[Dossier] Festival Fantasia 2013 : le live !

DOSSIERS EVENTS FANTASIA 2013 | 18 juillet 2013 | 2 commentaires

Brouhaha ! C’est parti pour la 17e édition de Fantasia, le plus gros festival de films de genre en Amérique du Nord. Ici à Montréal, les « Fantasiens » sont déjà dans les starting-blocks, prêts à manger pendant vingt jours (du 18 juillet au 6 août) ce que le cinéma d’action/fantastique/horreur/SF/Anime a de plus fou dans les tripes. Mais bien plus que les films, assister à une projection à Fantasia est un moment unique dans la vie d’un cinéphage. À chaque séance, on ressent dans la salle cette envie d’avoir envie de prendre du plaisir quoi qu’il arrive. Un peu comme à la maison, le Fantasien n’hésite pas à manifester son humeur devant une scène WTF ? ou d’applaudir bruyamment après un moment de bravoure. À l’image du cinéma qu’il honore, le festival Fantasia n’est ni sage, ni bien élevé… mais sa bonne humeur est contagieuse.

Retour critique à chaud sur les films visionnés durant le festival par Nicolas Cliet-Marrel (pour faire sa connaissance c’est ICI), notre reporter sur place.

Vendredi 18 juillet

Shield of Straw Rating: ★★★☆☆, de Takashi Miike

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Le festival démarre lourd avec le dernier Takashi Miike en date, Shield of Straw.
Suite à l’assassinat de sa petite fille, un milliardaire promet un milliard de yens à celui qui tuera son meurtrier présumé. L’ensemble de la population devient alors une menace potentielle pour la poignée d’agents chargés d’acheminer le coupable jusqu’aux locaux de la police judiciaire de Tokyo. De part l’extravagance de son sujet, le film souffre régulièrement d’incohérences qui plombent un peu le récit. Mais ce serait mal connaître Takashi Miike que de s’arrêter à ça. Ce dernier parvient à nous tenir éveillé grâce déjà à une grande maîtrise formelle. Au cœur de ce road trip violent et stylisé, il arrive aussi par moments à nous plonger en plein western spaghetti en nous régalant de quelques climax assez trippants. Une semi-réussite donc mais avec pas mal de plaisir à l’intérieur.

The Conjuring Rating: ★★★★☆, de James Wan

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La soirée se poursuit avec le très attendu The Conjuring de James Wan. Avant Amityville, les célèbres enquêteurs paranormaux Ed et Lorraine Warren sont venus en aide au début des années 70 à une famille terrorisée dans une maison hantée à Harrisville. Labellisé « histoire vraie », The Conjuring est un gros prétexte pour James Wan de poursuivre son exploration du cinéma d’épouvante. Après Insidious et son hommage à Poltergeist, il s’attaque cette fois à un plus gros morceau encore : L’Exorciste. Et force est de reconnaître qu’il s’en tire plutôt très bien.
Déjà, ce qui fait plaisir avec son cinéma, c’est que l’ensemble est soigné. La photo, la déco, les effets, le découpage, tout est super classe et invite à se laisser embarquer. Et ça marche à fond, sur une bande son au diapason, on frémit, on sursaute, on flippe grave et c’est chouette. Et pourtant, malgré ses mouvements de caméra inédits, Wan ne réinvente pas grand-chose. C’est toujours la même trame et les mêmes effets crescendo. Sauf que si le procédé archi pompé est devenu vraiment lassant chez les autres, chez lui ça fout la banane. On en redemande.

Vendredi 19 juillet

Lesson of the evil Rating: ★★½☆☆, de Takashi Miike

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Un gentil prof d’anglais plein de bonne volonté et à l’écoute de ses élèves se révèle en fin de compte ne pas être un gentil prof, pas gentil du tout. Voilà à quelques détails près le sujet du film de Takashi Miike, grosse partie de boucherie avec un dernier tiers (près de 40 minutes) de full carnage dans un lycée. Pour un résultat assez esthétique mais totalement vide de sens. Au moins dans Battle Royale, il y avait le jeu et un enjeu. Là, que dalle. Après, on a quand même le droit d’y prendre un peu de plaisir. Voir valdinguer les élèves dans les couloirs à grands coups de chevrotine, il y a un côté fun. Mais ça reste limité. Âmes sensibles, s’abstenir. Les autres peuvent les suivre.

