[Critique série] THE WALKING DEAD – Saison 2

SÉRIES | 15 juin 2012 | 2 commentaires

Titre original : The Walking Dead

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Crééé par : Frank Darabont et Robert Kirkman
Réalisateurs : Gwyneth Horder-Payton, Ernest Dickerson, Phil Abraham, Billy Gierhart, Guy Ferland, David Boyd, Michelle MacLaren, Clark Johnson, Greg Nicotero
Distribution : Andrew Lincoln, Jon Bernthal, , Sarah Wayne Callies, Laurie Holden, Jeffrey DeMunn, Steven Yeun, Norman Reedus, Chandler Riggs, Melissa McBride, IronE Singleton, Madison Lintz, Scott Wilson, Lauren Cohan, Pruitt Taylor Vince, Jane McNeill, Michael Zegen, Emily Kinney, James McCune, Michael Rooker, Adam Minarovich…
Genre : Horreur/Gore/Drame/Adaptation
Diffusion France : Orange Cine Choc
Nombre d’épisodes : 13

Le Pitch :
La Terre, ravagée par une épidémie qui ramène les morts à la vie, n’est plus que désolation . Le groupe de survivants, mené par le policier Rick Grimes tente de rallier un camp de réfugiés, mais se retrouve rapidement bloqué sur une autoroute envahie par les zombies. Dans la panique, la petite Sophia s’enfuit. Les recherches s’organisent, entrainant la séparation du groupe…

La Critique :
C’est sous de bien mauvais hospices que la saison 2 de la série événement The Walking Dead fut diffusée aux États-Unis. Frank Darabont, le responsable de l’adaptation, réalisateur de La Ligne Verte, des Évadés ou encore de The Mist, avait en effet annoncé son départ en plein milieu du tournage de la saison. Une nouvelle abrupte due à de sérieuses divergences de point de vue entre la chaine AMC (qui diffuse le show) et le cinéaste qui a légitiment donné des sueurs froides à tous les fans. Une déclaration qui finissait de plomber une saison qui s’était vue amputée d’une partie non négligeable de son budget, et ce malgré les excellents scores d’audience. Comment rebondir ? Comment offrir une suite digne de la saison 1, qui avait introduit avec brio et jusqu’au-boutisme l’univers du comics à succès de Robert Kirkman et Charlie Adlard (qui avait rapidement remplacé au crayon le génial Tony Moore) ? Comment rester fidèle à un esprit découlant de la patte indéniable de Darabont et de celle du duo des créateurs ? Car on marche ici sur des œufs !

Dans son premier acte, The Walking Dead avait réussi à rendre évidentes ses références (Romero et compagnie), mais avait également exploré des pistes narratives passionnantes qui se distinguaient à travers la psychologie de personnages travaillés. La direction prise par le show pour la saison 2 peut alors surprendre…

Les héros de The Walking Dead expérimentent la vie à la ferme

L’acte 2 de The Walking Dead déçoit donc quelque-peu. Non pas que la série tombe dans la médiocrité (elle en est encore loin), mais il est plutôt évident que les évènements malencontreux qui ont tour à tour touché la fabrication de cette dernière, lui ont mis un peu de plomb dans l’aile. Progression plus lente, apparitions éparses de zombies, discussions interminables autour de sujets pas forcement passionnants et sédentarité de l’intrigue, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambition semble avoir été revue à la baisse. C’est Darabont qui doit bien se marrer.

Un rythme assez lent qui peine à tenir les grandes promesses de la saison 1 mais également celles de l’extraordinaire premier épisode. Car cette saison 2 commence extrêmement fort. De quoi laisser penser que les épisodes qui vont suivre vont envoyer du bois, avec classe et éclaboussures généreuses. Un premier épisode qui voit nos protagonistes se retrouver pris au piège sur une autoroute, parmi les épaves abandonnées de voitures, en proie à de nombreux bouffeurs de cervelles faméliques. À lui seul, cet épisode, intitulé Ce qui nous attend, place la barre très haut et se positionne d’emblée parmi les grandes réussites du genre. Un épisode qui restera dans les annales de la télévision, mais qui hélas, ne symbolise pas la saison qu’il annonce. La tension est plus palpable que jamais, les effets-spéciaux, tous très soignés et les ressorts tout sauf rouillés. Mais dans l’ombre, la rouille attend son heure et frappe de plein fouet la série alors qu’elle se retrouve bloquée dans une impasse.

