[Critique] TOUR DE PHARMACY

CRITIQUES | 18 juillet 2017 | Aucun commentaire
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Titre original : Pharmacy Road

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Jake Szymanski
Distribution : Orlando Bloom, John Cena, Daveed Diggs, Freddie Highmore, Andy Samberg, Mike Tyson, Lance Armstrong, J.J. Abrams, Kevin Bacon, Danny Glover, Jeff Goldblum, Dolph Lundgren, James Marsden, Julia Ormond, Will Forte, Maya Rudolph, Adewale Akinnuoye-Agbaje…
Genre : Comédie
Date de sortie : 8 juillet 2017 (OCS)

Le Pitch :
En 1982, le Tour de France débute dans l’effervescence quand un scandale lié au dopage éclabousse et disqualifie la plupart des coureurs. Seuls 5 d’entre eux sont encore en course. 5 sportifs de haut-niveau suivis par une équipe de télévision, tandis que de nombreux experts commentent leurs exploits sur les routes de France…

La Critique de Tour de Pharmacy :

Si il y a bien une compétition française connue outre-Atlantique, c’est le Tour de France. Un événement suivi par des millions de téléspectateurs à travers le monde, qui attire les plus grands sportifs et qui, au fil des années, depuis sa création, a régulièrement été marqué par divers scandales. L’Amérique justement, a directement été concernée par un de ces scandales liés au dopage, quand Lance Armstrong, son grand champion dût renoncer à ses titres, lui qui s’était imposé comme l’un des hommes forts de la compétition, réalisant les exploits les plus incroyables année après année, sur son vélo, sans même sembler éprouver une quelconque difficulté. Lance Armstrong justement, est dans Tour de Pharmacy, le délirant faux-documentaire HBO, qui articule sa dynamique autour du dopage. Le vélo est donc au centre de ce curieux objet filmique, qui s’inscrit dans la continuité de 7 Days In Hell, qui suivait quant à lui le match de tennis le plus long de tous les temps…

Tour-de-Pharmacie-John-Cena

Andy Samberg et cie

Réalisé par Jake Szymanski, qui était déjà à la tête de 7 Days In Hell, Tour de Pharmacy peut aussi compter à nouveau sur Andy Samberg, l’un des piliers de la scène comique américaine, qui campe ici l’un des rôles principaux, avec toute la démesure qui le caractérise. Chef de file du trio The Lonely Island, Samberg entraîne dans son sillage un casting assez ahurissant et joyeusement improbable, qui voit se croiser Orlando Bloom et John Cena, mais aussi Julia Ormond, Danny Glover, Dolph Lundgren, Kevin Bacon et Jeff Goldblum. Les plus anciens interprétant le plus souvent des versions âgées des personnages qui concourent pendant le Tour de France de 1982 que suit le film. Ainsi, voir Dolph Lundgren jouer le même rôle que John Cena a quelque chose de vraiment délicieux, de même qu’il est carrément savoureux de retrouver Jeff Goldblum et les autres dans des numéros aussi décomplexés que possible, au sein de ce qui s’apparente à un délire hyper borderline, mais pour autant parfaitement maîtrisé.
Production typique d’un collectif qui n’a pas peur d’aller au bout de ses concepts et de régulièrement outrepasser les limites du bon goût, Tour de Pharmacy ne se prend jamais au sérieux, mais veille néanmoins à entretenir une rythmique redoutable ainsi qu’une verve qui rebondit de vannes en vannes sans jamais s’épuiser. En cela, ce nouveau trip sportif s’avère légèrement supérieur au précédent, 7 Days In Hell, qui parfois tournait un peu en rond et se montrait un poil opaque et excluant, tout en réservant néanmoins de nombreuses occasions de se fendre la poire.
Ici, ça va à toute allure, les stars se relaient devant la caméra et le potentiel est exploité à fond, jusqu’à la ligne d’arrivée, sur les Champs-Élysées bien sûr.

Belle échappée

Pour nous français, Tour de Pharmacy revêt une signification particulière en cela qu’il se moque d’un événement national d’envergure. Forcément, HBO a choisi de le sortir au beau milieu du Tour de France, histoire de résonner avec l’actualité et de rire des scandales qui régulièrement, remettent en cause l’intégrité des coureurs. Pour appuyer son propos, Tour de Pharmacy a d’ailleurs réussi à convaincre Lance Armstrong, l’homme au centre du plus gros scandale lié au Tour. Armstrong qui s’est peut-être injecté tout ce que lui tombait sous la main pendant plusieurs années, mais qui ici, fait preuve d’une auto-dérision qui force le respect quoi qu’il en soit, en provoquant moult rires. Sa présence compte énormément et confère en plus une certaine légitimité au projet, qui pourtant, se garde bien de sonner avec trop de sérieux, pour embrasser une mécanique totalement déviante et donc pas réaliste du tout. Car au fond, tout ceci est d’une bienveillance évidente. Tour de Pharmacy se moque mais rend aussi hommage au Tour de France. À sa façon, en partant dans plein de directions à la fois. Porté par une équipe spectaculaire et par un désir de sans cesse aller plus loin, il fait montre d’une énergie et d’une inspiration qui ne pourront pas laisser indifférents les amateurs.

En Bref…
Parfait délire maîtrisé, inspiré et furieusement drôle, Tour de Pharmacy vaut autant par sa propension à se moquer du Tour de France avec jubilation que pour son casting franchement spectaculaire et improbable.

@ Gilles Rolland

Tour-de-Pharmacie-casting   Crédits photos : HBO

Par Gilles Rolland le 18 juillet 2017

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