[Critique] PARANORMAL ACTIVITY 2

STARVIDEOCLUB | 12 novembre 2012 | Aucun commentaire

Titre original : Paranormal Activity 2

Rating: ★☆☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Tod Williams
Distribution : Katie Featherston, Micah Sloat, Sprague Grayden, Brian Boland, Molly Ephraim, Seth Ginsberg, Vivis Cortez, Jackson Xenia Prieto, William Juan Prieto…
Genre : Horreur/Épouvante/Fantastique/Saga/Suite
Date de sortie : 20 octobre 2010

Le Pitch :
2006 : avant, pendant et après les évènements qui sont arrivés au jeune couple Katie et Micah. Après un cambriolage qui laisse leur maison dévastée, Kristi et Dan Rey, des membres de la famille de Katie, installent des caméras de sécurité à travers leur maison, capables de voir dans l’obscurité et filmer 24h/24. Il devient vite évident que quelque chose de bizarre se passe dans leur baraque. De plus, le bébé, Hunter, se comporte d’une façon inquiétante. Cependant les phénomènes s’amplifient progressivement, et il semble que la force invisible à l’origine de l’activité paranormale soit de retour…

La Critique :
En 2007, un développeur de jeux vidéo israélien appelé Oren Peli passa une petite semaine et la somme dérisoire de 15 000 dollars à tourner un film indépendant caméra-cachée de « maison hantée » intitulé Paranormal Activity. En 2009, son projet attira l’attention de quelques gros joueurs à Hollywood, (parmi eux Steven Spielberg) qui à l’origine, avaient l’intention d’acheter son film pour en faire un remake. Mais en voyant l’investissement et les réactions terrorisés des spectateurs lors des premières projections, ils ont fini par sortir l’original, chose qui leur rapporta…euh…beaucoup plus que 15 000 dollars.

Quand un film indépendant a un tel impact, l’auteur du métrage a normalement droit à un « tope-là » de la part des studios et à une invitation à faire des films plus ambitieux. Du moins, ce fut le cas pour Oren Peli. Toutefois, Paranormal Activity n’était pas qu’un simple film indépendant, c’était un film d’horreur indépendant, et chez la casa Hollywood, des films comme ça ont droit a une autre récompense : une suite torchée à l’arrache et conçue pour relancer la machine à fric. Cependant, Mr. Peli était déjà occupé à bosser sur son projet suivant, Area 51, alors il a fallu embaucher un nouveau réalisateur.

Leur premier choix fut Kevin Greutert, par pure ironie le réalisateur de Saucisse (Pardon… Saw VI), le film écrasé au box-office par Paranormal Activity premier du nom. Mais, tout à coup, Twister Pictures (la boîte de production de la série Saw) exerca une clause dans le contrat de Greutert, le réquisitionnant pour le tournage de Chaussette (Pardon… Saw VII, ou Saw : Le Chapitre Final, ou Saw 3-D, au choix). Un bonhomme répondant au nom de Tod Williams, surtout connu pour Lignes de vie et Les aventures de Sébastien Cole et pour avoir épousé Famke Janssen et Gretchen Mol (pas en même temps, bien entendu), se posta finalement derrière la caméra de Paranormal Activity 2.

Au fait, je vous raconte cette histoire parce qu’elle est beaucoup plus intéressante que le film lui-même.

Mais venons-en aux faits. Petite astuce en ce qui concerne les films d’horreur : ce n’est probablement pas une très bonne idée d’informer son public qu’un personnage important va mourir dans 60 jours, parce qu’on commence déjà à regarder notre montre et à calculer le temps qu’il faudrait pour se faire pousser de nouvelles dents. Qu’est-ce qu’on est censé faire avec ce genre d’informations ? Peut-être qu’il faut penser : « Oh, Micah, mec, pauvre de toi, tu vas morfler un max dans 60 jours! ». C’est le genre de détails qui est à peu près aussi utile que le fermier qui vous dit de tourner à gauche 5 km avant le panneau. Il y a aussi des titres qui nous disent l’heure : minuit, une heure du mat’, trois heures de l’aprèm… Et alors ?

Oh, le public auquel été destiné Paranormal Inactivity 2 (parce qu’il faut appeler les choses par leur vrai nom) aura sans doute la peur de sa vie et appréciera les quelques surprises et rebondissements qu’offre le long-métrage. Ainsi, tentons de ne pas trop en dévoiler sur l’intrigue ou le scénario. Mais pour le reste, c’est simple. On s’ennuie. Non, le mot est trop faible : on se fait royalement chier.

