[Critique série] RICK ET MORTY – Saison 2

SÉRIES | 14 novembre 2016 | 1 commentaire
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Titre original : Rick and Morty

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Créateurs : Justin Roiland, Dan Harmon
Réalisateurs : Wes Archer, Pete Michels, Dominic Polcino, Bryan Newton, Juan Rose Mesa-Leon.
Distribution voix (en V.O.) : Justin Roiland, Sarah Chalke, Chris Parnell, Spencer Grammer…
Genre : Animation/Comédie/Science-Fiction
Nombre de d’épisodes : 10
Diffusion en France : Netflix/France 4

Le Pitch :
Rick et Morty reviennent pour de nouvelles aventures aux confins de l’univers. Cette fois-ci souvent accompagnés de Summer, la grande sœur de Morty, ces voyageurs de l’impossible mènent aussi la vie dure à Beth et Jerry Smith, les parents, qui doivent parfois composer avec les conséquences des actes irréfléchis de Rick. Fracture de la réalité, invasion d’un parasite, participation à un télé-crochet intergalactique ou encore virée sur une planète qui pratique la purge annuelle, les deux héros ont fort à faire…

La Critique de la saison 2 de Rick et Morty :

Difficile de revenir pour tenter de faire mieux (sinon au moins aussi bien) après une première saison aussi réussie que celle de Rick et Morty. Une série portée par deux gars complètement à la masse, à savoir Justin Roiland et Dan Harmon, qui ont réussi à soigner le fond et à la forme en proposant un univers non seulement foisonnant sur un plan purement visuel mais aussi caractérisé par une verve délirante à la fois référentielle et furieusement originale. Alors cette saison 2 ?

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Rick et Morty… et Summer

Cette nouvelle salve d’épisodes (10 contre 11 pour la première) marque l’arrivée dans le duo de Summer, la grande sœur de Morty, jusqu’ici cantonnée au second plan. Une idée qui permet de relancer un peu la dynamique, même si au fond, celle-ci n’en avait pas vraiment besoin. Les parents, Beth et Jerry, gagnent eux aussi d’ailleurs en importance. Et ce dès le premier épisode, où tous les membres de la famille prennent part à la progression du récit. La série adopte ainsi en quelque sorte une démarche similaire à celle des Simpsons, qui ont rapidement compris que tous les personnages principaux avaient quelque chose à apporter (même si il est peu probable que ce ne soit pas Rick qui reste devant dans le cas présent tant celui-ci se pose comme le meneur naturel de l’histoire). Ce qui lui permet in fine d’explorer d’autres thématiques et d’étoffer un peu plus son discours.

Vers l’infini et au-delà… bien au-delà

La force du show réside toujours dans sa propension à nous offrir un spectacle absolument incroyable. Encore une fois Justin Roiland et Dan Harmon ont redoublé d’efforts. Personne ici ne se repose sur ses lauriers. Que ce soit quand Summer et Morty déconstruisent la réalité ou quand Rick et Morty participent à un télé-crochet intergalactique, tous les épisodes imposent une inventivité et une originalité sans bornes. Que ce soit au niveau des idées ou de la façon dont les showrunners ont des les mettre en pratique, la série reste très spectaculaire. On se demande alors régulièrement de quels esprits (positivement) timbrés ont pu sortir de tels concepts. Ils inventent des mondes, des personnages incroyables et même un vocabulaire à part entière. L’épisode 4 de la saison 2 se pose par exemple comme une parfaite illustration de la capacité de la série à ne cesser de nous étonner. Un épisode qui profite de la propagation d’un parasite capable de se multiplier pour nous gratifier d’un bestiaire monumental en forme de démonstration de force. Car si le design de la famille vedette est somme toute simple, c’est loin d’être le cas de celui des mondes qu’elle explore ou de certaines créatures qu’elle croise. Le tout sans forcément jouer sur la répétition.
C’est d’ailleurs aussi à ce moment à que Mister Poopybutthole (littéralement Monsieur Anus Merdeux) fait son entrée, lui qui rue dans les brancards, évoquant les meilleures heures de South Park avec une vulgarité apparente qui cache en fait un vrai talent d’écriture. Avec un humour référentiel mais pas seulement, puisque toujours très original et ô combien audacieux, Rick et Morty repousse toujours ses propres limites. À noter la satire permanente, du monde du spectacle, de la politique, ou de tous les travers de la société moderne à laquelle le récit tend un miroir pour la tourner en dérision et souligner des points bien précis qui lui permettent de s’ancrer dans son époque.

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Un petit manque de constance

Le premier épisode de cette nouvelle saison a en effet un peu de mal à démarrer. Loin d’être mauvais -il faut dire que l’excellence du premier acte nous a rendu un peu difficiles- il manque de ces fulgurances si régulièrement assénées auparavant. Pas de quoi tourner le dos au show loin de là, même si cette entrée en matière un peu tiède a tendance à caractériser une saison plus irrégulière. Sur les 10 épisodes, deux ou trois ne s’avèrent pas aussi passionnants et/ou drôles que prévu, même si les autres rattrapent largement le tout pour au final imposer ce deuxième acte comme une franche réussite. Mais voilà, si il fallait absolument souligner quelque chose d’un peu décevant, ce serait ça : après une saison quasi-parfaite, Rick et Morty a parfois du mal à maintenir le cap.
Pour autant, la conclusion, brillante, augure le meilleur pour la suite et même si quelques petites idées tombent un peu à plat, une seule envie nous taraude quand vient le moment de dire au revoir aux héros : reprendre depuis le début pour capter ce qui a pu nous échapper.

En Bref…
La saison 2 de Rick et Morty est bien sûr remarquable. Quelques épisodes sont juste un peu en dessous. Surtout au niveau de l’écriture. Mais au fond, c’est peut-être simplement parce le génie de tous les autres met involontairement en exergue ces moments moins efficaces. Car Rick et Morty renouvelle son contrat de générosité et d’excellence. C’est visuellement virevoltant, coloré, trash, pertinent, hilarant et bourré de clins d’œil. Savoureux !

@ Gilles Rolland

rick-et-morty-saison-2  Crédits photos : Adult Swim

Par Gilles Rolland le 14 novembre 2016

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[…] de la première et que la constance dont elle fait preuve et qui faisait un peu défaut à la deuxième, lui permet de ne laisser aucune chance à l’ennui, au doute ou plus globalement à tout ce […]