[Critique] PERCY JACKSON LE VOLEUR DE FOUDRE

STARVIDEOCLUB | 12 août 2013 | Aucun commentaire
Percy-jackson-affiche

Titre original : Percy Jackson And The Lighting Thief

Rating: ★★☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Chris Columbus
Distribution : Logan Lerman, Brandon T. Jackson, Pierce Brosnan, Alexandra Daddario, Uma Thurman, Sean Bean, Catherine Keener, Rosario Dawson, Steve Coogan, Jake Abel…
Genre : Fantastique/Aventure/Adaptation
Date de sortie : 10 février 2010

Le Pitch :
Il y a des jours comme ça… Comme lorsque Percy Jackson, un étudiant parmi d’autres, apprend pourquoi il peut rester sous l’eau très très longtemps. La réponse lui cloue le bec, lui qui a toujours le mot pour la ramener. Il est le fils de Poseïdon. Oui, le dieu grec, le frère de Zeus. Zeus qui a ce sujet est plutôt furax que Percy lui ait volé la foudre. Même si Percy n’a rien fait et s’en défend. Hadès, le dieu des enfers lui aussi pense que c’est Percy qui a fait le coup et kidnappe sa mère.
Accompagné de ses nouveaux amis, à savoir la fille d’Athena et un satyre (mi-homme mi-bouc), Percy décide alors de se rendre chez Hadès et de prouver son innocence. Pour sa mère mais aussi pour le Monde qui on s’en doute, risque de basculer dans le chaos si Zeus ne récupère pas très vite sa foudre…

La Critique :
À première vue, on n’aurait pas parié des masses sur l’étendu des connaissances en matière de mythologie grecque de Rick Riordan, l’écrivain responsable de la saga Percy Jackson, énorme succès en librairie à travers le monde. Non parce que bon, il est bien gentil Riordan avec son fils de Poséidon qui s’ignore et tout son bestiaire folklorique, mais force est de constater qu’au final, son manège fantastique ressemble d’avantage à une version ultra light, riche en raccourcis, de la mythologie, qu’à une relecture respectueuse des aventures des locataires du Mont Olympe.
Et pourtant… Le gars fut enseignant en collège et sa spécialité n’était rien de moins que la mythologie grecque ! Quand on sait que Percy Jackson est né de l’envie de son auteur de raconter à son gamin des histoires inédites après avoir épuisé tous les récits existants, on comprend mieux. Voilà pourquoi Percy Jackson n’est pas très fin. Il est en fait destiné aux enfants. Et jamais personne, ni les Chris Columbus, ni les autres scénaristes, ne tentent d’insuffler suffisamment de substance ou ne serait-ce qu’un degré de lecture un peu plus mature au long-métrage, pour cibler un autre public.
En somme, rien à voir avec Harry Potter
Tout spécialement si on compare la façon dont les deux œuvres illustrent l’introduction du fantastique dans la vie si ordinaire du personnage principal. Quand Harry Potter arrivait à nous prendre par la main, lorsqu’il traversait le mur de la gare pour se rendre à Pourdlard, Percy Jackson se raccroche à son attitude arrogante et adopte des réactions pour le moins farfelues.
Surpris mais sans plus, Percy accepte sa condition de demi-dieu rapidement et lorsque sa mère se fait pulvériser par un Minotaure (!!!), c’est à peine si il verse une larme pour se dépêcher de lorgner sur les formes avantageuses de la fille d’Athena.
On apprend plus tard que sa génitrice s’est faite téléporter directement en enfer, et que son sort n’est pas scellé, mais quand même… Idem pour tout un tas de petits éléments, complètement aux fraises, comme ce personnage de beau-père totalement beauf qui, on l’apprend plus tard, n’a pour rôle que de masquer la présence de la mère de Percy aux yeux des êtres divins, grâce à son odeur pestilentielle de gros alcoolo dégueulasse… Sans commentaire.

Bancal, ce Voleur de Foudre l’est plus d’une fois. Ridicule aussi d’ailleurs. Comme quand apparaît pour la première fois Pierce Brosnan. Chargé de l’entrainement des jeunes et fougueux demi-dieux, Brosnan est un centaure à la chevelure luisante et fière. Le résultat porte plus à rire qu’à songer aux implications intrinsèques de cette créature fantasmagorique. Idem pour Uma Thurman, qui campe une méduse en roue libre, finalement assez proche de son rôle libidineux dans la pub Schweppes. Pour le reste, seul Steve Coogan dans la peau d’Hadès et Rosario Dawson, dans celle de son acolyte, semblent savoir qu’il ne faut pas prendre tout ce cirque grotesque au sérieux. Ils s’amusent et à l’écran, ça fait toute la différence. Et ce n’est pas ce pauvre Sean Bean, sous exploité et du coup légèrement résigné, qui dira le contraire. Galerie de talents gâchés, Percy Jackson n’arrive jamais à exploiter ne serait-ce que le charisme de ses acteurs. Sans parler de Logan Lerman, dans le rôle titre, qui ne semble absolument pas à sa place, lui qui a prouvé entre temps, avec Le Monde Charlie, à quel point il était doué.

Ersatz vite torché d’Harry Potter (après tout, l’histoire est similaire : un garçon se découvre des pouvoirs extra-ordinaires…), aux effets-spéciaux pas franchement convaincants, Percy Jackson premier du nom est l’un de ces divertissements pensés uniquement par des producteurs avides de trouver une nouvelle franchise à exploiter. Rarement intéressant, ne parvenant jamais à exploiter la dimension épique de son récit et pédalant dans la choucroute pour provoquer un attachement quelconque à ses héros, le film est un gentil échec. Gentil car au fond, il y a pire. Malheureusement.
Alors que les plus jeunes (mais alors vraiment jeunes) pourront y trouver leur compte, les autres s’amuseront devant les performances cartoonesques (ici ce n’est pas un compliment) de stars à la dérive, en quête d’un bon gros chèque, ou pourquoi pas grâce à Alexandra Daddario, la naïade vue récemment dans le dernier Massacre à la Tronçonneuse, dont le super-pouvoir consiste à ensorceler les mâles d’un seul regard.
Mise à jour foireuse des mythes de la Grèce Antique, qui pour le coup a déménagé son bestiaire aux pays de l’Oncle Sam, Percy Jackson doit être pris au second degré. Là est le salut du spectateur qui, forcé de regarder le spectacle, devra tenir deux bonnes heures avant de voir défiler, dans une allégresse compréhensible, le générique de fin.

@ Gilles Rolland

percy_jackson_and_the_olympians_05Crédits photos : 20th Century Fox France

Par Gilles Rolland le 12 août 2013

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