[Critique] L’APPEL DE LA FORÊT

CRITIQUES | 20 février 2020 | 1 commentaire
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Titre original : The Call of the Wild

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Chris Sanders

Distribution : Harrison Ford, Omar Sy, Dan Stevens, Karen Gillan, Bradley Whitford, Cara Gee, Michael Horse…

Genre : Aventure/Adaptation

Durée : 1h40

Date de sortie : 19 février 2020

Le Pitch :

Buck vit paisiblement dans une grande maison en Californie. Choyé par son maître, un homme influent, il mène la belle vie. Un jour pourtant, tout bascule quand il est enlevé pour être vendu comme chien de traîneau à des milliers de kilomètres de chez lui, en Alaska. Alors que les hommes succombent à la fièvre de l’or, Buck découvre la méchanceté de ces derniers. Mais malgré tout, le chien apprend à apprivoiser son nouvel environnement et accepte sa condition…

La Critique de L’Appel de la Forêt :

Publié pour la première fois en 1906, L’Appel de la Forêt, le classique de Jack London, inspira très rapidement le cinéma. D.W. Griffith fut ainsi le premier à porter le roman à l’écran, en 1908. Puis vint le tour de plusieurs autres. La nouvelle version, qui marque l’entrée du réalisateur Chris Sanders (Lilo & Stitch, la trilogie Dragons) dans le cinéma en prises de vues réelles, intervient 39 ans après la précédente adaptation cinématograpique (japonaise) et 24 ans après le célèbre téléfilm avec Rutger Hauer. Un projet qui n’a d’ailleurs pas déclenché que des réactions enjouées au moment de la mise en ligne de sa bande-annonce. Certains spectateurs, beaucoup se révélant étrangement tels des défenseurs de la mémoire de Jack London, n’ayant pas vraiment apprécié que Buck, le chien au centre de l’histoire, ne soit pas incarné par un vrai chien mais créé de toutes pièces en images de synthèse. Un choix osé il est vrai mais qui finalement, s’avère payant. Non seulement car le résultat sait convaincre, mais aussi car il est toujours bon de voir Hollywood exploiter intelligemment la technologie au lieu d’exploiter de vrais animaux, qui, sur les tournages, s’exposent parfois à un stress qui au fond, n’a rien d’indispensable…

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Au bout du monde

Initié par la 20th Century Fox, aujourd’hui porté par Disney, L’Appel de la Forêt est ainsi l’un des premiers films à sortir sous pavillon 20th Century Studio (suite au rachat de la Fox, Disney a justement choisi de supprimer toute mention à Fox, histoire de définitivement couper les ponts avec Fox News). Un long-métrage plus ambitieux qu’il n’y paraît, qui parvient à magnifiquement rendre hommage au livre de Jack London, tout en traçant sa propre voie. Cela dit, il faut reconnaître que L’Appel de la Forêt demande un certain temps d’adaptation pour justement s’habituer à ce Buck de synthèse et à ses expressions parfois un peu soulignées afin de traduire des sentiments que le personnage ne peut pas exprimer par les mots. Un choix qui fait d’ailleurs écho à un autre, soit celui d’avoir confié la narration à John Thornton, l’aventurier solitaire campé par Harrison Ford. Narration qui, il faut le rappeler, était assurée par Buck lui-même dans le livre.

Passé l’introduction, qui voit Buck troquer le soleil de Californie pour la rudesse de l’Alaska, ponctuée de passages amusants censés diluer le côté cruel de ce déracinage brutal, le film commence à prendre son rythme de croisière. Et c’est quand Buck croise la route d’un gentil postier à traîneau que les choses commencent à vraiment devenir intéressantes. C’est là aussi que Chris Sanders semble plus à l’aise avec son nouvel environnement, même si à ce stade, certains effets-spéciaux donnent un peu une impression d’inachevé (certaines incrustations notamment). Le metteur en scène, lui qui a dans un premier temps envisagé le projet comme un film d’animation, sait alors profiter de l’arrivée de Buck dans les magnifiques paysages du Yukon. Un panorama dans lequel les effets s’intègrent alors avec beaucoup de fluidité, y compris dans les scènes d’action, comme quand cette spectaculaire avalanche menace.

Instinct

Ne reniant aucun des aspects du livre de London, cette nouvelle adaptation s’impose ainsi sans mal grâce à sa grande générosité. Alors que le scénario sait précisément comment jongler avec les éléments un peu plus violents du récit, sans pour autant les éluder, le réalisateur parvient à emballer des séquences pleines de souffle, qui ne sont pas sans rappeler les plus réussies de la trilogie Dragons. Le décor, grandiose, agissant ici aussi comme une sorte de déclencheur d’une poésie amenée à prendre de plus en plus de place. Chris Sanders qui s’arrange aussi pour gérer les aspects plus attendus, comme l’arrivée du méchant joué par Dan Stevens, pour venir nourrir habilement ses thématiques. Souvent beau à couper le souffle, porté par son chien qui au final, finit par nous apparaître plus vrai que nature, vecteur d’une émotion grandissante, L’Appel de la Forêt bénéficie également du talent combiné d’Harrison Ford et d’Omar Sy. Quand le second trouve enfin un rôle conséquent dans le cinéma américain, assurant toute la première partie du film, le premier apparaît apaisé et concerné. Ce qui, quand on regarde la filmographie récente d’Harrison Ford, n’était pas arrivé depuis un moment (la dernière fois c’était quand ? En 2010 avec Morning Glory ?). Le regard triste, il sait lui aussi venir alimenter la dynamique du film avec sa force tranquille et son charisme, intact, sans trop en faire, tel le grand qu’il demeure. Un acteur au mieux de sa forme, qui donne la réplique à ce chien certes façonné par ordinateur mais au final parfaitement concret. Buck qui laisse peu à peu son instinct guider ses pas et qui, de par sa seule présence, tour à tour réconfortante, amusante et rassurante, prouve si besoin était que les effets-spéciaux, quand ils sont au service d’une histoire solide, peuvent accomplir des miracles.

En Bref…

Un peu maladroit au début, L’Appel de la Forêt sait néanmoins très vite trouver sa voie pour nous emmener aux confins du monde, dans le magnifique décorum que constitue le Yukon. Un écrin parfait pour une aventure, une vraie, fédératrice et émouvante, trépidante et visuellement souvent sublime.

@ Gilles Rolland

L'Appel-de-la-Foret-Harrison-Ford
Crédits photos : 20th Century Studios France/The Walt Disney Company France
Par Gilles Rolland le 20 février 2020

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Chucky
Chucky
1 année il y a

” Ce qui, quand on regarde la filmographie récente d’Harrison Ford, n’était pas arrivé depuis un moment (la dernière fois c’était quand ? En 2010 avec Morning Glory ?)”

Je dirai Blade Runner 2049 en 2017. ^^