La phénomène se produit dès que la joyeuse troupe atteint la ferme du dénommé Hershel (protagoniste vecteur de quasiment tous les nouveaux personnages de la saison). Un fermier qui, accompagné de sa famille, tente de préserver un havre de paix, loin de l’agitation et des zombies des agglomérations. Dès lors, le récit se pose. Rick, sa femme, son fils, Dale et les autres montent les tentes et essaient de reprendre leur souffle.

La valse peut alors commencer : Rick tente d’assoir sa position de leader, tandis que son meilleur ami Shane (qui s’est tapé la femme de Rick) semble perdre les pédales et se montre de plus en plus agressif. Dale a des doutes, Andrea aussi, Lori cache un truc, Daryl devient le protecteur, Sophia reste introuvable, le fils de Rick veut tuer du zombie, Hershel a lui aussi des doutes, Glenn emballe sévère mais doute un peu quand même et les zombies évitent la plupart du temps ce microcosme en proie aux plus grandes des interrogations existentielles.

C’est précisément là où l’une des grandes qualités du show -à savoir la faculté d’explorer la psyché de ses personnages- contribue à le plomber. En diminuant la fréquence des affrontements et autres scènes de matraquage de zombies épiques, The Walking Dead devient trop théâtral, trop passif.

Shane (Jon Bernthal) fait face à l'affluence dans les transports en commun

On apprécie donc les séquences où l’action reprend le dessus, comme celle qui voit Shane aller chercher des médicaments dans la ville la plus proche en compagnie du gentil Otis, ou encore celle qui sert de bouquet final, pour le coup très réussie sur tous les plans.

Mais le mal est fait. Le ver est dans la pomme. Les personnages énervent un peu, en particulier ceux qui constituent ce triangle amoureux un peu lourdingue, Rick-Lori-Shane.

Diffusée en deux parties aux États-Unis, la saison 2 de The Walking Dead a donc peiné à retrouver ses marques. Les enjeux inhérents à la troisième saison n’en sont que décuplés et ce n’est pas la photo de David Morrissey, embauché pour tenir le rôle du Gouverneur, ce salaud intégral, qui rassure. Seule Michonne, qui fera son apparition dans la troisième saison elle-aussi tend à apaiser les craintes. Pour le coup, son allure et son attitude semblent être calquées sur son modèle de papier. Un bon point pour le show qui n’a eu de cesse de prendre ses distances avec les écrits de Robert Kirkman, qui est pourtant censé veiller au grain. Contrairement à Game of Thrones qui elle aussi prend des chemins détournés par rapport aux livres, The Walking Dead s’amuse à surprendre mais fait presque systématiquement des choix peu judicieux. Et le pire, c’est qu’on s’aperçoit vite que l’intrigue retombe à peu près sur ses pattes (toujours par rapport aux livres), comme si les scénaristes n’avaient tourné en rond que pour s’offrir un sursis vers des dénouements inévitables. C’est maladroit et bancal et forcement la qualité s’en ressent.

Pourtant, il est difficile d’être trop dur envers cette deuxième saison. The Walking Dead conserve un prestige certes relatif, mais un prestige quand même. Visuellement, c’est toujours très bon. Effets-spéciaux numériques et old school se partagent le steak et Greg Nicotero, le fameux maquilleur et créateur d’effets-spéciaux, injecte tout son savoir-faire à l’entreprise. Il réalise d’ailleurs un épisode clé de cette saison. De plus, même si le trait est appuyé, les personnages restent solides. Pas de sensationnalisme facile, mais plutôt une approche sensitive appréciable. On vibre souvent, on s’attache et on pardonne les erreurs de parcours qui émaillent ces 13 épisodes. Une indulgence inhérente également à la faculté de surprendre, quand on pense que la série va sombrer dans une monotonie qui tôt ou tard deviendra la norme. Parfois, ça prend du temps, mais généralement, les surprises sont de taille.

The Walking Dead trébuche mais se relève, avec en apparence une belle motivation. Le matériel de base -les comics- sont là et peuvent donner lieu à quelques scènes d’anthologie pas piquées des vers. Reste à ne plus se planter. Darabont manque à l’appel et son absence se fait cruellement sentir. Alors oui, la saison 3 sera en cela décisive….

Rick Grimes (Andrew Lincoln), Carl Grimes (Chandler Riggs) et Lori Grimes (Sarah Wayne Callies)

@ Gilles Rolland

 

Par Gilles Rolland le 15 juin 2012

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