[Critique] WELCOME TO THE RILEYS

STARVIDEOCLUB | 11 avril 2012 | Aucun commentaire

Titre original : Welcome to the Rileys

Rating: ★★★★☆
Origine : États-Unis/Angleterre
Réalisateur : Jake Scott
Distribution : James Gandolfini, Kristen Stewart, Melissa Leo, Lance E. Nichols, David Jensen, Kathy Lamkin, Michael Wozniak, Russell Steinberg…
Genre : Drame
Date de sortie : 10 novembre 2010

Le Pitch :
Menant une existence désincarnée depuis la mort de leur fille huit ans plus tôt, Doug et Lois Riley ne cessent de s’éloigner l’un de l’autre. Profitant d’un déplacement professionnel à la Nouvelle-Orléans, Doug rencontre par hasard, Mallory, une jeune stripteaseuse paumée de 16 ans. Dès lors, Doug décide de s’occuper de la jeune fille…

La Critique :
Réalisé par le fils de Ridley Scott, Welcome to the Rileys aborde avec pudeur et sensibilité un chassé-croisé centré sur le thème de la rédemption. Trois âmes paumées, chacune à leur façon, se croisent au détour d’une errance et apprennent à s’apprivoiser. Au bout du chemin, la libération et la perspective d’une existence meilleure….
La problématique est connue et est déjà au centre de pas mal de films. Ici, c’est le traitement qui fait la différence. Résultat d’une somme de talents impressionnante, le long-métrage déroule une partition tragique mais jamais glauque. Ce qui n’était pas gagné vu le milieu dans lequel évolue, Mallory, la jeune stripteaseuse incarnée par Kristen Stewart. À 16 ans, cette dernière a déjà tout vu, des squats sordides, aux arrières boutiques de clubs miteux. Au contact de Doug (James Gandolfini), Mallory entrevoit la possibilité d’une vie différente, sans pour autant se l’avouer.
Un sujet délicat donc, porté par la caméra d’un cinéaste résolument en phase avec ses intentions qui arrive à faire oublier un dénouement un poil prévisible mais en rien donneur de leçon.

Car rien n’apparait facile dans Welcome to the Rileys. Le réalisme de cette fable moderne y est pour beaucoup ainsi que la volonté de ne pas tenir à tout prix à livrer un happy end prévisible.

Les surprises sont nombreuses et dues à l’habileté d’un scénario qui évite les nombreux pièges inhérents à ce genre d’exercice. Le film n’est jamais complaisant, ne sombre jamais dans le glauque, préférant la suggestion à la démonstration et s’attache à ses petits moments qui, mis bout à bout, débouchent sur la perceptive d’une changement salvateur.

Discret dans sa mise en scène, Scott surprend par sa délicatesse et par sa direction d’acteur. Le bougre a su s’entourer. Welcome to the Rileys met ainsi en lumière un trio d’acteur remarquable. La crème du cinéma indépendant. Des comédiens qui arrivent à maintenir l’attention alors que le script accuse quelques petites baisses de régime. James Gandolfini tout d’abord. Celui qui a passé son temps à évoluer dans l’ombre des têtes d’affiches et qui, avec Les Soprano, a pris un envol mérité, illumine le film d’un charisme hallucinant. C’est homme est un grand. L’égal des De Niro et des Pacino. Filez lui un Oscar bordel ! Gandolfini confère à son personnage une épaisseur incroyable et arrive à coller la chair de poule en un regard. Une performance excellente à plus d’un titre tout comme celle de Melissa Leo, qui interprète sa femme. Remarquée (et oscarisée grâce à son rôle dans The Fighter en 2011), Melissa Leo est l’une des grandes dames du cinéma américain. Bouleversante, la comédienne , vue aussi dans Frozen River, personnifie le deuil difficile d’une mère inconsolable, qui perd peu à peu le contrôle sur sa propre existence.

Welcome to the Rileys n’est jamais plombant et conserve toujours une certaine légèreté malgré les thèmes qu’il embrasse à bras le corps.
Y-compris lorsqu’il traite de l’existence cramée de Mallory, jeune fille perdue, superbement interprétée par une Kristen Stewart en état de grâce. Menant de front une double carrière (d’un côté les gros trucs informes comme Twilight et de l’autre le meilleur du cinéma indépendant, avec entre autres, Into the Wild, Adventureland…), Kristen Stewart fait preuve d’une intensité insoupçonnée et arrive à surprendre dans un registre pourtant mainte fois éculé par le septième-art. Y-compris par elle-même, toujours à l’aise dans les baskets des nanas névrosées. Très investie par sa mission et portée par la confiance d’un réalisateur inspiré et par des partenaires de jeu expérimentés, la comédienne s’impose une nouvelle fois comme l’une des forces vives de la jeune garde. Son regard et ses postures sont ceux d’une grande.

Les Oscars sont passés à côté du film, qui aurait pourtant mérité quelques statuettes. Pour toutes les raisons citées plus haut et pour sa faculté à transcender un sujet vu et revu. Avec grâce, pertinence et sans misérabilisme.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Argonaut Pictures

 

 

Par Gilles Rolland le 11 avril 2012

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