Paranormal Inactivity 2 est l’un des films d’horreur (ahem) les plus ennuyeux de l’histoire. Le terme « long-métrage » est approprié, puisque Paranormal Inactivity 2 est long, mais long à s’en tirer une balle. Ici, on suit la règle pleine d’ambition « plus c’est grand, mieux c’est » qu’avait suivi SOS Fantômes 2. Cette fois, on joue avec les caméras de sécurité, donc c’est toute une poignée de caméras qui filment l’ (in)action dans toutes les pièces de la maison, avec des angles différents.

Et ouais, sur papier ça pourrait changer un peu le rythme, mais à l’écran, rien ne bouge. C’est comme regarder une émission de télé-réalité. « Dans ce nouvel épisode de Paranormal Story : Jour 45 dans la Maison des Secrets. Pas d’activité paranormale à signaler. Dans un instant…une casserole…tombera…par terre… » Comme tous les ingrédients du film, ça ne sert qu’à nous donner trop d’informations visuelles et à diluer, voir supprimer la tension. Au point d’en devenir carrément risible. En parlant de ça, si on n’était pas déjà pas lassé du stéréotype latino spirituellement hypersensible après Devil…et bien, tenez-vous prêts, car vous risquez d’être surpris !

Il était une fois, Alfred Hitchcock avait noté la différence entre surprise et suspense avec son exemple fameux de la bombe sous la table pendant une conversation : si la bombe explosait tout de suite, le public aurait quinze secondes de surprise. Si on montrait au public que la bombe était sous la table et qu’elle n’avait pas encore explosé, la conversation jusque là anodine se serait tout à coup remplie de tension et on aurait droit à quinze minutes de suspense, parce que le public sait que le danger est présent et anticipe le moment de l’explosion. Ici, c’est la même chose, sauf qu’ils ont oublié de mettre la bombe.

À la place, on a droit à de longs passages soporifiques d’un ennui incroyable, où il ne se passe absolument rien, parsemés ci et là de quelques bruits et de sursauts soudains qui ne servent qu’à réveiller ceux qui se sont endormis. Une combine qui est répétée ad infinitum. Après tout, si on se faufile derrière quelqu’un et qu’on lui hurle dans l’oreille, il sera forcément surpris. Alors que le premier opus arrivait au moins à poser une ambiance d’anxiété avec les mouvements les plus insignifiants, ici, le film assume que la mémoire de son prédécesseur gardera l’attention du spectateur et s’éternise dans une somnolence interminable. Quand, enfin, les choses s’activent (et accrochez-vous, parce qu’il faudra attendre un bon moment. Vous aurez même le temps de faire une petite sieste !), le spectateur est tellement désintéressé des personnages et tellement déçu que le seul exploit des auteurs ait été de recopier l’original, qu’il ne reste que l’apathie. Et le sommeil.

Le problème avec ce genre de cinéma, comme l’a montré cette suite malavisée du Projet Blair Witch sur laquelle on s’est tous mis d’accord pour en oublier l’existence, c’est qu’il marche seulement la première fois : utilisant des gimmicks à petite échelle et des frissons de foire pour construire une métamorphose lente et progressive tout au long du film, de normalité banale au début en déchaînement d’effroi façon Poltergeist à la fin. Une suite ne peut pas faire la même chose, puisqu’on sait déjà jusqu’où les choses peuvent aller. Ainsi, Paranormal Inactivity 2 n’a d’autre choix que d’empiler des péripéties de plus en plus ambitieuses et de plus en plus débiles pour garder notre attention, d’élargir son côté visuel et d’expliquer sa mythologie interne. Et comme peut le démontrer Saw à partir du troisième volet, c’est quelque chose qui devient rapidement lourdingue et enlève le peu d’horreur qu’il y avait au départ.

Est-ce que tout ceci aboutit à quelque chose ? Non. Est-ce cela fait peur ? Non. Est-que c’est prévisible? Oui. Est-ce que les personages sont intéressants ? Non. Est-ce qu’on a l’impression de regarder quelque chose de réel? Non. Est-ce qu’on veut que ça finisse ? Oui. Est-ce que le film traîne gentiment les pieds pour arriver à une fin ? Oui. Est-ce qu’on a l’impression de ressentir une menace à tout moment durant le film ? Non. Et est-ce que la fin est une vraie fin ? Non. Est-ce que Paranormal Inactivity 2 est un bon film ? Non. Est-ce que Paranormal Inactivity 2 fait peur ?

Non.

@ Daniel Rawnsley

Par Daniel Rawnsley le 12 novembre 2012

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