[Critique] LOS ANGELES 2013

STARVIDEOCLUB | 1 mars 2012 | 3 commentaires

Titre original : Escape from L.A.

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : John Carpenter
Distribution : Kurt Russell, Peter Fonda, Steve Buscemi, Cliff Robertson, Stacy Keach, Georges Corraface, Pam Grier, Valeria Golino, Bruce Campbell, Robert Carradine, A.J. Langer, Paul Bartel, Michelle Forbes…
Genre : Action
Date de sortie : 13 novembre 1996

Le Pitch :
En 1998, un grand tremblement de terre isole Los Angeles du reste des États-Unis. Transformée en ville prison, la Cité des Anges accueille désormais les reclus, les parias et les repris de justice. Une cour des miracles autogérée dans la violence et l’anarchie.
2013 : L’Amérique est gouvernée par un président particulièrement impitoyable et puritain. Un homme dictatorial étranger aux compromis qui doit pourtant faire appel au légendaire hors-la-loi, Snake Plissken lorsque sa fille rallie la résistance de Cuervo Jones, un anarchiste révolutionnaire basé à Los Angeles. La mission de Plissken est simple : se rendre illico sur l’île prison pour localiser la fille du Président et ainsi recevoir la grâce présidentielle.

La Critique :
Lorsqu’il décide d’offrir à son cultissime New York 1997 une suite, John Carpenter prend ses fans à rebrousse poil. C’est en effet la première fois que le maitre réalise une suite. Ce sera aussi la dernière. Et quitte à sortir Snake Plissken, héros légendaire et charismatique par excellence, de sa retraite, autant faire les choses en grand. Kurt Russell y croit. Il co-écrit le scénario avec Carpenter et Debra Hill, met des ronds dans le projet et reprend le rôle qui a contribué à sa gloire.
Au lieu de chercher la complexité, le scénario va à l’essentiel et reprend la trame du premier épisode dans ses grandes largeurs. Le résultat, s’il se démarque néanmoins de son prédécesseur, s’apparente alors davantage à un remake qu’à une véritable suite. Et si le pitch de Los Angeles 2013 n’offre pas de réelle surprise, le film, lui en regorge.

John Carpenter semble prendre beaucoup de plaisir à plonger Snake Plissken dans un cirque aussi référentiel que jubilatoire. Le film apparaît moins crépusculaire mais lorgne plutôt deux fois qu’une vers un univers largement emprunté aux grands noms du western. Carpenter tisse une fable urbaine violente et décomplexée, entre anticipation et action pure. Pied au plancher, le long-métrage présente Snake comme une pure illustration de la figure héroïque et s’en amuse. Une démarche, parfois proche du cartoon qui, en plus d’être spectaculairement kitsch, peut se targuer de distiller un humour pince sans rire du plus bel effet.

Mise à jour du mythe, Los Angeles 2013 est un gros délire d’initié. Carpenter ne recule devant rien, positionnant son héros dans les situations les plus improbables. Pas de place pour les temps morts. L’action file, à fond les bananes, l’écume aux lèvres et peu importe si le budget ne suit pas. C’est parfois relativement mal fait, même pour l’époque et pourtant c’est sans importance. Ou plutôt si, car ce côté fauché confère au tout un parfum délicieusement vintage.
C’est un véritable rêve éveillé qui se déroule sous nos yeux ébahis. Culte instantané, le film se moque des conventions et construit un maelström ubuesque et apocalyptique où s’entrechoquent quelques-unes des plus puissantes thématiques du réalisateur. Carpenter laisse parler son côté sale gosse. Les États-Unis en prennent pour leur grade à plusieurs reprises dans ce conte visionnaire et lui se marre.

Film de francs-tireurs, Los Angeles 2013 tire dans le tas et tant pis si c’est le bordel. « Kick out the jams, mother fuckers ! » comme disait l’autre. En surf, deltaplane, moto ou sur un terrain de basket, Snake est le héros ultime. Le genre de type qui ne respecte pas grand chose et qui symbolise la rébellion nihiliste. Un gars rock and roll qui bouge ici son cuir au doux son d’une B.O à proprement parlé excellente. Tool, Rob Zombie, Clutch ou Tori Amos se croisent dans une playlist tout à fait raccord et pour le coup, super avant-gardiste.
Beaucoup de spectateurs ont renié le film à sa sortie, allant jusqu’à le qualifier de navet. Los Angeles 2013 n’en est (du moins pour nous) évidemment pas un. Sous ses apparats chaotiques et bordéliques, l’œuvre fourmille d’idées. Elle symbolise la résistance d’un homme qui, toute sa vie a lutté pour exprimer à sa façon sa version des faits. Le maestro Carpenter s’est lâché. On a voulu le réduire au silence. Lui, il s’en fout car les initiés ont saisi l’allusion. Le message est clair. Aujourd’hui, il reste d’actualité.

« Plus les choses changent, plus elle restent les mêmes ». So badass !

@ Gilles Rolland

Par Gilles Rolland le 1 mars 2012

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Bruno Matéï
Bruno Matéï
9 années il y a

Un big merci Gilles pour cette excellente critique d’un film lapidé par tous à sa sortie (en dehors de Christophe Gans). Ca donne carrément envie de le revoir après t’avoir lu !

hippocampestudio
Administrateur
9 années il y a
Reply to  Bruno Matéï

Tu me fais vraiment plaisir Bruno. Un de mes films fétiches. Dans le fond et dans la forme, LA 2013 est un grand Carpenter, tout simplement !

Spike
Spike
6 années il y a

Si les sfx sont mal faits c’est simple, la société qui s’en occupait a fait faillite pendant la post-production.