[Critique] RICHARD AU PAYS DES LIVRES MAGIQUES

STARVIDEOCLUB | 24 janvier 2016 | Aucun commentaire

Titre original : The Pagemaster

Rating: ★★★★½
Origine : États-Unis
Réalisateurs : Maurice Hunt, Joe Johnston
Distribution : Macaulay Culkin, Christopher Lloyd, Patrick Stewart, Whoopi Goldberg, Leonard Nimoy, Frank Welker, Ed Begley Jr., Mel Harris…
Genre : Aventure/Horreur/Fantasy/Animation
Date de sortie : 15 février 1995

Le Pitch :
Richard Tyler est un gamin chétif et apeuré. Son père a du mal à accepter son manque de confiance en lui et tous les enfants de sa ville le malmènent. Un jour, un orage s’abat sur lui alors qu’il est à vélo, le poussant à se réfugier dans une bibliothèque. Alors qu’il ne pensait y rester que pour téléphoner à ses parents, il se perd et se retrouve coincé dans un autre monde, où les livres sont vivants et leurs histoires bien réelles. Il va découvrir trois compagnons : Horreur, Aventure et Fantasy qui le guideront et changeront sa vie…

La Critique :
Les années 90 sont souvent présentées comme un âge d’or de l’animation. Émergence de Pixar et DreamWorks, retour spectaculaire de Disney… Une bonne partie des grosses productions de l’époque sont devenues cultes et ont posé les bases des standards actuels.

Parmi cette flopée de chefs-d’œuvre, on trouve quelques pépites qui n’ont pas eu l’écho de leurs illustres contemporains. The Pagemaster (Richard au pays des livres magiques en V.F.) est de ceux-là. Et pourtant, il a de sacrés atouts en main. Avoir Macaulay Culkin dans le rôle principal par exemple. L’enfant-star le plus emblématique de l’époque aurait du offrir une plus grande visibilité à ce métrage. Le reste du casting étant épique, avec Christopher Lloyd sous les traits du bibliothécaire et du Pagemaster (le maître du monde des livres), Whoopi Goldberg et sa gouaille et son optimisme légendaire en Fantasy, Patrick Stewart (Star Trek : Next Generation, Dune, X Men…) qui met son énergie et son audace au service d’Adventure, le défunt Leonard Nimoy qui se drape de folie pour incarner le docteur Jekyll et enfin Frank Welker (qui a bossé sur une quantité hallucinante de films en tant que doubleur ou bruiteur) qui se charge de rendre touchant Horror. Et là vous vous dites, comment cela se fait que ce film soit passé à la trappe ?

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Vous avez d’ailleurs du tiquer quand j’ai parlé de film d’animation, vu qu’il y a des prises de vues réelles. Et bien, l’animation l’emporte largement avec un ration approximatif de 90% de bobine dessinée. Cette grosse partie est à mettre au crédit de Pixote Hunt (crédité Maurice Hunt) et de son équipe. On le verra plus tard à l’œuvre sur Fantasia 2000 de Disney. Malheureusement, ici, il passe au second plan, écrasé par la réputation plus flatteuse de son collègue Joe Johnston (Jumanji, Chéri j’ai rétréci les gosses, Captain America…)…
C’est d’autant plus dommage que son boulot est excellent. Très bien gérée, la partie animée n’a pas vieillie d’un poil et a clairement de la gueule, encore aujourd’hui. La partie dans le « monde réel » est sympa mais peine à être à la hauteur (même si le décor de l’immense bibliothèque en jette carrément). On a droit à la petite chansonnette habituelle (c’est un dessin animé des 90’s, fallait bien le faire…) qui est néanmoins sympa et entraînante, à l’image d’une fort belle bande-originale composée par le regretté James Horner (oui, ils avaient tout, TOUT pour faire un tabac…).

Voilà pour la forme. Mais qu’en est-il du fond ? Et bien, vous l’aurez compris, il s’agit d’un récit d’initiation tout ce qu’il y a de plus classique, où un jeune garçon doit traverser une série d’épreuves (liées aux genres de ses compagnons livresques) pour devenir meilleur, et passer à l’âge adulte. Sauf que là, c’est tellement bien troussé et intelligent qu’on enterre la concurrence sans problème. Tout d’abord, le film use habilement des clichés, ce qui lui permet de bien fonctionner et de ne pas prendre son public (qui se veut familial) pour des imbéciles. Que vous soyez un enfant ou un adulte, vous apprécierez le film pour des raisons différentes. La morale est inhabituellement profonde, présentant la littérature comme un outil d’amélioration de soi, sans présenter les autres formes d’art et de divertissement comme de l’abrutissement (comme c’est souvent le cas). Elle montre qu’imagination et rêverie ne sont pas incompatibles avec le passage à l’âge adulte. Le fait de faire transiter la fine équipe par divers classiques est une excellente idée, d’autant qu’ils sont bien choisis : Moby Dick, L’île au Trésor, L’étrange cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde (deux livres de RL Stevenson donc )…permettent de varier les ambiances et l’orientation esthétique du film, offrant un rythme soutenu et fort bien mené. Certes, ces univers sont matures et pas forcément hyper-accessibles pour des enfants, mais j’y vois un côté « challenge », car vous pouvez vous y plonger quelque soit votre âge et y trouver quelque chose, dans lequel puiser une force unique. Encore une fois, c’est de respect du public qu’il est question et pas d’élitisme mal-placé. Le fait de personnifier les genre au travers de livres caractéristiques de leur genre est l’autre bonne idée du scénario, car elle permet de créer des situations amusantes à partir de conventions finement décortiquées et utilisées avec sagesse.

Alors, dans ce cas, comment expliquer le fait que le film soit aujourd’hui oublié, en particulier en France où il n’a jamais connu de version DVD ou Blu-Ray ? Difficile question. Une trop forte concurrence ? Ou un de ces paradoxes étranges qui font tout le sel de l’industrie cinématographique ?
Peu importe, essayez de vous le procurer dans une médiathèque (ça serait raccord du coup). Montrez-le à vos enfants et jetez-y un œil en passant, il risque de vous faire rire par moments avec ses petites références et ses dialogues bien écrits…Vous ne serez pas déçu pour peu que vous soyez intéressé par ce type de production.

En tout cas, il fait partie intégrante de l’enfance de votre serviteur, et c’est un peu à cause de lui qu’il traite ses livres comme de vieux amis…

@ Sacha Lopez

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Par Sacha Lopez le 24 janvier 2016

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