[Critique] UNCLE FRANK

CRITIQUES | 17 décembre 2020 | Aucun commentaire
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Titre original : Uncle Frank

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Alan Ball

Distribution : Paul Bettany, Sophia Lillis, Peter MacDissi, Steve Zahn, Judy Greer, Margo Martindale, Stephen Root, Lois Smith…

Genre : Drame

Durée : 1h35

Date de sortie : 25 novembre 2020 (Prime Video)

Le Pitch :

1973. Frank, un professeur de littérature, revient parmi les siens afin d’assister aux obsèques de son père. Un homme qui l’a toujours rejeté, considérant ce fils homosexuel comme une honte. Frank qui embarque avec lui sa jeune nièce et son petit-ami…

La Critique de Uncle Frank :

Plutôt discret depuis la fin de True Blood, Alan Ball, qui reste surtout connu pour avoir chapeauté la série Six Feet Under, revient discrètement au cinéma, 13 ans après son précédent film Tabou(s) et surtout 21 ans après American Beauty, dont il avait signé le script. Ball qui ici, avec Uncle Frank, est sur tous les fronts. Un film présenté en janvier 2020 au festival de Sundance, qui coche en effet un peu toutes les cases de la parfaite production indépendante taillée pour les festivals. Ce qui n’est pas forcément un mal…

Uncle-Frank

Sur la route des 70’s

Baigné dans une ambiance délicieusement vintage, Uncle Frank se focalise en premier lieu sur Betty, une étudiante bien heureuse de quitter sa campagne natale pour aller étudier à New York auprès de son oncle Frank adoré. Un homme qui dénote franchement dans sa famille. Plus raffiné, plus cultivé aussi, en décalage, Frank est homosexuel et passe son temps à tenter de maintenir une illusion pour éviter de se voir rejeté par les siens. Illusion que des circonstances bien spéciales vont faire voler en éclats… On reconnaît parfaitement la tonalité d’Alan Ball ici, qui revient en grande forme, doté d’un sens de la mesure qu’il avait un peu perdu au fil des trop nombreuses saisons de True Blood mais qu’il avait su conserver avec Six Feet Under. Le récit qu’il met ici en avant coulant de source grâce à des personnages très bien écrits et à un déroulé certes parfois un peu laborieux mais néanmoins marqué par sa grande sincérité. En d’autres termes, on sent bien le cinéaste investi par son sujet. Ce dernier se refusant à adopter des postures feintes, préférant laisser parler son cœur.

Seul contre tous

Ainsi, s’il est en effet difficile de ne pas remarquer le ventre mou à mi-parcours, quand, sur la route, les personnages s’égarent un peu en digressions qui auraient mérité à se voir un peu écrémées, Uncle Frank sait se ressaisir et nous livrer un discours franc et poignant. La fin en particulier se montrant d’une efficacité probante, en cela qu’elle distille une émotion qui devrait en encourager plus d’un à verser une petite larme (voire une grosse).

Les acteurs, parfaits, jouent également beaucoup dans la réussite de ce drame émouvant à plus d’un titre. Si Sophia Lillis s’avère excellente, c’est bel et bien le solide Paul Bettany qui attire le plus l’attention, lui qui parvient à incarner un personnage complexe, sans sombrer dans l’excès. Son regard triste, mais aussi sa détermination et sa bonté inondant le film à chacune de ses apparitions. Et c’est encore une fois lors du dernier quart, quand le personnage doit faire face aux siens que Uncle Frank se révèle pleinement. Un plaidoyer doux-amer au sujet d’un homme meurtri. Une histoire d’héritage et de reconnaissance. La relation père-fils au centre du scénario s’avérant d’autant plus déchirante qu’elle renvoie bien sûr à une réalité tragique.

Maître de son sujet, en pleine possession de son art, notamment concernant la direction d’acteurs, Alan Ball nous offre en cette fin d’année un film à côté duquel il serait dommage de passer…

En Bref…

Drame poignant baigné dans une ambiance vintage du plus bel effet, sincère dans ses intentions et porté par de magnifiques acteurs, Uncle Frank, malgré sa condition de pur film indépendant taillé pour les festivals, touche en plein cœur.

@ Gilles Rolland

Uncle-Frank-cast
Crédits photos : Prime Video
Par Gilles Rolland le 17 décembre 2020

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