The-Stranger-Thomas-M.-Wright
Crédits photos : Netflix
Par Gilles Rolland le 27 octobre 2022

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Karl
Karl
5 mois il y a

Celui là il est pour moi!👍🏻