[Critique] X-MEN : LE COMMENCEMENT

STARVIDEOCLUB | 18 mars 2013 | 1 commentaire

Titre original : X-men : First Class

Rating: ★★★★½
Origine : États-Unis
Réalisateur : Matthew Vaughn
Distribution : Michael Fassbender, James McAvoy, Kevin Bacon, Jennifer Lawrence, Rose Byrne, Jason Flemyng, January Jones, Nicholas Hoult, Zoë Kravitz, Oliver Platt, Lucas Till, Caleb Landry Jones, Edi Gathedi, Alex Gonzalez…
Genre : Fantastique/Science-Fiction/Saga/Adaptation
Date de sortie : 1er Juin 2011

Le Pitch :
Bien avant d’être opposés, Magneto alias Erik et Charles-Xavier étaient amis. Entourés d’une poignée de mutants aux pouvoirs extraordinaires, les deux hommes révèlent ici leurs origines. De la Shoah à la crise des missiles de Cuba dans les années 60, les X-Men ont souvent été au centre des plus plus grands évènements de l’histoire. Agissant dans l’ombre d’une espèce humaine ignorant leur existence…

La Critique :
En 2000, Bryan Singer réalise avec brio le fantasme des fans de comics, à savoir mettre en image les aventures des X-Men, personnages de l’univers Marvel créés par Stan Lee et Jack Kirby. Réalisant du même coup un maître-étalon en la matière et inaugurant une franchise lucrative, Singer récidive 3 ans plus tard avec X-Men 2 et se paye le luxe de faire encore mieux. Malheureusement, les choses se gâtent en 2006 avec un troisième volet qui, sous la patte de Brett Ratner (Rush Hour), devient ni plus ni moins un banal film d’action dans la lignée des adaptations Marvel vite torchées. Alors débarrassé de la plupart de ses problématiques profondes, la saga s’aligne sur les canons du film hollywoodien pour les masses. En 2009, X-men Origins : Wolverine suit la même voie en se focalisant sur le plus populaire des X-Men et propose un divertissement banal aux intentions commerciales douteuses qui, s’il se laisse regarder, a du mal à effacer la frustration des fans de revoir un jour les célèbres mutants mis en scène dans un grand film digne de la complexité du matériau d’origine.
Mais c’était sans compter sur Matthew Vaughn. Écarté des commandes du troisième épisode, le réalisateur consacré par le brutalement pop Kick-Ass prend sa revanche avec un film en forme de redémarrage et offre à la franchise de Stan Lee l’une de ses meilleures adaptations, faisant entrer par là-même le genre dans une dimension résolument plus adulte et concernée.

C’est en effet ce qui frappe le plus à la vision de ce nouveau départ : loin de se cantonner au statut de blockbuster un peu bêtifiant, X-Men : Le Commencement est avant tout un grand film à destination d’un public plus mature. Si les multiples scènes d’action et la présence de mutants en pleine crise d’adolescence sauront à n’en pas douter rallier les plus jeunes, les enjeux d’une intrigue ancrée dans l’histoire du monde et les relations complexes entre les deux personnages principaux (Magneto et Charles-Xavier) tiendront durablement le public adulte en haleine. C’est un fait : avec ce nouvel X-Men, Vaughn fédère et prouve qu’il est possible de réaliser une œuvre grand public et intelligente sans que le sous-propos et les différents niveaux de lecture ne viennent parasiter le potentiel divertissant de l’ensemble. L’humour présent dans le film constitue également une preuve de l’intelligence de l’entreprise. Sans se priver, le script ne rechigne pas à la blague, mais évite soigneusement de tomber dans la bouffonnerie de certaines des précédentes adaptations Marvel. Un gage de bon goût et de qualité en somme !
En cela, X-Men : Le Commencement est un régal de tous les instants. Réaliste, le film pioche des éléments un peu partout et mixe les influences avec goût. Film d’espionnage, thriller politique et psychologique, le tout généreusement arrosé de scènes d’action virtuoses (mais sans excès de zèle, c’est important), le long-métrage se permet en effet pas mal d’audace, quitte à rendre certaines ellipses quelque peu brouillonnes. Une telle impertinence force l’admiration quand on sait à quel point l’univers Marvel est codifié et donc soumit une attente surréaliste des fans les plus hardcore.
Ici, l’amateur saura apprécier les multiples surprises qui émaillent le film parmi lesquelles plusieurs clins d’œil à la mythologie maison, ou bien encore la présence d’acteurs un peu oubliés, à l’image de Kevin Bacon, enfin de retour aux commandes d’un personnage conséquent dans une grosse (et belle) production. Un retour en grâce pour la star de Footloose, qui se voit entouré d’une distribution elle aussi audacieuse, entre nouvelles recrues dans le vent (Jennifer Lawrence, Zoë Kravitz la fille de Lenny, Nicholas Hoult vu dans les deux premières saisons de Skins, Rose Byrne, de Damages, January Jones de Mad Men…) et inconnus talentueux.
Et comment ne pas également saluer les performances des deux meneurs du film, à savoir James McAvoy, tout à fait crédible en version jeune du Professeur Xavier, et Michael Fassbender, qui explose littéralement à la moindre de ses apparitions et qui contribue à rendre le personnage de Magneto incroyablement fascinant. Absolument génial , l’acteur germano-irlandais conjugue charisme, efficacité et intensité et confirme à la fois, si besoin était, tout le bien qu’il faut penser de lui ainsi que sa propension à embrasser avec la même conviction plusieurs genres cinématographiques (d’une côté Fassbender excelle dans des œuvres intimes et rudes, comme Hunger ou Shame et de l’autre il apparaît dans des films comme X-Men donc, sans se priver de bouffer du nanard de temps en temps, comme lorsqu’il tourne Blood Creek par exemple, avec un plaisir communicatif).
X-Men : Le Commencement est un grand film. L’un de ceux qui resteront. Dans l’affaire, Matthew Vaughn gagne ses galons de sauveur et devient l’un des hommes providentiel les plus valeureux du cinéma américain. Le public lui, gagne un long-métrage grandiose, aussi abouti qu’inespéré.

@ Gilles Rolland

x-men-first-class-movie-photo-04Crédits photos : 20th Century Fox France

Par Gilles Rolland le 18 mars 2013

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Karl Libus
Karl Libus
6 années il y a

Belle critique!!! Totalement d’accord!!!