[Carnet noir] Le réalisateur Joel Schumacher est décédé

NEWS | 22 juin 2020 | Aucun commentaire

Né le 29 août 1939 à New York, Joel Schumacher commence sa carrière dans le cinéma en dessinant des costumes. Il collabore alors notamment avec Herbert Ross et Woody Allen. En 1981, Schumacher se lance dans la mise en scène et signe La Femme qui rétrécit. En 1985, St. Elmo’s Fire, son troisième essai, lui permet d’accéder à la notoriété. Le film jouissant d’un statut d’oeuvre culte. À la tête de Génération perdue, qui réinvente brillamment le mythe du vampire, il enchaîne avec Cousins et L’Expérience Interdite. Des succès qui le mènent à réaliser Chute Libre en 1993, avec Michael Douglas. Encore une fois, Joel Schumacher met dans le mille. L’année suivante, Le Client fait également l’objet d’un joli plébiscite.

Tout puissant à Hollywood, Joel Schumacher ramène Batman au cinéma, dans Batman Forever et lui offre une suite juste après avoir réalisé Le Droit de tuer ?, avec Batman et Robin. Deux films décriés, voire moqués (surtout concernant Batman et Robin), que Schumacher assume pleinement. Ses choix esthétiques, tranchant franchement avec ceux des Batman de Tim Burton, faisant l’objet de vives critiques… Alors qu’il entretient le rêve de continuer avec l’homme chauve-souris, avec un troisième opus dont le méchant serait L’Épouvantail, Schumacher voit la Warner le déposséder de son poste de metteur en scène. Christopher Nolan, qui reprendra le flambeau quelques années plus tard, conservera néanmoins le même antagoniste.

En 1999, le cinéaste dirige Nicolas Cage dans le glauque et prenant 8 millimètres. On le retrouve la même année à la tête de la comédie avec Robert De Niro et Philip Seymour Hoffman, Personne n’est parfait(e). En 2000, Tigerland, son film de guerre, passe un peu inaperçu, tout comme Bad Company, son trip d’action avec Chris Rock et Anthony Hopkins. En 2002, Phone Game lui permet de revenir dans la partie. Un thriller original, qui précède Veronica Guerin et une version il est vrai pas si mémorable du Fantôme de l’Opéra. En 2007, il dirige à nouveau Jim Carrey (déjà en Homme Mystère dans Batman Forever) dans Le Nombre 23. L’occasion pour l’acteur de changer de registre mais pas de la manière la plus flamboyante qui soit. Malheureusement, par la suite, Joel Schumacher, plus vraiment en odeur de sainteté à Hollywood, doit se contenter de projets condamnés d’avance. Des films comme Blood Creek, Twelve et Effraction, pour lequel il retrouve Nicolas Cage. Au générique de la série House of Cards, Joel Schumacher passe la seconde moitié des années 2010 sous les radars. Pour autant, les cinéphiles n’ont jamais oublié ces faits de gloire. Les Génération perdue et autres Chute Libre qui, de bien des façons, incarnent un cinéma américain exigeant, extrêmement divertissant et généreux. Même ses Batman restent au fond bien plus audacieux que la majeure partie des productions super-héroïques que l’on nous sert aujourd’hui à la chaîne.

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris ce soir, lundi 22 juin, le décès de Joel Schumacher. Il avait 80 ans…

@ Gilles Rolland

Par Gilles Rolland le 22 juin 2020

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