[Critique] GHOSTS OF MARS

STARVIDEOCLUB | 19 février 2013 | Aucun commentaire

Titre original : Ghosts of Mars

Rating: ★★★☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : John Carpenter
Distribution : Natasha Henstridge, Jason Statham, Ice Cube, Pam Grier, Clea DuVall, Richard Cetrone, Joanna Cassidy, Wanda De Jesus, Robert Carradine, Doug McGrath…
Genre : Action/Science-Fiction/Horreur/Aventure
Date de sortie : 21 novembre 2001

Le Pitch :
2176 : les humains ont colonisé la planète Mars, sur laquelle une communauté minière de 640 000 personnes tente de vivre dans des conditions hostiles.
Le Lieutenant Melanie Ballard et son équipe reçoivent l’ordre de transférer James « Desolation » Williams, un prisonnier réputé pour son caractère violent, de la cellule où il croupit, à la cour de justice. Une fois sur place, ils découvrent une ville abandonnée, où seuls quelques détenus enfermés dans leur cellule subsistent, parmi les cadavres mutilés. Rapidement, Melanie et les siens sont confrontés à une horde sauvage de guerriers, semble-t-il possédés par un esprit ancestral malfaisant…

La Critique :
Trois ans après son très réussi thriller aux dents longues, Vampires, John Carpenter débarquait avec Ghosts of Mars, un film d’action horrifique en forme de best-of d’un cinéma jusqu’au-boutiste. Un film somme qui porte en lui beaucoup des thématiques et des gimmicks chers à Big John, mais qui n’arrive jamais vraiment à se hisser au niveau des grands classiques de ce dernier. Et pourtant, ce n’est pas la faute d’avoir essayé.

À sa sortie, en 2001, Ghosts of Mars apparaît déjà daté. Né vieux, le film de Carpenter ravit néanmoins une certaine fange de fans qui apprécie le côté vintage du long-métrage et sa propension à rameuter les obsessions filmiques de son réalisateur. Les autres sont par contre déçus par le film et dénoncent son côté fauché et bancal. Difficile de donner tort aux deux parties, car il est assez ardu de descendre complètement Ghosts of Mars, sans lui reconnaître des qualités indéniables.
Quelque-part entre Assaut (des flics assiégés), Fog (la masse menaçante et la brume malsaine), The Thing (la possession par le mal venu d’ailleurs), Invasion Los Angeles (le héros badass et clairvoyant) et New York 1997 (le héros badass là encore, rebelle et anti-social au possible), Ghosts of Mars confirme aussi l’attachement de John Carpenter au western. Encore une fois, il maquille le genre sous des apparats propres à la science-fiction, pour livrer son hommage aux grands classiques du genre. Mais beaucoup n’ont vu là qu’un recyclage de ces grands classiques et des propres faits de gloire de Carpenter. Le maestro de l’angoisse ne force pas, un peu à l’image de la rock star qui, sous l’obligation d’un contrat avec sa maison de disque, opte pour un best-of à la place d’un album et agrémente le tout d’un ou deux inédits, histoire de contenter ses fans.

Mais le truc, avec Carpenter, c’est que même quand il se « contente » de faire dans la redite, il le fait bien. Un Carpenter en petite forme vaut quand même beaucoup mieux que beaucoup d’autres réalisateurs en pleine possession de leurs moyens, affirme le dicton. Et c’est exactement ça. Bien bourrin, violent et sombre, Ghosts of Mars envoie suffisamment de trucs dans la tronche, pour que l’on pardonne à son instigateur son manque d’audace. La musique, basée sur de bons gros riffs de gratte heavy bien gras, assure l’ambiance, tandis que l’héroïne burnée et sexy, interprétée par Natasha Henstridge envoie valser les idéaux machistes et réactionnaires d’un bon coup de pompe dans les valseuses. Accro à la came, la belle en pince aussi pour ce bad boy au cœur tendre d’Ice Cube et tout va bien dans un film qui n’a pas peur de rameuter un esprit libertaire et pour le moins punk, à une époque qui en manque salement.

Rien que pour sa faculté à offrir un spectacle old school ,tant au niveau de l’action qu’au niveau des idées, Ghosts of Mars vaut le coup. Il n’est pas très fin, mais on s’en fout, car au fond, ce n’est pas ce qu’on lui demande. Il déboule, ne se préoccupe pas trop de la cohérence, encore moins du réalisme et donne un bon coup de pied dans la fourmilière. De quoi provoquer de bonnes grosses bouffées de nostalgie, quand on revoit le film aujourd’hui, en pensant que The Ward, le dernier Carpenter n’est même pas sorti au cinéma… Les génies sont muselés, mais qu’à cela ne tienne, car leur héritage lui, fait toujours aussi mal. Même dans le cas de ces fantômes de Mars, un peu faiblards mais néanmoins rock and roll et sauvages comme il se doit.

@ Gilles Rolland

ghosts-of-mars-photoCrédits photos : CTV International

Par Gilles Rolland le 19 février 2013

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