[Critique série] GAME OF THRONES – Saison 2

SÉRIES | 9 juin 2012 | 4 commentaires

Titre original : Game of Thrones

Rating: ★★★★★
Origine : États-Unis
Créateurs : David Benioff et Dan B. Weiss
Réalisateurs : Alan Taylor, Alik Sakharov, David Petrarca, David Nutter, Neil Marshall
Distribution : Peter Dinklage, Lena Headey, Nikolaj Coster-Waldau, Michelle Fairley, Emilia Clarke, Aidan Gillen, Iain Glen, Kit Harington, Charles Dance, Liam Cunningham, Isaac Hempstead-Wright, Richard Madden, Sophie Turner, Maisie Williams, Alfie Allenn John Bradley-West, Jack Gleeson, Rory McCann, Stephen Dillane, Carice Van Houten, James Cosmo, Jerome Flynn, Conleth Hill, Sibel Kekilli, Gethin Anthony, Rose Leslie, Gwendoline Christie, Natalia Tena, Natalie Dormer, Tom Wlaschiha, Rose Leslie, Nonso Anozie, Jospeh Dempsie, Eugene Simon, Kristian Nairn, Donald Sumpter…
Genre : Aventure/Heroic-Fantasy/Drame/Fantastique/Adaptation
Diffusion en France : Orange Cine Choc
Nombre d’épisodes : 10

Le Pitch :
Désormais sacré Roi du Nord, Robb Stark continue de mener une guerre contre l’armée des Lannister, commandée par Tywin, le patriarche de la famille. À Port-Réal, les intrigues se multiplient tandis que Tyrion Lannister prend ses fonctions comme Main du Roi et tente de relever le royaume épuisé par le règne de terreur du jeune monarque Joffrey Baratheon, actuel occupant du Trône de Fer. Le Trône de Fer qui ne manque pas de prétendants. À l’image de Stannis et de Renly Baratheon, les deux frères de Robert, le précédent Roi de Westeros. Stannis et Renly qui se livrent une guerre fratricide revendiquant chacun la légitimité au titre suprême. À des lieues des enjeux pour la couronne, Jon Snow continue sa marche au-delà du mur avec La Garde de Nuit, tandis que Daenerys Targaryen se voit contrainte à traverser le désert rouge accompagnée de son Khalasar et de ses trois dragons…

La Critique :

Attention :

Difficile de parler de la seconde saison d’une série, quelle qu’elle soit, sans dévoiler un ou deux détails. Le but n’est pas de spoiler à outrance, mais mieux vaut avoir déjà vu la saison un avant de poursuivre la lecture. Si c’est le cas, c’est parfait.

La première saison de Game of Thrones a suscité une énorme attente. Du côté des fans de George R.R. Martin qui, pour la plupart ont déjà dévoré les romans, mais aussi pour ceux qui ont découvert la chose avec la série. Des fans qui ont tout de suite compris que Game of Thrones n’était pas une série comme les autres. Avant, heroic-fantasy à la télévision rimait malheureusement avec Xena, Hercule ou Conan, à savoir des feuilletons un peu fauchés, tournés à la va-vite au sein de décors en carton et reposant sur des intrigues téléphonées, prétextes à des déferlements de pixels à peine dignes d’une cinématique de jeu tournant sur la Playstation (la première). Effets-spéciaux foireux, interprétations plus que limite et enjeux faiblards, voilà pour le constat.

Brienne de Torth (Gwendoline Christie)