Drug War Rating: ★★★★☆, de Johnnie To

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Pour échapper à la peine de mort, un dealer de drogue décide d’aider la police à démanteler un important réseau de trafiquants. Après un petit passage à vide, Johnnie To revient aux affaires pour le meilleur. Une grande rigueur domine de bout en bout un récit intense et passionnant. L’écriture est précise, les acteurs sont en place, c’est rythmé. On vit les événements s’enchaîner en totale immersion avec les protagonistes. De l’infiltration jusqu’au final ébouriffant, on est vraiment scotché sans jamais savoir jusqu’où le film va nous emmener. Du grand Johnnie To en mode polar réaliste à ranger aux côtés de PTU.

Samedi 20 juillet


Confession of Murder, Rating: ★★★☆☆ de Byeong-gil Jeong

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Deux ans après l’expiration du délai de prescription de son dernier meurtre, un tueur en série décide de se confesser dans un livre autobiographique intitulé «Je suis le Meurtrier».
Confession of Murder. Au vu du titre, on ne peut s’empêcher de penser au chef-d’œuvre de Bong Joon-Ho, Memories of Murder. Mais de là à s’imaginer une pépite du même acabit, on sait se tenir. Et pourtant, les premières minutes sont plutôt encourageantes. Une bonne baston suivie d’une course poursuite vertigineuse dopée par des effets et des mouvements de caméra virtuoses. Wahou ! Voilà une mise en bouche alléchante qui laisse présager un bon polar coréen bien nerveux. Sauf que ça se gâte un peu plus tard dans une nouvelle course poursuite, en voiture cette fois, totalement abracadabrantesque et boursouflée d’effets spéciaux particulièrement foireux. Quant à l’histoire, elle s’alambique crescendo, à la coréenne, jusqu’à flirter avec le grand-guignol. Raté pour la pépite mais distrayant.

Lundi 22 juillet

Secretly, Greatly Rating: ★★★½☆, de Jang Chul-soo

Secretly
Un super espion de Corée du Nord est envoyé au Sud en tant qu’agent dormant dans un quartier défavorisé de Séoul. Sa couverture en attendant les ordres : se faire passer pour l’idiot du village. Très éloigné de son film précédent, l’ultragore et ultraviolent Bedevilled, Secretly, Greatly de Jang Chul-soo a battu tous les records au box-office sud-coréen à sa sortie en juin dernier. La première partie illustrant le quotidien du faux simplet est juste hilarante. Le mec est une pure arme de guerre et il est contraint de jouer les benêts la morve au nez, de passer le balai et d’être la cible des enfants du quartier. C’est drôle, inventif et sophistiqué. La photo et la mise en scène sont soignées. En revanche, ça met un peu de temps à passer la seconde. Et quand elle arrive enfin, on est un peu déçu. Les scènes d’action tant attendues décoiffent pas assez et surtout après, le film adopte un virage émotionnel un poil excessif. Dommage, ça démarrait si bien. À voir quand même pour l’excellente première heure.

Jeudi 25 juillet

The Machine Rating: ★★★☆☆, de Caradog James

The-Machine

 

Dans un futur proche, le Royaume-Uni vit une situation de guerre froide avec la Chine. Et pour se protéger en cas de conflit, il développe en secret des humanoïdes conçus pour être des machines de guerre. Un scientifique travaillant pour le gouvernement britannique cherche à doter les machines d’une conscience. Malgré une belle production design, on sent derrière un petit budget qui nous laisse un peu trop à l’étroit dans ce huis clos SF bourré de belles références (Blade Runner, Terminator, Ghost in the Shell, Gunnm…) empruntées mais peu développées. L’ensemble tourne en rond alors qu’on aurait aimé découvrir plus et sortir de ce bunker sombre, cadre principal du film, pour aller voir le futur autour et ailleurs. Belle tentative quand même.

Vendredi 27 juillet

Big Bad Wolves Rating: ★½☆☆☆, de Aharon Keshales et Navot Papushado

Big-Bad-Wolves

 

Une petite fille a été retrouvée violée et sauvagement assassinée. Persuadés de connaître l’identité du meurtrier, un flic mis sur la touche et le père de la petite fille ont tous les deux la même idée de le kidnapper pour le faire passer aux aveux. Précédé d’une bonne petite réputation dans les festivals où il a déjà été présenté, ce film israélien figurait sur ma Top liste des films à voir absolument à Fantasia cette année. C’est au final une très grosse déception. Déjà parce qu’on ne sait jamais sur quel pied danser. Une petite fille violée et tuée, c’est assez lourd comme sujet et pourtant, le film passe du polar sombre à l’humour décalé avec une désinvolture cynique assez gênante, limite malsaine. À cela s’ajoute quelques scènes de torture hardcore « explicit content », balancées comme ça à la gueule façon tu sais pas si tu dois rire ou gerber. Enfin, en plus d’être maladroit, le procédé de mélanger les genres perturbe trop souvent la narration et fait disparaître toute tension. Si bien qu’au bout d’un moment, on finit par décrocher. Gros ratage.

