[Critique] AMERICAN TRIP

STARVIDEOCLUB | 6 février 2012 | Aucun commentaire

Titre original : Get Him to the Greek

Rating: ★★★★★
Origine : États-Unis
Réalisateur : Nicholas Stoller
Distribution : Russell Brand, Jonah Hill, Sean Combs, Rose Byrne, Elisabeth Moss, Colm Meaney…
Genre : Comédie
Date de sortie : 1er septembre 2010

Le Pitch :
Aaron, jeune stagiaire d’une grande maison de disques, se voit confié une mission des plus périlleuses : aller à Londres pour ramener à Los Angeles le légendaire Aldous Snow, rockeur excentrique et borderline, qui doit se produire au Greek Theater dans le cadre d’un concert événement. Idole absolue d’Aaron, Aldous Snow est totalement incontrôlable et transforme dès le départ ce qui s’annonçait comme une simple formalité en une succession de péripéties incroyables…

La Critique :
American Trip est, par bien des aspects, un film remarquable. Non seulement pour sa drôlerie flagrante, mais aussi pour sa faculté à dépeindre les dessous de l’industrie musicale. Le tout enveloppé d’un écrin rock and roll du plus bel effet, entre chronique du scandale et malaise inhérent à la célébrité.
American Trip porte ainsi le sceau de Judd Apatow (ici producteur). Une patte reconnaissable via une intrigue qui joue sur plusieurs niveaux, entre comédie potache et réflexion plus intime.
Spin-of (comprendre dérivé de) de Sans Sarah rien ne va !, du même Nicholas Stoller, American Trip s’interesse à Aldous Snow, le rockeur extravagant du précédent film (qui sortait alors avec Kristen Bell). Une personnalité tout droit sortie de l’imagination de Jason Segel (le Marshall de How I met your Mother) qui prend ici son envol pour bouffer l’écran à la moindre de ses apparitions. Russell Brand s’impose alors comme l’interprète parfait. Son personnage Aldous Snow, cristallise dans ses frasques 50 ans de rock and roll attitude, entre beuveries, orgies et scandales en tous genres. Le charisme de Brand rend justice à ce portrait « bigger than life », et joue sur plusieurs tableaux. En n’omettant pas d’injecter une large dose d’émotion à son personnage et via ses performances vocales et scéniques. Sur ce dernier point, Brand est plus qu’un simple acteur qui joue les rock stars. Il est LA rock star. Quelque part entre la mégalomanie androgyne d’un Mick Jagger, le mysticisme d’un Jim Morrison et le charisme flamboyant d’un Robert Plant, Aldous Snow casse la baraque. Le tableau est complet. Les chansons sont fantastiques (The Clap en particulier) et les clins d’œil aux vraies figures du genre aussi fins que judicieux. Impossible de ne pas saluer le travail réalisé en amont. Rien n’a été laissé de côté dans ce long-métrage qui comblera les amateurs de rock outrageux.

American Trip se place donc dans la droite lignée des Wayne’s World, Airheads et autres This is Spinal Tap. Le film respecte son sujet de fond et réussit à extirper la moelle sous-jacente d’une intrigue qui, sous d’autres mains, aurait pu déboucher sur un ramassis de clichés éculés.
C’est grâce à Nicholas Stoller, réalisateur inspiré mais aussi au casting. On ne saluera jamais assez la performance de Russell Brand, qui comme mentionné plus haut, vampirise la pellicule, mais il serait injuste de ne pas souligner celles de ses partenaires. Jonah Hill en tête, qui arrive à exister face au monstre Brand. Son rôle, très bien écrit, est le vecteur des émotions authentiques qui se cachent sous le vernis des beuveries. Il entraine la réflexion et permet au film de trouver une conclusion, certes plus posée mais ô combien authentique. Hill et Brand incarnent deux amis en devenir au cœur d’une œuvre, qui finalement, traite en large partie de l’amitié. Une constante dans les films produits par Judd Apatow, qui comportent tous plusieurs niveaux de lecture.
Rose Byrne est également parfaite en pop star trash et opportuniste. L’actrice s’investit à 100% dans la cause et campe un personnage spectaculaire aux antipodes de son rôle dans la série Damages.
Sean Combs (alias Puff Daddy) étonne aussi plus qu’à son tour. À proprement parler parfait dans le rôle d’un magnat de l’industrie musicale, Combs est complètement à sa place, en phase totale avec la tonalité générale. C’est d’ailleurs le cas de tous les intervenants, qui, pour la plupart, jouent leur propre rôle, avec une mention spéciale pour Lars Ulrich de Metallica que l’on ne croyait pas capable de tant de second degré.

Remarquablement écrit (attention, festival de répliques mémorables), joué à la perfection, fin et incroyablement drôle, American Trip est l’un de ces films appelés à devenir culte. C’est d’ailleurs déjà le cas dans les milieux autorisés. De quoi rattraper l’affront d’une sortie en salles trop discrète et d’un dédain des critiques pour le moins incompréhensible. Alors American Trip délire d’initié ? Peut-être bien et c’est aussi pour cela qu’on l’aime tant.

@ Gilles Rolland

 

Crédits photos : Universal

Par Gilles Rolland le 6 février 2012

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