[Critique] TITANIC 3D

CRITIQUES | 7 avril 2012 | 2 commentaires

Titre original : Titanic 3D

Rating: ★★★★½
Origine : États-Unis
Réalisateur : James Cameron
Distribution : Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Billy Zane, Kathy Bates, Bill Paxton, Gloria Stuart, Frances Fisher, Bernard Hill, Danny Nucci, Jonathan Hyde, David Warner, Victor Garber…
Genre : Romance/Catastrophe
Date de sortie : 7 janvier 1998 / 4 avril 2012 (3D)

Le Pitch :
10 avril 1912 : Le Titanic, le paquebot le plus grand, le plus moderne et le plus luxueux au monde quitte Southampton pour rallier New-York. C’est son premier voyage. À son bord, Rose, une jeune fille de bonne famille rencontre Jack, un artiste sans le sou. Ils tombent rapidement amoureux, malgré les clivages sociaux qui les séparent.
Le 14 avril, juste avant minuit, le Titanic heurte un iceberg. Le choc provoque des dégâts considérables au niveau de la coque du paquebot…

La Critique :
Il aurait été surprenant que le grand défenseur de la 3D qu’est James Cameron ne se laisse pas tenter par la restauration de l’un de ses nombreux classiques. Portant en toute logique son dévolu sur son plus grand succès, Cameron a tenu a faire les choses dans les règles, prouvant en premier lieu qu’il est tout à fait possible de convertir convenablement (et remarquablement) un film tourné en 2D. De quoi ringardiser un peu plus encore tous les films convertis à la va-vite sortis ces derniers mois dans les salles obscures. Cameron n’est pas sagouin. Il aime le boulot bien fait. Lui et son équipe ont consacré une soixantaine de semaines à passer en revue tous les plans de Titanic afin de livrer une copie irréprochable. Le résultat est donc bluffant. Sans être agressive et tape à l’œil (pas, ou peu, d’effets de jaillissement, etc…), sa 3D sert l’intrigue, renforce considérablement l’immersion et met en valeur les interactions entre les personnages. Paradoxalement et même si la dernière partie du long-métrage (le naufrage) explose littéralement sous l’influence de la 3D, ce sont les séquences « calmes » qui bénéficient le plus des effets de cette conversion. La 3D permet de saisir au mieux les émotions, souligne les ressentis et met un petit peu plus en valeur les grandes performances des acteurs.

Toujours aussi beau, quinze ans après sa sortie, Titanic n’a pas pris une ride. Les effets-spéciaux font toujours mouche, le bateau est toujours aussi authentique et les décors toujours aussi sublimes.

Cependant, on est en droit de se poser la question : est-ce que tout ceci était vraiment indispensable ? Fallait-il nécessairement injecter quelques millions de dollars de plus à un film qui a explosé tous les compteurs au box office et qui de toute façon fait partie de la mémoire collective depuis bien longtemps ? La réponse est compliquée. D’un côté, il est indéniable que la 3D ne convaincra pas ceux qui n’ont jamais été touchés par le film. L’histoire est la même, la musique est la même (arg !), les acteurs sont les mêmes (toujours aussi convaincants et le mot est faible) et le bateau finit toujours par sombrer. Les fans, ceux qui ont vu le film vingt fois depuis sa première sortie, ceux qui ont été terrassés par l’émotion qui se dégage de cette histoire d’amour aux accents tragiques universels, seront par contre aux anges.

L’occasion de découvrir le film en salle dans des conditions optimales est trop belle. Ceux qui ont vu Titanic pour la première fois à la télé ou encore en VHS, en prendront plein les dents c’est évident. Le succès d’ores et déjà confirmé de cette ressortie va dans ce sens. Les spectateurs, conquis d’avance, sont prêts à mettre 10€ dans un film qu’ils ont déjà vu, pour certains d’entre eux, plus de cinq ou six fois. Titanic est un chef-d’œuvre. En deux ou en trois dimensions.

Titanic serait un chef-d’œuvre en noir et blanc sur un écran de 36 cm. Pour une simple et bonne raison : Titanic repose sur un scénario brillant. Conventionnel mais brillant car sublimant toutes les thématiques qu’il aborde. Le fossé entre les classes sociales et les tragédies qui en découlent, l’amour contrarié à la Roméo et Juliette, la folie orgueilleuse des hommes, etc… Que des éléments qui n’ont rien à voir (du moins directement) avec la 3D. C’est ce qui compte le plus : le scénario. Celui de Titanic fait passer les trois heures que dure le film comme d’un rien.

Car combien de scripts creux reposant sur des effets spéciaux incroyables demeurent des navets ou au mieux des trips comparables à un tour sur les montagnes russes ? Combien de réalisateurs préfèrent se reposer sur un budget confortable pour faire oublier le vide sidéral de leurs scénarios par des explosions et autres morceaux de bravoure visuels ? Combien de Michael Bay pour un James Cameron ou pour un Peter Jackson ?

James Cameron, et ce malgré la légèreté contrariante (mais relative) de son Avatar -belle vitrine d’une technologie alors poussée à son paroxysme- n’est pas George Lucas. Contrairement à ce dernier, Cameron n’a pas ressorti Titanic du formol pour le défigurer. Son travail est délicat et respectueux. Les fans apprécieront. Les autres passeront leur chemin…

@ Gilles Rolland

Crédits Photos : Twentieth Century Fox

Par Gilles Rolland le 7 avril 2012

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9 années il y a

[…] une critique plus professionnelle, je vous encourage à lire celle de Gilles Rolland: https://www.onrembobine.fr/critiques/critique-titanic-3d . Share this:TwitterFacebookJ'aimeJ'aime  By glossnroses • Posted in […]

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[…] à ressortir leurs films cultes dans les salles dans des versions revisités. Pour le meilleur (Titanic 3D) et pour le pire (Star […]