Dimanche 28 juillet
I’ll follow you down Rating: ★★★½☆, de Richie Mehta

I'll follow you down affiche

 

Un scientifique disparaît mystérieusement au cours d’un voyage d’affaires. Douze ans plus tard, son fils semble avoir trouvé l’incroyable raison de sa disparition. Un drame teinté de science-fiction, un réalisateur d’origine indienne, Haley Joel « I see dead people » Osment en tête d’affiche, il serait tentant de… Non, non, on ne tentera pas. À lui tout seul, I’ll follow you down est un vrai plaisir de petit film comme on aimerait en voir plus souvent. Un peu à l’image de ce cinéma SF des années 80, un poil naïf, un rien simpliste, mais réalisé avec franchise et cœur. Et nous délivrant au final une belle émotion. En plus, le casting est vraiment chouette. En dehors de Haley Joel Osment qui, bizarrement, malgré sa barbe de trois jours, n’a pas vraiment changé depuis qu’on l’a quitté chez Spielberg, on retrouve la radieuse Gillian « éternelle Scully » Anderson et le ténébreux Rufus « Dark City » Sewell. Une bonne surprise.

Jeudi 1er août

Metro Manila Rating: ★★★★★, de Sean Ellis

Metro-Manila-Sean-Ellis-Affiche

 

N’arrivant plus à s’en sortir financièrement, une famille d’agriculteurs est contrainte de quitter les montagnes du nord de la Philippine et décide alors de tenter sa chance dans la capitale, Metro Manila. Bon ok, celui-là n’est pas une exclu Fantasia -après avoir raflé le prix du public à Sundance, le film est sorti en France le 17 juillet dernier- mais comme c’est MA claque du festival, impossible de passer à côté. Les trottoirs de Manille pour apprendre à marcher. Et à survivre. Filmée très serrée, la ville est un personnage à part entière. Jungle urbaine chaude et étouffante, elle transpire par tous les pores. Les personnages y plongent dès leur arrivée. Le spectateur est alors en apnée, proche parfois de l’asphyxie. De ces désillusions qui se multiplient. Mais heureusement, au cœur, il y a cette énergie du désespoir. Et de ce cinéma là. Frais, nouveau. Qui se bat. Encore !

Vendredi 2 août


Curse of Chucky Rating: ★☆☆☆☆,  de Don Mancini

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Une vielle demeure gothique. Une mère en pleine inspiration picturale et sa fille dans un fauteuil roulant. On sonne à la porte. Un livreur avec un gros colis dans les bras. Et… oh surprise, à l’intérieur, une poupée Chucky. Neuf ans depuis Le Fils de Chucky, la célèbre poupée tueuse revient pour un sixième épisode et souffler au passage sa 25e bougie. Bon alors, je l’avoue, je ne suis pas un très grand connaisseur de la série. Le premier m’avait plutôt séduit et je me souviens aussi m’être endormi devant La Fiancée de Chucky. C’est à peu près tout pour ma culture de l’univers Child’s Play créé par Don Mancini en 1988. Scénariste des différents épisodes, il passe également derrière la caméra pour les deux derniers dont celui qui nous intéresse aujourd’hui, Curse of Chucky. Il s’est même déplacé ici à Fantasia pour nous présenter en avant-première mondiale son petit chef-d’œuvre. Sympa. Bon, ne tournons pas plus autour du pot, le film est une catastrophe. Paresse d’écriture, le scénar est aux fraises dès les premières minutes. Sur la même ligne, la mise en scène est poussive et le casting mou du genou. Et surtout, pas une once de frayeur. Des moments de « tension » aux scènes gore, tout est éculé à mort. Désespérément navrant. Rien n’y fait. Pas même la magie de Fantasia capable habituellement d’épicer la plus épaisse des fadesses. Là c’est walou. On s’ennuie ferme et durablement. À fuir

@ Nicolas Cliet-Marrel

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Par Nicolas Cliet-Marrel le 18 juillet 2013

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paulus
paulus
8 années il y a

bienvenue a nicolas

Nicolas
Nicolas
8 années il y a

merciii Paulus