[Critique] TUCKER & DALE FIGHTENT LE MAL

CRITIQUES | 30 janvier 2012 | Aucun commentaire

Titre original : Tucker & Dale vs. Evil

Rating: ★★★★½
Origine : États-Unis/Canada
Réalisateur : Eli Craig
Distribution : Tyler Labine, Alan Tudyk, Katrina Bowden, Jesse Moss, Philip Granger, Brandon Jay McLaren, Christie Laing, Chelan Simmons, Travis Nelson…
Genre : Comédie/Gore/Horreur
Date de sortie : 1er février 2012

Le Pitch :
Tucker et Dale sont aux anges : ils ont enfin réussi à se payer une maison de vacances ! Située dans les bois, la cabane, si elle ressemble un peu à celle du film Evil Dead, est néanmoins un havre de tranquillité à l’abri du brouhaha de la ville. Mais le repos des deux amis sera malheureusement de courte durée. Un groupe d’étudiants vient en effet de débarquer, prenant d’emblée les deux compères pour de sauvages tueurs. Une énorme méprise qui va entrainer une succession d’évènements plutôt saignants…

La Critique :
Il y a longtemps, à une époque où le sang que l’on voyait dans les films gores n’était pas composé de pixels, régnait sur le genre comico-horrifique un certain Sam Raimi. Encore aujourd’hui sa trilogie Evil Dead fait autorité dans les milieux autorisés et peu de cinéastes, pourtant bourrés de bonnes intentions, sont véritablement parvenus à égaler sa verve sanglante (et hilarante).
Le dernier exemple d’une réussite similaire reste certainement Shaun of the Dead, mais force est d’avouer que depuis c’est un peu le calme plat. Et s’il convient d’évoquer Evil Dead au début d’une chronique sur Tucker & Dale, c’est que le film d’Eli Craig s’y réfère directement. Pas entièrement mais directement, via sa localisation similaire.
Les deux long-métrages prennent en effet possession de la forêt et s’amusent avec l’hémoglobine, qu’ils n’hésitent pas à balancer à droite à gauche dans un soucis permanent de provoquer non pas la peur, mais l’hilarité.

Bref tout cela pour dire, que Tucker & Dale fightent le Mal, et ben, ça déchire. C’est trop bien même pour reprendre le ton du titre français, ridicule au possible. Mais Restons focus ! Tucker & Dale fightent le Mal est sorti depuis un moment aux États-Unis et la traversée de l’Atlantique fut rude ! Aujourd’hui, il est finalement chez nous et on se félicite de pouvoir profiter de ce futur classique du genre dans les salles obscures. Car le jeu en vaut la chandelle. Les films comme celui-ci ne sont pas légion (du moins à sortir en salles) et passer à côté serait, pour les amateurs de tripaille, une faute de goût ultime.
On évoquait plus haut Evil Dead, mais Tucker & Dale puise aussi son essence ailleurs. C’est le vaudeville et son comique de situation reposant sur le malentendu qui déboule dans le bosquet armé d’une tronçonneuse bien affutée. L’humour aussi est affuté et si on pense régulièrement à Vendredi 13, il convient presque de parler de Laurel et Hardy tant le duo vedette semble tout droit issu de la  tradition ancestrale des duettistes potaches.
Des héros qui n’oublient pas d’être attachants, à la surprise générale, dans un scénario qui joue avec brio sur l’inversion des rôles. C’est malin et rudement bien vu. Efficace et troussé avec beaucoup de respect doublé d’un amour du genre lisible dans le moindre plan, le film de Craig (premier film, chapeau l’artiste) se regarde comme une bonne vieille série B d’antan. On retrouve le parfum des classiques dans ces péquenauds interprétés avec conviction par deux acteurs à l’aise dans leurs chemises à carreaux. Le concept est ici exploité comme il se doit. Avec fougue et passion. Eli Craig ne lésine pas non plus sur les effets qui sautent au visage, tout en soignant les intermèdes, grâce à une ribambelle de répliques mordantes.

Un amoncellement de qualités, qui fait de Tucker & Dale fightent le mal, l’une des sorties incontournables de ce début d’année. Après avoir cartonné dans les festivals, le film arrive près de chez vous et vous offre un aller simple pour un univers où il est de bon ton de se marrer en s’en prenant plein la gueule. Et si vous n’êtes pas familier de ce genre de festivités, faites nous confiance, vous ne le regretterez pas !

@ Gilles Rolland

 

Crédits photos : Wild Bunch

Par Gilles Rolland le 30 janvier 2012

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