Game of Thrones a, dès le tout premier épisode, fait souffler un vent nouveau sur le genre. Elle a non seulement révolutionné le petit monde des séries tv, mais s’est aussi rapidement hissée au niveau des cadors cinématographiques de la discipline. Et cela même avec ce deuxième acte, qui voit apparaître les dragons, les énormes loups-garous du clan Stark ainsi que Melissandre, la prêtresse rouge et ses maléfices.Visuellement, la saison 2 confirme la claque de la saison 1. Sublimé par une mise scène qui sait se montrer contemplative, le show jouit d’un faste flagrant et appréciable au niveau des décors, des costumes, des accessoires ou des maquillages, qui renforcent l’immersion. Difficile de ne pas être comblé quand, après avoir suivi sur papier les aventures des personnages imaginés par George R.R. Martin, on retrouve des décors incroyables, comme les steppes qui s’étendent au nord du Mur ou encore les majestueuses architectures de la ville de Quarth qui voit débarquer la Mère des dragons et son Khalasar. David Benioff et Dan B.Weiss, les créateurs de l’adaptation, contrôlent toujours les cordons de la bourse, merci HBO. Le succès de la première saison leur a laissé les coudées franches pour illustrer avec justesse et souffle la suite des péripéties de Tyrion, Daenerys et des autres. Un budget conséquent qui se matérialise surtout dans les effets numériques, indispensables pour donner vie aux dragons de Daenerys. Des créatures à peine entrevues lors de la dernière séquence de la première saison, qui occupent une place plus conséquente. Toujours petits, les dragons crachent le feu et évoluent, tout en s’intégrant merveilleusement bien dans l’environnement. Le boulot est encore une fois super chiadé. Même remarque concernant les loups de Bran, Robb ou Jon, tout trois aussi impressionnants, bien que furtifs. Car Game of Thrones sait mesurer ses effets. C’est là peut-être que l’on voit que nous sommes devant une série et non devant un long-métrage. Pendant les batailles, la caméra se concentre sur une parcelle du champ de bataille ou sur les observateurs, voire sur des personnages concernés mais absents du centre névralgique de l’action. Un procédé qui doit clairement faire économiser quelques deniers à la production, mais qui se révèle pertinent à plus d’un titre.

Tyrion Lannister (Peter Dinklage)

La Bataille de la Nera, à la fin du tome deux était en ce sens attendue au tournant. Pour ce faire, les producteurs ont embauché Neil Marshall, un cinéaste bien connu des amateurs de cinéma de genre, pour avoir réalisé The Descent, Centurion ou encore Doomsday. Intitulé Blackwater, l’épisode 9 de la saison 2 est à lui seul un chef-d’œuvre. Chef-d’œuvre de narration qui recueille les ressentis d’un large panel de protagonistes, alors que dehors la guerre fait rage, mais qui envoie aussi du lourd en offrant probablement la séquence la plus spectaculaire de la série à ce jour. Ceux qui craignaient que le format série ne débouche que sur une illustration un peu pauvre de ce passage clé du bouquin peuvent se rassurer. La fidélité est bien là, même si, comme souvent, le scénario s’écarte à quelques reprises, mais toujours pour de bonnes raisons. Et forcement avec un type comme Marshall à la réalisation, la lisibilité est au rendez-vous. Le bourrin britannique s’amuse et effectue un travail respectueux au possible, lyrique et sanglant. Non, décidément, l’épisode 9 de la saison 2 de Game of Thrones restera dans les annales de la série (et de la télévision tant qu’on y est).

Bran Stark (Isaac Hempstead-Wright) et Hodor (Kristian Nairn)

Au rayon des nouveautés, cette saison 2 accueille son lot de nouveaux personnages. Que ce soit Melissandre, incarnée par l’incandescente Carice Van Houten (Black Book), l’inquiétant Jaqen H’ghar, l’impressionnante femme chevalier portée par un honneur infaillible, Brienne de Torth, Le fidèle Davos Mervault, bras droit de Stannis Baratheon, ou encore la sauvageonne Ygritte. Ils sont tous là et l’intrigue qui les voit évoluer reste ainsi très respectueuse des écrits de Martin. À l’instar des meilleures adaptations (et des meilleures reprises car ça marche aussi en musique), Game of Thrones sait suivre ses propres pistes narratives, mais retombe toujours sur ses pattes. Normal quand on sait que le patron veille au grain et met la main à la patte, scénarisant un épisode par saison. Pour celle-ci, il a choisi de s’associer à Neil Marshall et a écrit l’épisode 9 dont nous parlions plus haut. Normal que le résultat soit alors si impressionnant.

