Deepfakes : Une révolution risquée ?

DOSSIERS | 9 novembre 2022 | 1 commentaire

Les prouesses technologiques, notamment les diverses applications de l’IA, ont favorisé de nombreuses innovations. Actuellement le deepfake fait partie de celles qui prennent de l’ampleur. À ses débuts, ce principe semblait plutôt intéressant et plusieurs personnes songeaient à un usage dans le cinéma. Il était alors maîtrisé par un cercle fermé constitué de quelques technophiles aguerris. Depuis la démocratisation du processus de création, les deepfakes sont de plus en plus accessibles au public. On a assisté à de nombreux détournements à des fins non glorieuses. Les deepfakes ont été popularisés malheureusement à cause de ces dérives impliquant des politiciens, ou encore des stars mises en scène dans des vidéos obscènes publiées sur internet.

Un deepfake : Qu’est-ce que c’est ?

Le deepfake est une technologie élaborée en 2014 par un employé de Google. Encore désigné par hypertrucage, le terme est issu de la combinaison de deux expressions anglaises, deep learning et fake. Le deep learning fait référence à un système d’apprentissage basé sur l’intelligence artificielle (IA) et le second veut littéralement dire « faux ». C’est un procédé qui permet de modifier à sa guise des contenus vidéos ou audios grâce à l’intelligence artificielle.

Il est dès lors possible de modifier un contenu vidéo en remplaçant un visage par un autre, ou en changeant des voix. Le principe est assez complexe car pour remplacer le visage d’une personne par un autre, il faut obtenir le plus de photos possible de ces personnes. À l’origine réservé à quelques élus, le procédé s’est rapidement démocratisé et est aujourd’hui accessible à tous. Le mode de création de deepfakes est désormais beaucoup plus simplifié. La plupart des deepfake les plus populaires se sont révélés entre 2018 et 2019.

On se remémore entre autres la scène des actrices d’Hollywood ajoutées à des extraits d’un film pornographique. Un autre deepfake populaire est celui de l’acteur humoriste Jordan Peele qui désirait arrêter la propagation des hypertrucages. Il avait pour ce faire, créé une fausse vidéo du président Barack OBAMA afin d’en montrer la dangerosité. Les dérives n’arrivent pas uniquement qu’avec le deepfake et, dans certains domaines, de brillantes mesures sont prises pour poser un cadre à ne pas transgresser. Ledit cadre n’est malheureusement pas encore totalement installé avec les hypertrucages.

Casinos en ligne : une politique responsable qui conviendrait au Deepfake

Les casinos en ligne sont aujourd’hui la nouvelle alternative pour jouer aux jeux d’argent. Pendant plus d’une décennie, ce secteur s’est progressivement installé avec l’évolution des technologies, au point de devenir la première option pour la majorité des joueurs à l’heure de parier. Cependant, le fait que l’industrie des casinos en ligne soit un secteur addictif conduit à certaines dépendances.

Les meilleurs casinos d’argent réel ainsi que les juridictions habilitantes du secteur se sont donc réinventés afin de trouver une solution. Depuis, les plateformes de paris ont toutes une politique de jeu responsable. Il s’agit d’un ensemble d’actions menées dans le but de favoriser le plus possible un divertissement sain pour les parieurs.

Les meilleurs casinos en ligne pour les canadiens francophones accueillent désormais des milliers de joueurs qui peuvent profiter des jeux de machine à sous, bingo ou blackjack sans craindre une quelconque dépendance et même plutôt gagner de l’argent réel avec des bonus. Qu’en est-il du deepfake dans l’univers cinématographique ?

Le deepfake dans le cinéma

Lorsqu’on pense au concept de deepfake et à ses applications dont certaines posent un problème de morale et d’éthique, on se demande dans quel autre domaine cela pourrait être utile. Le réalisme frappant du face swap n’a pas manqué d’attirer l’attention des plus grands studios du cinéma hollywoodien. Modifier le visage d’un acteur n’est pas un concept nouveau puisque dans les années 80, les maquilleurs parvenaient déjà à modifier le visage des acteurs de manière à leur donner un air de vieillard. Bien qu’il soit possible de faire vieillir un acteur, il est beaucoup plus difficile de le faire rajeunir à l’écran.

Les studios devaient dans ces cas recruter quelqu’un de plus jeune, un quasisosie de l’acteur en question, pour lui faire tourner les scènes qui ressassent ses moments de jeunesse. Les prouesses du cinéma numérique ont ensuite donné naissance à une autre technique qui permettait de créer une version numérique de l’acteur décalée dans le temps grâce à des capteurs disposés sur le visage. Il s’agissait du concept de « De-Aging ». Bien que le concept de deepfake ne soit pas encore utilisé dans le monde du cinéma, il pourrait constituer dans les années à venir une alternative aux effets spéciaux en 3D, via le rajeunissement numérique. Des films comme Top Gun 2 par exemple auraient été bien aidés dans la production de certaines scènes où il fallait avoir une jeune version de Tom Cruise.

