[Critique série] THE STRAIN – Saison 2

SÉRIES | 3 novembre 2015 | 4 commentaires
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Titre original : The Strain

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Créateurs : Guillermo del Toro, Chuck Hogan
Réalisateurs : Guillermo del Toro, Gregory Hoblit, TJ Scott, Guy Ferland, J. Miles Dale, Howard Deutch, Kevin Dowling, Phil Abraham, Vincenzo Natali.
Distribution : Corey Stoll, David Bradley, Mia Maestro, Kevin Durand, Jonathan Hyde, Richard Sammel, Sean Astin, Natalie Brown, Lizzie Brocheré…
Genre : Horreur/Épouvante/Adaptation
Diffusion en France : Canal + Series
Nombre d’épisodes : 13

Le Pitch :
Encore choqués après leur affrontement avec le Maître, Ephraim Goodweather, Nora Martinez, Abraham Setrakian et Vasily Fet cherchent une nouvelle façon d’endiguer l’épidémie qui ne cesse de progresser dans les rues de New York, transformant peu à peu la population en vampires. Alors qu’Eph et Nora veulent mettre au point un virus visant à exterminer les strigoï, Abraham et Vasily se mettent en quête d’un ouvrage extrêmement rare, qui pourrait bien contenir des informations cruciales quant aux points faibles de l’ennemi. De son côté, le Maître se remet de ses blessures, toujours accompagné par le fidèle Thomas Eichhorst, alors que le conseil des anciens vampires cherche lui aussi à annihiler celui qui s’est rebellé contre l’ordre ancestral…

La Critique :
Quand on parle d’adaptation, le risque de vouloir s’éloigner du livre pour proposer au spectateur quelque chose d’inédit, est de faire fausse route. The Walking Dead est en cela l’un des meilleurs et plus récents exemples, en cela qu’il s’inspire d’un comic book finalement beaucoup plus cohérent et rythmé que la série. Avec ce second acte, The Strain tente lui aussi de prendre ses distances avec la série de romans sur laquelle il s’appuie. Le truc qui fait la différence, c’est que Guillermo del Toro et Chuck Hogan, les auteurs des livres en question, sont aussi aux commandes du show, et que leurs choix conservent une légitimité et une pertinence, au vue du matériau de base, sans pour autant totalement s’y reposer dessus. Il faut également prendre en compte la possibilité de voir la série continuer au-delà de trois saisons, contrairement aux romans, qui sont au nombre de trois. Alors forcément, ceux qui ont lu le tome 2, intitulé La Chute, trouveront peut-être que l’intrigue prend son temps. Tout spécialement quand elle semble retarder l’arrivée de certains personnages, mais aussi la progression de l’épidémie.
Cela dit, la saison 2 de The Strain parvient à captiver sur la longueur. Après la mise en place des nouveaux enjeux secondaires, venant nourrir les principaux (la recherche d’un vaccin et la quête du livre), le récit se cale sur une rythmique confortable, en prenant soin de placer ici ou là quelques points d’orgue lui permettant de relancer l’intérêt quand celui-ci pourrait s’amenuiser. Néanmoins, si on fait exception de quelques scènes, peut-être inutilement allongées, il faut saluer le soin apporté à l’écriture d’un scénario véritablement dynamique.

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L’un des points forts de cette série est sa propension à proposer plusieurs arcs narratifs intéressants, qui se nourrissent les uns les autres. Que l’on parle de celui d’Eph et de Mia, de celui d’Angel, l’un des « petits » nouveaux les plus intéressants, ou encore de celui de Fet et de Setrakian, cette deuxième saison va plus loin que la précédente, dans une démarche logique, dénotant de quelques petites prises de risque appréciables. Une remarque d’autant plus valable concernant les « méchants », qui sont aussi un petit peu plus creusés, à l’image d’Eldritch Palmer, le personnage campé par Jonathan Hyde, qui gagne en humanité et donc in fine, en ambiguïté. Les showrunners ont même profité de la mue du fameux Maître pour lui conférer une identité visuelle moins sujette à moquerie et beaucoup plus sobre, ce qui, au final, n’est pas plus mal.
L’impression d’avoir justement voulu corriger les défauts de la première saison, soulignés par les fans, est présente. Guillermo del Toro (qui signe d’ailleurs le prologue du premier épisode et le petit film tournant autour d’Angel) et Chuck Hogan ont conservé les bons points et gommé en partie les petites imperfections. Pas au point d’adoucir ceux qui ne goûtent pas à l’identité de la série dès ses débuts, mais suffisamment pour combler les fans un petit peu plus.
Toujours très gore, The Strain repose également une nouvelle fois sur le cahier des charges imposé par del Toro. À la barre, on retrouve d’ailleurs quelques réalisateurs bien connus des cinéphiles, dont Gregory Hoblit (Peur Primale, Le Témoin du Mal) et surtout Vincenzo Natali (Cube), qui contribuent à faire du show l’un des plus graphiquement stimulants du moment.
L’ambiance est donc bien là. Bien glauque par moment, poisseuse, et jamais vraiment joyeuse. The Strain ne s’égare toujours pas dans l’humour hors-sujet et trace sa route. Les acteurs « historiques », emmenés par le quatuor de tête composé de Corey Stoll, Mia Maestro, David Bradley et Kevin Durand, continuent de porter la série, tout comme l’intense Richard Sammel, décidément parfait dans la peau de ce gradé Nazi au service du maître des vampires. Seule vraie faute de goût du casting ? Le changement d’acteur pour Zach, le jeune garçon d’Ephraim Goodweather. Autant le premier était à peu près convainquant, autant celui-là surjoue en permanence et n’arrive non seulement pas à traduire de manière réellement convaincante des émotions fortes, mais s’avère très irritant sur la longueur, avec son petit air suffisant absolument hors sujet.

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À l’instar des bouquins, The Strain ne révolutionne pas le genre auquel elle s’attache. Là n’est pas le propos même si certains choix plutôt ambitieux (esthétiques notamment, en particulier concernant le look des vampires) pèsent dans la balance. Le principal est dans l’efficacité et dans la capacité de divertir sans ennuyer. Sans concession, n’hésitant pas à proposer un spectacle très sombre et désenchanté et arrivant même parfois à renouer avec la verve des cadors de l’épouvante, la série continue à faire honneur à son concept, sans se mordre la queue. Cette saison 2 s’avère ainsi globalement passionnante. Et si certains trouveront toujours à redire au sujet du manque d’implication de del Toro, il semble pourtant évident que ce dernier a réussi à rendre son empreinte suffisamment lisible pour faire de sa série l’une des meilleures de sa catégorie. Les vampires n’ayant pas toujours eu la vie facile au cinéma ou à la télévision ces dernières années, il est plaisant de voir qu’une série est parvenue à les faire revivre, avec respect des codes ancestraux, tout en proposant une mise à jour puissante et éloquente de leur mythe.

À noter le superbe générique de l’épisode 9, créé spécialement par le talentueux Rémy Gente.

@ Gilles Rolland

THE-STRAIN-Season-2-MiaMaestroCrédits photos : FX/Canal +

 

Par Gilles Rolland le 3 novembre 2015

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Karl Libus
Karl Libus
5 années il y a

Une très bonne série!!!

Marc
Marc
5 années il y a

Votre critique m’a encourage’ a commencer The Strain. Tres belle serie :).

Avez vous entende parler de Power ? Qu’en pensez vous ?

Carl
Carl
5 années il y a

très bonne critique. Pour ma part, cette saison ma déçu, et ce pour la plupart des faiblesses que tu as cité.