[Critique] JANE EYRE (BBC)

STARVIDEOCLUB | 10 septembre 2013 | 1 commentaire
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Titre original : Jane Eyre

Rating: ★★★★★
Origine : Angleterre
Réalisateur : Susanna White
Distribution : Ruth Wilson, Toby Stephens, Georgie Henley, Tara Fitzgerald, Christina Cole…
Genre : Drame/Adaptation
Date de sortie : 24 septembre et 15 octobre 2006 sur la BBC/septembre 2012 en France sur Arte

Le Pitch :
Dès son plus jeune âge, Jane Eyre, une orpheline est placée chez une parente aisée : la tante Reed, où elle vit une enfance malheureuse et subit des maltraitances. Par la suite, sa tante décide de l’envoyer dans le pensionnat de Lowood où elle perd sa première et vraie amie : Helen Burns. À 19 ans, une fois son apprentissage terminé, elle décide de chercher un emploi et trouve un poste de gouvernante dans le domaine de Thornfield Hall, chez un riche propriétaire mystérieux prénommé Edward Fairfax Rochester…

La Critique :
À sa sortie, le roman de Charlotte Brontë a connu un si vif succès, qu’il précipita la parution des romans des deux autres sœurs de la même famille, dont notamment Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë.
Le succès de Jane Eyre, publiée en 1847, a entraîné de nombreuses adaptations cinématographiques, dont la première, sortie en 1910, fut réalisée par Theodore Marston. La dernière version de cette histoire est sortie en 2011 et a été réalisée par Cary Fukunaga (critique ICI).

En tout, il y a eu douze adaptations au cinéma dont une : Vaudou (I Walked with a zombie) est une adaptation libre qui emprunte un bon nombre d’éléments narratifs au livre. Il y a également eu deux adaptations à la télévision, et c’est l’une d’elle qui fait l’objet de cette critique. Il s’agit de la mini-série produite par Diederick Santer et réalisée par Susanna White, qui met en scène Toby Stephens et Ruth Wilson dans les rôles principaux. Cette adaptation est tout bonnement considérée par les admirateurs du roman comme une des meilleures versions portées à l’écran, si ce n’est la meilleure. D’ailleurs, sur le site/ forum, The Inn At Lambton , spécialisé dans la littérature anglaise et plus généralement consacré à la romancière Jane Austen, qui regroupe les férus du genre, cette version a obtenu le plus gros pourcentage de votes. Cette adaptation est aussi certainement l’une des plus fidèles au roman, en tout cas déjà bien plus que la version de 2011, qui est cependant un excellent long-métrage sur bien des points.

Edward Fairfax Rochester est près du personnage littéraire. Brut de décoffrage, malicieux, puis touchant, il joue à merveille et l’amitié très intense entre lui et Jane est bien développée. Le récit qui bénéficie de quatre épisodes permet d’installer une histoire qui prend son temps, et on assiste patiemment à l’évolution de la relation des deux protagonistes. Cette version longue permet de retranscrire l’histoire dans sa majeure partie, avec fidélité et authenticité.

Dans cette mini-série, il y a un réel décalage entre le début et la fin, car en effet, deux mondes se font face. On passe du drame au bonheur, de la gravité à la légèreté, mais aussi de la tristesse à l’humour. Tous les registres y passent, et c’est en cela que cette réalisation est des plus réussies, car elle est profondément complète. La musique est également sublime de bout en bout et s’illustre avec maestria, particulièrement lors des scènes au pensionnat de Lowood. L’uniformisation des enfants dans cet endroit austère ainsi les brimades que subit Jane, représentent les espoirs broyés d’une jeunesse déshéritée. Ces passages poignants viennent d’un vécu personnel de l’auteur. En effet Charlotte Brontë a perdu ses deux sœurs aînées (Charlotte et Maria) de la tuberculose, car les conditions de vie qui régnaient à l’école de Cowan Bridge (dans laquelle elles étudiaient) étaient déplorables.

La prose et ses envolées lyriques caractéristiques de la littérature romantique du XIXème siècle sont respectées. Au delà du thème principal qui est l’histoire d’amour, de nombreux sujets sont traités à commencer par les différences entre classes sociales, l’injustice et la pauvreté. La condition féminine est aussi une constante abordée dans l’œuvre, symbolisée par une Jane Eyre qui finira, malgré ses fardeaux, par prendre sa place grâce à sa force de caractère et son intégrité.

On passe de l’ombre à la lumière dans cette version BBC, avec une mise en scène intelligente où de nombreux thèmes sont exploités : amour, peur, peine et félicité, tout y est ! Edward Rochester passe du rustre séducteur abimé par la vie, à l’homme touchant et aimant. Jane gagne en confiance pour devenir un être puissant qui se débarrasse de ses vieux démons. Il n’y a pas de légèreté ni de lourdeurs excessives dans cette réalisation complète, et le tableau final est magnifiquement beau, optimiste et joyeux.

@ Audrey Cartier

jane-eyre-2006-bbc

Crédits photos : BBC

Par Audrey Cartier le 10 septembre 2013

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paulus
paulus
7 années il y a

mais gilles j ai l impression d avoir déjà vu ce film c est bizare ou je confond