En plus d’être plus réalistes, ils sont moins coûteux et permettent aux studios de faire des économies conséquentes. Avec l’annonce de projets tels que Indiana Jones 5, on espère que le deepfake fasse véritablement son entrée dans le monde du cinéma au vu de la prise d’âge d’Harrison Ford, vedette du film. Une autre compétence du deepfake qui fascine est de recréer le visage d’acteurs décédés en cours de tournage. On peut prendre

l’exemple de Paul Walker dont le visage avait été recréé dans le 7e volet de la saga Fast and Furious. Toutefois, recréer le visage d’un acteur décédé pose un problème d’ordre éthique dans la mesure où on estime que la personne ne possède plus son propre corps. Sa propre image pourrait également être utilisée sans son accord.

Hypertrucages : une nouvelle menace ?

Loin de se résumer uniquement à un simple échange de visage, le deepfake peut également modifier les mouvements du corps. Nous nous dirigeons lentement, mais sûrement vers un futur où la légitimité des vidéos sera remise en question. Il faudra donc être en mesure de distinguer le vrai contenu du faux. Aujourd’hui, pour créer un hypertrucage réaliste, il faut entre une dizaine et plusieurs milliers de photos. Aussi, les chercheurs travaillent sur un moyen de réduire davantage ce nombre. Il serait donc quasiment impossible de détecter un deepfake à l’œil nu, tant le réalisme du montage serait bluffant. Grâce aux hypertrucages, le Revenge porn a de beaux jours devant lui. Cette pratique consiste à divulguer sur internet, un contenu où une personne apparaît dans des ébats sexuels sans que celle-ci n’ait consenti à une divulgation.

C’est une forme d’atteinte à la vie privée qui existe depuis longtemps, mais risque de prendre de nouvelles formes grâce à la vulgarisation des deepfakes. Le Revenge porn peut être mis en ligne pour nuire à un ancien partenaire, extorquer une personne, ou pour assouvir un plaisir malsain. Aujourd’hui, cette pratique cible majoritairement les femmes, qu’il s’agisse de célébrités ou de personnes ordinaires. 96 % des Deepfakes sont des vidéos pornographiques. Hormis la violation des droits de la personne et de l’attente à sa vie privée, les deepfakes peuvent par ailleurs mettre fin à la carrière d’une personne ou encore toucher une plus grande population de victimes.

Cette technologie gagne toujours plus en complexité et en réalisme grâce au machine Learning. On se doute bien que l’impact qu’il a sur la vie privée ne sera que plus prononcé. Avec une accessibilité grandissante, n’importe qui avec une connexion internet stable peut accéder aux algorithmes Deepfake en open source sur certaines plateformes, sans compétences de base en programmation, en machine Learning ou en deep learning. De plus, le déploiement de la 5G ne fera que ravir les créateurs de deepfake car elle leur offrira assez de bande passante pour altérer le flux des médias en temps réel grâce à la puissance du cloud computing. Avec toutes ces possibilités malsaines, on redoute que dans un futur proche, les créateurs de faux contenus soient en mesure d’appliquer les hypertrucages au monde du streaming.

L’avenir des deepfakes

Bien que les deepfakes dans leur utilisation la plus courante posent un problème d’éthique et de morale, on ne peut nier qu’il s’agit d’une réelle innovation. Dans le milieu du cinéma, l’implémentation de cette technique dans les films à venir, notamment ceux avec un casting ou l’acteur principal est vieillissant, serait un gros bond en avant pour le secteur.

En ce qui concerne les réseaux sociaux qui sont grandement propices à la propagation rapide des deepfakes, un des laboratoires de Facebook ; le FAIR, œuvre d’arrache-pied pour enrayer le fléau. En effet, il travaille sur une IA qui appliquerait un filtre sur les vidéos

afin d’empêcher que celles-ci ne soient exploitées par des logiciels de reconnaissance faciale qui servent à générer les deepfakes. Dans certains pays comme la Chine, on considère quelqu’un qui crée des deepfakes comme un criminel.

Aux États-Unis c’est également le cas. Des lois ont été adoptées dans certains états comme celui de la Virginie ou de la Californie pour interdire les deepfakes à caractère pornographique. Un créateur de deepfakes pornographiques pourrait écoper de 12 mois d’emprisonnement et de 2500 $ d’amende. Dans ces cas de figure, l’on peut considérer le Deepfake comme une grande avancée certainement utile aux domaines tels que le cinéma, à condition que des mesures adéquates de sécurité soient prises par toutes les entreprises.

Par Gilles Rolland le 9 novembre 2022

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Mathilde
Mathilde
10 mois il y a

J’admets que ça ne me dérange pas du tout de voir un Indiana Jones vieillissant . Je trouve ça malsain de vouloir à tout prix rajeunir le visage d’un acteur au prétexte qu’il joue dans une franchise ou qu’il est mort . Ça fait presque jeuniste. Excepté pour insérer des flash back ou pour la métamorphose d’un personnage en monstre type loup- garou je ne vois pas l’utilité des deepfakes autrement