[Critique] MES VIES DE CHIEN

CRITIQUES | 25 avril 2017 | Aucun commentaire
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Titre original : A Dog’s Purpose

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Lasse Hallström
Distribution : Britt Robertson, K.J. Apa, John Ortiz, Dennis Quaid, Josh Gad, Luke Kirby, Peggy Lipton, Nicole LaPlaca…
Genre : Comédie/Drame/Adaptation
Date de sortie : 19 avril 2017

Le Pitch :
Il était une fois un petit chien qui, au fil de différentes existences, illuminait la vie d’êtres humains parfois perdus dans les méandres de quotidiens compliquées. Un chien nommé Bailey, qui était inséparable d’Ethan, son maître, avant que le cours de son destin ne se décide à l’emmener autre part. Dans le corps d’un autre toutou, puis d’un autre… Bailey qui n’a pourtant jamais oublié Ethan, tout en entretenant l’espoir, qu’un jour, il pourrait le retrouver…

La Critique de Mes Vies de Chien :

Réalisateur du terriblement touchant Hatchi, Lasse Hallström revient au meilleur ami de l’homme pour une adaptation du best seller éponyme de W. Bruce Cameron publié en 2010. Un projet qui s’adresse ainsi à toute la famille mais qui, loin de se poser comme un cousin de Beethoven, en profite aussi pour étudier à sa façon les sentiments qui unissent les êtres humains et les chiens avec un certain sérieux, bien loin des comédies plus ou moins farfelues dans lesquelles nos amis à poils ont souvent tenu le premier rôle…

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Une histoire de réincarnation

Il y a d’abord ce postulat particulièrement malin. Bailey, le toutou de Mes Vies de Chien se réincarne dans un nouveau corps chaque fois qu’il meurt. On le voit au début alors qu’il vit une existence très brève et on le retrouve en red retriever quand débute précisément l’existence qui va constituer le noyau dur du récit. Celle où il rencontre Ethan, un petit garçon dégourdi avec lequel il va nouer de puissants liens, qui iront, on s’en doute (et de toute façon, la bande-annonce ne se prive pas de le dévoiler), au-delà de la mort. Et si l’aspect fantastique de l’histoire est ici traité de manière à ne pas empiéter sur le discours principal, c’est bien lui qui lui confère une large part de son éloquence. Lui et la voix de Josh Gad, qui double donc Bailey au fil de ses différentes incarnations. Un acteur qui accomplit un travail remarquable, parfaitement au diapason des intentions globales.

Le but de la vie

Tandis qu’il s’amuse, réconforte, sauve, et profite, Bailey cherche aussi le but de sa vie. Pourquoi se réincarne-t-il sans arrêt ? Quelle est sa véritable place dans ce monde si étrange, qu’il ne comprend pas vraiment mais dont il sait profiter quand les circonstances lui sont favorables. Des questions au centre d’un joli long-métrage, propulsé par une belle sensibilité, suffisamment fédératrice pour venir faire vibrer la corde sensible de tous les amoureux des chiens, comme avaient pu le faire Hatchi donc, mais aussi Benji la Malice, Marley et Moi et toutes les autres œuvres centrées sur le sujet.
Amusant de prime abord, Mes Vies de Chien sait rapidement distiller une émotion prégnante et ainsi encourager à sortir les mouchoirs à plusieurs reprises. Son héros à quatre pattes étant tout d’abord terriblement attachant, de même que les humains qui lui font une place dans leur cœur, à l’image de ce petit garçon devenu adulte donc, ou de cette jeune femme solitaire, sans oublier ce policier renfermé sur lui-même. À chaque fois le chien amorce un changement. Et le film de parler en filigrane de notre époque et de sa propension à s’avérer suffisamment frénétique pour encourager une certaine solitude. Mes Vies de Chien s’attache aux vraies valeurs, sans avoir peur de sonner comme un bon film familial car au fond, c’est ce qu’il est, et il l’assume. Facile dans ces conditions de se reconnaître dans quelques-uns des personnages. Des personnages avec leurs joies, leurs peines, leurs espoirs, leurs défaites et leurs victoires. Ce qui achève bien sûr de le rendre très fédérateur. Tout comme cette bande-son, parfaite pour tirer quelques larmes de plus, et cette propension à justement ne pas forcer l’émotion. En vieux briscard de la discipline, Lasse Hallström sait s’y prendre pour esquiver les pièges, bien épaulé par un casting aux petits oignons, dominé par la prestation très touchante d’un Dennis Quaid à son aise, dans la peau d’un grincheux à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Un rôle dont il s’acquitte avec une sensibilité qui répond aux aspirations du film, à savoir célébrer l’amour qui peut unir un homme et son chien, tout en soulignant l’extraordinaire pouvoir de ces sentiments, avec un mélange remarquable de sérieux et de fantaisie.

En Bref…
Conte plein de tendresse, Mes Vies de Chien s’impose sans mal comme l’un des best-sellers du film canin. Universel et fédérateur, il exploite avec brio son astucieux postulat et sait éviter les trop gros clichés pour au final toucher en plein cœur.

@ Gilles Rolland

Mes-Vies-de-Chien-Dennis-Quaid  Crédits photos : Metropolitan FilmExport

Par Gilles Rolland le 25 avril 2017

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