Melissandre (Carice Van Houten) et Stannis Baratheon (Stephen Dillane)

À l’écran, Game of Thrones ne perd pas de sa superbe. Les personnages gardent leurs caractéristiques propres, les enjeux restent globalement les mêmes et les surprises sont au rendez-vous. Même le générique (superbe) évolue au fil des épisodes ! Et on ne parle pas de la musique, excellente et inspirée. Il est important de mettre en exergue la narration du show qui arrive au sein d’une même saison à mêler de façon homogène les différents récits. Et ce n’était pas chose gagnée, quand on observe le découpage des livres où chaque chapitre adopte le point de vue d’un personnage unique. La série elle aussi, voit ses épisodes se décomposer en plusieurs scènettes. On passe de Port-Réal, la capitale de Westeros, aux territoires sauvages au-delà du Mur, puis on revient dans le désert rouge avec Daenerys, sans perdre le fil de l’une des histoires. Peut-être est-ce car toutes partagent plusieurs éléments clairs et précis, mais c’est certainement aussi car les types qui s’affairent pour faire de la série la meilleure adaptation possible ont réussi un véritable tour de force narratif. Dans Game of Thrones, les répliques cinglantes tranchent autant que les lames des épées. La plume de Martin est Shakespearienne et la série rend hommage à cette virtuosité.

Daenerys Targaryen (Emila Clarke)

On peut parfois entendre des voix s’élever contre le manque d’action de certains épisodes. C’est dommage car n’attendre du show que des batailles saignantes équivaut à passer à côté de l’essentiel. Et c’est avant tout parce que Game Of Thrones repose sur des scripts malins, tendus, cohérents et vivants, qu’elle est aussi addictive.

Finalement, ce deuxième lever de rideau n’apporte que jubilation et allégresse (petite exception : le choix de Gemma Whelan pour incarner la sœur de Theon Greyjoy, Yara -qui change de nom au passage- qui est vraiment trop brute de décoffrage et physiquement ultra éloignée de son modèle de papier).

La tension n’en finit plus de monter et la propension de l’intrigue à ne jamais perdre le fil, malgré des ramifications qui n’en finissent plus, de conférer à la globalité de l’œuvre une tenue et une classe exceptionnelle. Game of Thrones ne lâche rien. Ni du côté des parties fines, pas ébranlées pour deux sous par les vives critiques des lignes de vertu, ni du côté des champs de bataille, comme toujours généreux en éventrations et autres explosions de tronches bien gores. Les dialogues claquent dans la bouche d’interprètes investis, de Peter Dinklage, au centre des préoccupations , une nouvelle fois parfait en Tyrion, à Lena Headey, en perfide reine mère, en passant par le magnétique Charles Dance (vu en borgne dans Last Action Hero – ici Tywin Lannister), par la troublante Emilia Clarke (la Khalessi), sans oublier l’étonnante et précoce Maisie Williams (Arya Stark).

Aya Stark (Maisie Williams)

 

Ygritte (Rose Leslie)

Benioff et Weiss remportent une nouvelle victoire et placent la barre toujours plus haut alors que débute le tournage de la saison 3. Et vu le final que nous offre cette saison 2, l’attente risque de paraître interminable. À vrai dire, c’est déjà le cas…

@ Gilles Rolland

Crédits photos : HBO

Par Gilles Rolland le 9 juin 2012

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Antoine
Antoine
9 années il y a

Cette série est tout simplement un chef-d’œuvre !
D’habitude, je ne suis pas fan (du tout) du héroic-fantasy… (Disons que je me complais dans les choses “rationnelles” – c’est d’ailleurs pourquoi je préfère Batman et Green Arrow à tous les autres mais ce n’est pas le sujet du jour). Toutefois ici l’auteur (et les réalisateurs) ont réussi à amener la chose avec brio. Tout s’emboite, rien ne fait vraiment “too much”.
Comme tu le dis Gilles, on peut parfois regretter le manque d’action mais certains épisodes rattrapent les autres etc.

Ma seule déception c’est d’avoir à attendre un an pour voir la suite 🙂

Bonus : pour les fans un peu tendancieux qui ne reprochant pas tant que ça à la série de tourner au film érotique parfois : http://9gag.com/gag/3974336

hippocampestudio
Administrateur
9 années il y a
Reply to  Antoine

Excellent le lien !
Pour la part, je ne suis pas un grand fan d’heroic fantasy ou plutôt disons que je suis très sélectif. J’apprécie le mélange de Game of Thrones qui garde toujours une large part de réalisme.
Concernant le manque d’action, je voulais surtout faire référence aux rares critiques envers la série, car pour ma part, ça ne me dérange pas. Dans GOT, les joutes verbales sont comme des combats à l’épée.

Comme tu dis, l’attente va être longue !!!

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