[Critique] LES AILES DE L’ENFER

STARVIDEOCLUB | 3 mars 2020 | Aucun commentaire
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Titre original : Con Air

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Simon West

Distribution : Nicolas Cage, John Malkovich, John Cusack, Steve Buscemi, Rachel Ticotin, Danny Trejo, Monica Potter, Colm Meaney, Ving Rhames, Dave Chappelle…

Genre : Action

Durée : 1h50

Date de sortie : 20 août 1997

Le Pitch :

Condamné à une lourde peine de prison après avoir accidentellement tué un homme en état de légitime défense, Cameron Poe se prépare enfin à sortir pour retrouver sa famille. Placé dans un avion chargé de convoyer les détenus les plus dangereux des États-Unis, il va néanmoins vite se retrouver au milieu d’une mutinerie…

La Critique des Ailes de l’enfer :

Première production en solo de Jerry Bruckheimer après la disparition de son associé Don Simpson, Les Ailes de l’enfer fait suite au succès de Rock, un autre film financé par Bruckheimer et réalisé par Michael Bay, qui avait d’un coup d’un seul brutalement transformé Nicolas Cage en star du cinéma d’action. La différence étant qu’ici, dans la peau d’un ex-militaire au cœur pur confronté aux pires raclures de la terre, l’acteur s’impose véritablement pour la première fois comme un pur héros prompt à gentiment corriger ceux qui ont le tort de se mettre en travers de son chemin. Contrairement à son personnage dans Rock, qui s’imposait comme l’infortuné side-kick de Sean Connery, bien obligé de sauter à pieds joints dans la mêlée car confronté à une situation pas vraiment raccord avec ses obligations de brillant scientifique plutôt pépère.

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« Remets le lapin dans la boite… »

Nous apparaissant le muscle saillant, le front haut et le cheveu au vent, Nicolas Cage incarne dans Les Ailes de l’enfer, le dernier bastion d’une humanité mise à mal par une bande de brutes sanguinaires. La bonté du personnage ayant débordé sur son compagnon de cellule, incarné par Mykelti Williamson, le Bubba de Forrest Gump, qui dans le film, incarne un taulard bienveillant et qui plus est diabétique. En vase clos, dans un avion de l’administration pénitencière, tombé aux mains de vils criminels, Nicolas Cage veille au grain et se pose comme une sorte de version redneck de John McClane. Comme l’improbable allié des forces de l’ordre, qui au sol, sont complètement dépassées par la situation.

Pur produit de son époque et magistrale démonstration du talent de Jerry Bruckheimer pour orchestrer des orgies pyrotechniques délicieusement régressives, Les Ailes de l’enfer est probablement le film le plus « Bayien » que Michael Bay n’ait jamais réalisé. À tel point qu’il est presque légitime de se demander si Simon West, d’ordinaire plutôt tranquille dans sa façon d’entreprendre les actionners (si on fait exception du bien bourrin Expendables 2), n’a pas laissé les commandes à Bay. Tous les ingrédients étant ici réunis : les explosions fréquentes et généreuses, la testostérone qui déborde sans discontinuer, les gueules bien burinées, les punchlines héritées des 90’s, le pitch simple mais efficace, le côté un peu beauf mais pas désagréable, la fin orgiaque…

« Je n’ai confiance qu’en deux personnes : la première c’est moi et l’autre c’est pas vous »

On ne fait plus des films comme celui-là, où le héros est si pur, face à des méchants inversement pourris jusqu’à l’os. Le script des Ailes de l’enfer poussant le concept dans ses derniers retranchements, avec un Steve Buscemi parfait en sorte de version 2.0 d’Hannibal Lecter, un John Malkovich diabolique et un Danny Trejo assez flippant en violeur en série. Les autres complétant un tableau déjà bien chargé alors que le héros, celui qui n’aspire qu’à retrouver sa femme et sa fille, cherche à ramener l’ordre tout en préservant l’intégrité d’un lapin en peluche destiné à sa gamine (qu’il n’a jamais rencontrée, rapport à sa longue peine de prison, histoire de charger la mule) et en surveillant le taux de sucre dans le sang de son ami diabétique. Rien ne fait peur à Scott Rosenberg, le scénariste responsable de ce bordel jubilatoire à 10 000 pieds (il n’a jamais fait mieux. C’est d’ailleurs à lui que l’on doit les deux Jumanji avec Dwayne Johnson). Rien et surtout pas d’exploser toute notion de limite, alors que Simon West de son côté, applique à la lettre les préceptes du Parfait petit Michael Bay illustré, avec ralentis à la clé et situations cocasses en veux-tu en voilà. Pertinente illustration de l’adage « plus c’est gros, plus ça passe » (mais aussi « plus c’est bon et plus c’est bon), Les Ailes de l’enfer est un cas d’école. Un blockbuster violent, méchant, un peu crétin mais totalement assumé, bourré de clichés poussés à l’extrême, superbement prévisible dans son dénouement et habité d’une morale typique du cinéma américain des années 80/90, elle aussi totalement intégrée. Une sorte de buffet à volonté filmique qui sait pertinemment que son salut est de ne pas faire les choses à moitié, pour donner à ceux qui vont se bâfrer comme des cochons à sa table ce qu’ils sont venus chercher, avec possibilité de profiter d’un bon gros rab’.

Et Nicolas Cage ? Et bien il est parfait ! Complètement dans le ton, aussi à l’aise dans les pompes du sauveur providentiel prompt à tabasser tout ce qui menace de près ou de loin sa survie que dans celles de Sailor Ripley. Un comédien remarquablement entouré, qui incarne presque à lui seul les intentions froutraques mais nobles d’un film généreux et ô combien jouissif, qui, presque 23 ans après sa sortie, n’a pas pris une ride.

En Bref…

Pur blockbuster d’action parfaitement calibré et rythmé, généreux, drôle et brutal, Les Ailes de l’enfer est probablement l’un des derniers grands films d’action des années 90. Le meilleur de son réalisateur en tout cas. Nicolas Cage y trouve de plus l’un de ses rôles les plus iconiques, lui qui trouve, par la puissante force d’un script joyeusement bordélique et savoureux, son premier véritable rôle d’action man.

Cette chronique est dédicacée à Stéphanie M..

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : Walt Disney France
Par Gilles Rolland le 3 mars 2020

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