[Critique] EXPENDABLES : UNITÉ SPÉCIALE

STARVIDEOCLUB | 5 août 2012 | 1 commentaire

Titre original : The Expendables

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Sylvester Stallone
Distribution : Sylvester Stallone, Jason Statham, Dolph Lundgren, Jet Li, Randy Couture, Steve Austin, Mickey Rourke, Terry Crews, Eric Roberts, David Zayas, Gary Daniels, Charisma Carpenter, Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis…
Genre : Action
Date de sortie : 18 août 2010

Le Pitch :
Barney Ross est à la tête d’un petit groupe de mercenaires sur-entrainés. Ensemble, ils parcourent le globe, exécutant les contrats dont personne ne veut. Lorsque Barney est contacté par un agent de la CIA pour mettre fin au règne d’un dictateur sud-américain, la situation se complique. Ce contrat implique en effet de se mesurer à une véritable armée, qui fait régner la terreur sur la population d’une petite île…

La Critique :
Lorsqu’il annonce la mise en chantier d’Expendables, Sylvester Stallone promet le film d’action ultime. Celui qui portera en son sein toute la puissance de ses interprètes et tous les éléments qui caractérisaient le genre dans les années 80/90, quand il régnait sur le box-office mondial. Pour ce faire, Sly a su s’entourer. Piochant dans la nouvelle génération, il désigne Jason Statham comme son digne successeur, et lui confie le plus grand rôle (après le sien). Steve Austin et Randy Couture, venant respectivement du catch et des arts-martiaux mixtes apportent la caution « sportive », tout comme Jet Li, qui incarne à lui seul la crédibilité martiale chinoise. Mais Stallone rameute aussi quelques vieilles connaissances. Dolph Lundgren tout d’abord, à qui il avait ouvert les portes du cinéma avec Rocky 4, Eric Roberts, un rescapé de L’Expert, ou encore Mickey Rourke, qui avait partagé l’affiche du remake de Get Carter avec Stallone. Terry Crews, le « comique » bodybuildé est lui aussi de la partie, tandis que Schwarzenegger et Bruce Willis font office de cerises sur le gâteau. Deux légendes qui rejoignent le chef d’orchestre le temps d’une petite scène d’exposition, lors de laquelle la trame de la mission à venir se dessine. Une séquence attendue. Certainement la plus attendue (redoutée ?) du long-métrage d’ailleurs, tant l’idée de voir dans le même film Arnold, Sylvester et Bruce tailler la bavette résume les fantasmes combinés de tous les fans de films d’action qui se respectent. Des fans qui auraient certainement préféré voir ces mastodontes de la pétoire se mettre sur la tronche, mais on ne peut pas tout avoir. Stallone a gardé des cartouches pour le deuxième opus, où les trois potes font parler la poudre à l’unisson.
Hélas, la scène en question est décevante et frustrante. Sly tient la barre certes, mais le cœur n’y est pas pour Arnold Schwarzennegger, dont le jeu trahit une oxydation due à ses deux mandats de Gouverneur et qui se contente d’enchainer sur une poignée de secondes, les mimiques qui ont bâti sa légende. Idem pour Willis, en pilotage automatique, qui ressort de sa besace son petit rire sarcastique si caractéristique. La grande réunion s’apparente alors davantage à un gros soufflet qui retombe aussitôt levé. Tant pis, on attendra la suite pour s’en payer une bonne tranche.

Bien heureusement, Expendables se charge de faire oublier cette petite déconvenue à grand renfort d’explosions en tous genres (de tronches et de bâtiment divers et variés). Ce qui ramène au point de départ de cet article : lorsqu’il annonce la mise en chantier d’Expendables, Sylvester Stallone promet le film d’action ultime. Rassurés par la bombe nucléaire pyrotechnique et sauvage que fut John Rambo, on sait que le bonhomme est dans une forme olympique. En tant qu’acteur (son physique est toujours impressionnant) et en tant que réalisateur. Stallone sait filmer l’action, tout comme il sait la jouer. Imaginer tous ces mecs ultra burnés dans un film à la John Rambo relève du trip dévastateur. En cela, dans sa capacité à pulvériser tout ce qui apparaît à l’écran, Expendables s’avère tout à fait à la hauteur des espérances suscitées. Toutes les scènes d’action envoient du lourd. De l’intro, qui illustre un désir de faire gicler le sang comme dans John Rambo, à l’incroyable conclusion en forme de bouquet final brutal, sauvage et maitrisé de A à Z par un Stallone bien décidé à ne pas décevoir ses fans. Expendables est gore, violent, la mise en scène extrêmement lisible (Sly a utilisé 5 steady-cam et ça se voit) et tout les acteurs sont remarquablement exploités dans leurs spécialités respectives (Jet Li et le kung-fu, Couture et le MMA, Austin et le catch, etc…).

