[Critique série] DALLAS (2012) – SAISON 1

SÉRIES | 21 juillet 2013 | 2 commentaires

Titre original : Dallas

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Créateurs : David Jacobs (série originale), Michael M. Robin
Réalisateurs : Michael M. Robin, Marc Roskin, Randy Zisk, Jesse Bochco, Steve Robin, Michael Katleman
Distribution : Patrick Duffy, Linda Gray, Larry Hagman, Mitch Pileggi, Jesse Metcalfe, Josh Henderson, Jordana Brewster, Julie Gonzalo, Brenda Strong, Steve Kanaly, Ken Kercheval, Charlene Tilton, Glenn Morshower…
Genre : Drame/Thriller/Romance
Diffusion en France : TF1
Nombre d’épisodes : 10

Le Pitch :
20 ans après les événements relatés dans la première série, les choses n’ont pas véritablement changé au ranch de Southfork. Aujourd’hui, alors que l’empire Ewing s’est effondré, Bobby vit paisiblement avec sa nouvelle épouse, tandis que J.R. végète dans une maison de repos, rongé par la dépression. Mais les vieilles rivalités refont surface par le biais de la jeune génération. Christopher, le fils de Bobby et John Ross, celui de J.R., se déchirent au sujet du pétrole, dans l’espoir de redorer le blason des Ewing…

La Critique :
Monument de la télévision américaine, Dallas a perduré pendant 14 saisons, de 1978 à 1991 et a ensuite continué à faire des apparitions sporadiques dans le poste, le temps de 3 téléfilms diffusés pour leur part de 1996 à 2004. Sans compter le premier téléfilm, intitulé Dallas quand tout à commencé (The Early Years), diffusé en 1986. En tout et pour tout, il fut tourné 357 épisodes. Le temps pour J.R. Ewing de devenir une figure incontournable de la fiction américaine et au passage l’un des méchants favoris des fans de la série ( et c’est tout à fait mérité). Pour preuve l’épisode Qui a tiré sur J.R. ? (parodié par les Simpson avec le double épisode, Qui a tiré sur Mr. Burns ?), suivi par près de 80 millions de téléspectateurs à travers le monde. J.R. donc, pilier de tout l’édifice, mais aussi Bobby, son gentil frère, garant de la morale qui fait défaut à J.R., Sue Ellen, l’épouse bafouée, alcoolique notoire ; le brave Ray Krebbs ; la pétillante Lucy, ou encore le machiavélique Cliff Barnes, soit une galerie bigarrée de personnages ayant traversé les années au rythme de pérégrinations incroyables et souvent un poil tirées par les cheveux.

Mais c’est ça qui est bon avec Dallas. Le réalisme, la série s’en moque éperdument et privilégie le sensationnel et le spectaculaire. En la matière, la preuve la plus flagrante reste le final de la saison 8, qui voyait Bobby se faire renverser par une voiture. Un choc pour les fans qui refusèrent de voir Patrick Duffy aller tenter sa chance sur le grand écran et qui écrivirent en masse à la production pour que Bobby réintègre la série. Un vœux des plus ardents exaucé quelques épisodes plus tard, où Bobby pointait sa trombine à la plus grande surprise des téléspectateurs. La production justifiant son retour par une pirouette en arguant que la mort de Bobby était issue d’un rêve de Pamela, son épouse, et que tous les épisodes séparant l’accident de Bobby de son retour étaient eux aussi complètement fantasmés par Pamela alors que celle-ci pionçait paisiblement. Le truc, c’est que dans Côte Ouest, la série dérivée de Dallas, centrée sur Gary, l’autre frère Ewing, Bobby est resté mort, car fatalement, tout ce qui se passait dans Dallas avait une incidence sur Côte Ouest et que dans Côte Ouest personne ne rêvait quand Bobby s’est fait faucher par une bagnole…
Mais ce ne fut pas un gros problème tant ce qui comptait véritablement était l’essence de la série, à savoir sa faculté à surprendre et à captiver. Peu importe si le réalisme en prenait un gros coup dans l’aile en cours de route. Une caractéristique majeure que le nouveau Dallas n’a pas oubliée.

La vie ne fut pas aussi trépidante pour les acteurs de Dallas entre l’arrêt de la première série et le début de la seconde. Patrick Duffy s’en est plutôt bien tiré, avec notamment le gros succès que fut la sitcom Notre Belle Famille, multi-diffusée sur M6 dans les années 90. Larry Hagman, alias J.R., a lui aussi relativement bien exploité son charisme de super méchant, dans des séries comme Nip/Tuck, Desperate Housewives ou au cinéma dans Nixon ou encore Primary Colors, sans pour autant retrouver un rôle à la hauteur de J.R. Ewing. Linda Grey aussi s’est baladée, essentiellement à la télé, dans Models Inc, Les Anges du Bonheur ou dans Amour, Gloire et Beauté. Rien de comparable en somme avec Dallas et rien qui n’empêchait ces comédiens cultes d’apposer à nouveau leur signature au bas du contrat qui allait leur permettre de retrouver leurs alter-égos dans la nouvelle série Dallas.
Garant de l’image de la série telle que les fans de la première heure l’ont connue, ce trio mythique (auquel viennent se rajouter quelques seconds couteaux comme Steve Kanaly) assure donc la base du nouveau Dallas. Ils font presque partie du décors, avec Southfork, le fameux ranch, théâtre de toutes les guerres intestines des Ewing et plus largement de l’état du Texas, berceau du pétrole et des millionnaires en costards, arborant fièrement le Stetson.

