[Critique] KISS KISS BANG BANG

STARVIDEOCLUB | 3 février 2013 | Aucun commentaire

Titre original : Kiss Kiss Bang Bang

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Shane Black
Distribution : Robert Downey Jr., Michelle Monaghan, Val Kilmer, Corbin Bernsen, Deanna Dozier, Dash Mihok, Larry Miller, Rockmond Dunbar, Angela Lindvall…
Genre : Policier/Comédie
Date de sortie : 14 septembre 2005

Le Pitch :
Poursuivi par la police après avoir foiré un cambriolage dans un magasin de jouets, Harry Lockheart tombe par hasard sur un casting pour un film policier. Impressionnée par l’émotion qu’il dégage, l’équipe du film décide d’envoyer Harry à Los Angeles, pour lui faire suivre des cours de détective privé, avec Perry, un célèbre consultant. Une fois sur place, Harry, accompagné de Perry et d’Harmony, une starlette en quête de reconnaissance, se retrouve impliqué dans une affaire de meurtre des plus tortueuses…




La Critique :
Le style Shane Black a profondément métamorphosé la dynamique du buddy movie à Hollywood. En poussant la réflexion un peu plus loin, on peut même affirmer que Black a créé le buddy movie. Dans la forme qui subsiste encore aujourd’hui et qui se retrouve au centre de films comme Men in Black par exemple. Un style qui voit donc deux types que tout oppose, contraints de faire équipe, et amenés à se découvrir de nombreux points communs qu’aucun des deux ne soupçonnait jusqu’alors. Un genre popularisé avec le premier volet de L’Arme Fatale, en 1987. Un film écrit justement par Shane Black, alors qu’il avait tout juste 23 ans. Un scénariste certes probablement inspiré par 48 Heures, mais qui a proposé avec ce premier script, un savant mélange d’action et de comédie, mâtiné de drame et largement assaisonné de répliques qui claquent.
Plus tard, Shane Black a écrit L’Arme Fatale 2 (« Je suis trop vieux pour ces conneries. »), Le Dernier Samaritain Tête ou bide ? »), Last Action Hero (« C’est moi le héros, alors ta gueule ! »), Au revoir à jamais (« On fait un marché. Laisse-moi m’en aller et je te laisse l’usage de tes jambes. ») et Kiss Kiss Bang Bang, sa première réalisation. Des scénarios bétons, où l’absurde côtoie la violence et un humour en forme de parties de ping-pong verbal jubilatoires, qui ont façonné une certaine idée noble du cinéma de divertissement populaire à l’américaine. Un parcours, jalonné de quelques participations en tant qu’acteur à diverses productions (Predator par exemple) qui ont mené Shane Black a être enrôlé par Marvel pour diriger Iron Man 3. Une sacré bonne nouvelle sachant que le gus avait déjà bossé -dans l’ombre- sur le premier -et meilleur- volet. Mais on s’égare…

Revenons à Kiss Kiss Bang Bang. Une comédie policière référentielle humoristique en forme de best-of de tous les scénarios de Black. Un film où le scénariste/réalisateur fait le bilan de ses années hollywoodiennes et en profite au passage pour écorner un poil l’image glamour des coulisses du business du film. Car Kiss Kiss Bang Bang prend pied dans le monde merveilleux du cinéma. Il pénètre les arcanes du milieu et joue sur la fascination qu’il suscite auprès de celles et ceux qui le regardent de l’extérieur. Et c’est très rapidement, quand Harry, le héros, se retrouve à boire du champagne au beau milieu du fête organisée par un ancien acteur, que l’on sait que Kiss Kiss Bang Bang ne sera pas un de ces pamphlet tiédasses soit-disant acerbes sur les coulisses du cinéma. Et là, on pense à Get Shorty, Be Cool (encore pire celui-là) ou encore à Panique à Hollywood, le film un peu vain avec Sean Penn et Robert De Niro. Contrairement à ces autres essais, Kiss Kiss Bang Bang arrive à trouver le juste milieu et ne se perd pas en conjectures à propos des entourloupes courantes entre producteurs et acteurs, pour ne prendre au milieu du cinéma que ce qui pourra pimenter un peu plus l’intrigue policière et éventuellement donner lieu à quelques répliques pas piquées des vers (et référentielles).

Harry, le personnage remarquablement interprété par un Robert Downey Jr. en plein come-back (quelques mois avant le tournage, il tentait encore de faire face à ses addictions et faisait office de tricard à Hollywood), n’est pas acteur, mais tente de se faire passer comme tel. À l’instar de Robert Downey Jr., à l’époque, il n’attire que les regards louches et fait office de parasite, là où tout n’est qu’apparences et faste. Associé à un détective privé gay, formidablement campé par un Val Kilmer en pleine possession de ses moyens, ce personnage s’impose alors comme une sorte de mélange entre le Mel Gibson de L’Arme Fatale et le Bruce Willis du Dernier Samaritain. Le héros « made in Shane Black » ultime. Le mec cool, qui s’en prend plein la gueule, qui cache bien son jeu, qui aime les jolies femmes, la picole et qui n’en a rien à foutre. Un moule dans lequel Downey Jr. se coule avec une aisance particulièrement savoureuse, tandis que l’irrésistible Michelle Monaghan, alors débutante, embrasse avec une jubilation non dissimulée les us et coutumes de la vamp séductrice, un poil volage et pas du tout écervelée. Et quitte à se répéter, Val Kilmer est tout bonnement génial en privé gay bad ass.

Hommage non dissimulé aux polars de l’age d’or d’Hollywood, Kiss Kiss Bang Bang (quel titre fantastiquement cool tout de même) lorgne aussi -et c’est logique- sur les années 80 et ses gimmicks jouissifs propres aux films d’action et autres thrillers fusions. Du pur bonheur qui repose sur un scénario un peu alambiqué, et sur des dialogues au cordeau. Un film qui ne se prend jamais au sérieux, parfois à la lisière de la parodie, toujours entre deux feux, jamais ennuyeux, en forme de déclaration d’amour au septième-art et à ses monstres de foire. Du caviar pour les initiés.

@ Gilles Rolland

still-of-robert-downey-jr.-and-michelle-monaghan-in-kiss-kiss-bang-bang-large-pictureCrédits photos : Warner Bors. France

Par Gilles Rolland le 3 février 2013

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