Cependant, Expendables ne se montre pas la hauteur sur tous les plans. À l’écran, ok, ça pète. De quoi d’ailleurs faire oublier les quelques effets numériques un peu approximatifs et le sang de synthèse (dédicace à tous les nostalgiques du ketchup). C’est sur le papier où Sly trébuche, même si, comme à son habitude, il met beaucoup de cœur à l’ouvrage.
Habitué à jouer en solo dans bon nombre de ses films, Stallone réalise cette fois-ci une sorte de film d’action choral. Basé -tout comme l’étaient Rocky Balboa et John Rambo– sur l’idée que ce n’est pas de gagner qui importe vraiment, mais plutôt de réussir à encaisser un maximum de coups tout en finissant par se relever, le long-métrage veut que le héros, Barney Ross, alias Sly, n’accomplisse pas les choses tout seul. Son équipe compte tout autant et lorsqu’il peut souligner son âge -et donc son besoin de soutien-, Stallone ne se prive pas. Tout le monde a son rôle à jouer. Sur le papier, l’embarras de Stallone (qui a écrit le script) est alors flagrant. Peu coutumier des films où de nombreux personnages se taillent la part du lion, il n’arrive jamais réellement à donner suffisamment d’épaisseur à ses seconds couteaux. Seuls Mickey Rourke et Jason Statham ont les honneurs de se voir attribué un parcours de vie un tant soit peu construit. Et encore, l’esquisse est légère. À peine assez solide pour meubler entre les bastons. Pour les autres, pas moyen d’en savoir plus. On apprend que le personnage de Randy Couture voit un psy, que Jet Li a besoin d’une augmentation, et que Dolph Lundgren a des problèmes en ce qui concerne la gestion de sa colère. Et encore, à ce dernier , Sly réserve un traitement de choix. Souvenir de Rocky 4 certainement, où le géant suédois avait envoyé Sly à l’hosto.
Le constat est alors sans pitié. Expendables compte beaucoup de personnages, mais peu d’entre-eux existent en dehors de l’action à proprement dite. C’est dommage, mais finalement assez prévisible, vu le background du réalisateur et le nombre de gros bras à caser en à peine 1h45.
C’est donc sur le papier qu’Expendables accuse le coup. Lors des échanges verbaux, bien moins percutants que ceux de la grande époque. Les répliques (punchlines) fusent, mais peu font vraiment mouche, tandis que la trame principale se contente de suivre une trajectoire prévisible pas franchement passionnante, inspirée par Les Douzes Salopards. Un peu comme le méchant, assez plat, pourtant incarné par ce grand chien fou d’Eric Roberts (et on ne parle pas du Général, joué par David Zayas de la série Dexter, qui s’avère transparent au possible).
De la même façon, difficile d’adhérer au dénouement qui, sous fond de Creedence Clearwater Revival, se permet une pantalonnade un peu périmée avant l’heure.

À trop vouloir soigner la forme, Stallone a oublié de peaufiner le fond. L’erreur est pardonnable. Mieux vaut cela que le contraire vu le concept. Ce que l’on demande à Expendables n’est pas de faire dans la dentelle, mais bel et bien d’en mettre plein les yeux. Ce contrat là est rempli. Expendables est un métrage généreux. Les affrontement sont secs et nerveux. Sly donne à ses fans ce qu’ils attendent. Comme quand il se mesure à Steve Austin, où quand ce dernier, légende de la WWE à la ville, se frotte au champion de free fight Randy Couture. De grands moments bourrés à ras la gueule de testostérone.
Espérons que la suite saura équilibrer la balance sans perdre de la puissance de feu dont témoigne ce premier opus, néanmoins recommandable et jubilatoire.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Lionsgate

Par Gilles Rolland le 5 août 2012

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