Les vétérans (de gauche à droite) : Larry Hagman, Linda Grey, Patrick Duffy et la petite nouvelle, Brenda Strong.

Les vétérans (de gauche à droite) : Larry Hagman, Linda Grey, Patrick Duffy et la petite nouvelle, Brenda Strong.

Une base sur laquelle viennent se greffer des jeunes loups aux dents longues. Indispensables pour accrocher la nouvelle génération de téléspectateurs, ces petits nouveaux incarnent l’avenir de la série. Ils sont beaux, ambitieux et prolongent par leurs actes, les dynamiques des vétérans. Ainsi, Christopher, le fils de Bobby est moral, John Ross, le rejeton de J.R. est agressif, séducteur et sans scrupules, et Elena la fille de la femme de ménage des Ewing, est belle, incendiaire, et sert plus généralement à cristalliser les passions amoureuses indispensables à la sauce.

Le décors est posé. Les anciens fans peuvent raccrocher les wagons tout en douceur et les nouveaux peuvent prendre le train en marche. En cela, la première saison de Dallas 2.0 est redoutable. Elle parvient, et ce dès le premier épisode, à ressusciter tout un univers, tout en n’excluant personne. Les clins d’œil sont nombreux, on retrouve des têtes, certes vieillies mais encore suffisamment charismatiques pour jouer leur rôle, et la transposition à notre époque est bien gérée.
À l’heure de la crise économique, nous découvrons les Ewing en pleine déconfiture. J.R. est grabataire (pas pour longtemps), Bobby se plait à vivre une existence de cow boy, filant le parfait amour avec sa nouvelle épouse, et le pétrole, rare, dort peinard sous le ranch autrefois sujet aux guerres fratricides. Seule Sue Ellen est montée en grade, briguant le poste de gouverneur du Texas.

Les choses ont changé à Dallas et si les vieux semblent avoir -pour un temps- enterré la hache de guerre, les jeunes se préparent à se mettre sur la tronche. Au sujet du pétrole et des femmes, en sirotant régulièrement un bon verre de scotch, comme l’exige la tradition texane.
Tous les ingrédients sont là et les intrigues se croisent et s’entrecroisent et au final, la série s’insère avec brio dans la mythologie Dallas.
C’est tiré par les cheveux, les coups de théâtre s’enchaînent à un rythme effréné, c’est sexy, léché et soigné.
Néanmoins, si les nouveaux acteurs tiennent bon la barre, ce sont encore les anciens qui assurent vraiment les fondations. Bobby est très présent et c’est une bonne chose tant Patrick Duffy connait son rôle sur le bout des doigts. Larry Hagman pour sa part, compose à nouveau un J.R. jubilatoire, bien servi par des répliques souvent aussi cinglantes que savoureuses. Son fils a beau faire preuve d’une volonté tout à fait honorable, c’est encore J.R., le seul et l’unique, qui bouffe l’écran à chacune de ses apparitions. Là est le problème car on le sait, Larry Hagman a depuis tiré sa révérence. J.R. est condamné à disparaître au milieu de la seconde saison, laissant la série définitivement orpheline (Larry Hagman est décédé le 23 novembre 2012). Sans J.R., qu’adviendra-t-il de Dallas ? La réponse ne tardera pas à venir et il faut espérer que d’ici là, les nouveaux et les anciens restants auront su préparer le terrain pour que l’absence de la légende au sourire carnassier ne se fasse pas trop sentir, même si cela paraît utopique.

La jeune génération (de gauche à droite) : Jesse Metcalfe, Julie Gonzalo, Jordana Brewster et Josh Henderson

La jeune génération (de gauche à droite) : Jesse Metcalfe, Julie Gonzalo, Jordana Brewster et Josh Henderson

Jordana Brewter, la beauté latine, vu dans les Fast & Furious, Jesse Metcalfe, le fameux jardinier de Gaby de Desperate Housewives et Josh Henderson, lui aussi vu dans Desperate Houseviwes, sauront-ils seconder Bobby et Sue Ellen d’une manière assez convaincante pour que les fans ne décrochent pas au départ de J.R. ? C’est possible, mais cela implique un virage délicat.
Dans tous les cas, cette première saison tient ses promesses et assume son héritage. Sans trop chambouler les codes, Dallas 2.0 est parvenu à faire entrer un mythe de la télé des années 80/90 dans le nouveau millénaire. À l’heure des énergies alternatives et de la crise, les machinations de Dallas font toujours des adeptes et c’est bien là le principal. En attendant la suite…

À noter le sabordage scandaleux de TF1 qui, faute d’audience, décida de reprogrammer Dallas en deuxième partie de soirée, et diffusa à l’arrache les quatre derniers épisodes de la première saison d’une traite. Une manœuvre en forme de foutage de gueule total envers les fans de la série, qui heureusement, ont pu se tourner vers le replay ou vers des méthodes alternatives, que TF1 a indirectement encouragé en balançant à presque 1h du matin le dernier épisode de la saison, comme à l’époque ou 24 squattait les programmations nocturnes de la première chaîne de France, au mépris des amateurs forcés de se tourner vers leurs magnétoscopes pour éviter de télécharger massivement les épisodes des aventures de Jack Bauer.

@ Gilles Rolland

Dallas-2012-groupCrédits photos : Warner Bros. France/TNT

Par Gilles Rolland le 21 juillet 2013

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Jo
Jo
8 années il y a

Super Chronique d’une saga que j’adore!!! Et très belles photos! Merci!

paulus
paulus
8 années il y a

tres bon commentaire gilles mais moi j ai jamais aimé les série a rallonge mais ce n est que mon humble avis