[Critique] TWILIGHT – CHAPITRE 4 : RÉVÉLATION 1ère PARTIE

STARVIDEOCLUB | 19 novembre 2012 | 1 commentaire

Titre original : The Twilight Saga : Breaking Dawn – Part 1

Rating: ★☆☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Bill Condon
Distribution : Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner, Billy Burke, Peter Facinelli, Elizabeth Reaser, Kellan Lutz, Nikki Reed, Jackson Rathbone, Ashley Greene…
Genre : Romance/ Vampire/ Fantastique/Saga/Suite
Date de sortie : 18 novembre 2011

Le Pitch :
C’est le grand jour. Edward et Bella sont enfin mariés, et partent en voyage de noces. Deux semaines après avoir consommé leur union, Bella réalise, incrédule, qu’elle est enceinte. Retournant d’urgence à Forks, le couple doit faire face à l’hostilité que suscite cette grossesse hors-norme. L’existence d’un enfant vampire né d’un couple humain/suceur de sang étant tabou, la famille loup-garou de Jacob Black, les Quileutes, s’apprêtent à rompre la trêve et affronter les Cullen afin de tuer l’enfant à naître qu’ils considèrent comme une aberration…

La Critique :
Cette critique est presque inutile. Là où on est, le phénomène Twilight semble avoir atteint son apogée depuis longtemps. Les teenagers qui sont tombées sous l’enchantement de la série ont maintenant grandi, beaucoup de son jeune public est passé à autre chose, et maintenant que le colosse culturel omniprésent auquel les films sont associés se fait de moins en moins pertinent, ce n’est presque plus la peine. Twilight est une blague qui a cessé d’être marrante. Ça ne servirait pas à grand-chose de repasser sa dépouille sur le grill, à moins que, bien sûr, la saga ne devienne encore plus pourrie qu’avant.

Heureusement, c’est bel et bien ce qui se passe.

Révélation est le livre que même les fans de Twilight n’ont pas aimé. C’est le franchissement du cap, le moment où la série laisse de côté la romance à l’eau de rose et les histoires mélodramatiques entre teenagers (avec des vampires ostensiblement en guest stars) et devient plus conventionnelle : une histoire ignoble d’horreur et de fantaisie où tout le désir, les gueules tristes et les grands soupirs laissent la place à une mythologie interne inutilement compliquée, les superpouvoirs de vampires, guerre ouverte entre monstres magiques, etc.…ou plutôt, c’est ce qui nous attend dans Révélation : 2ème partie. Parce que le chapitre ultime de Twilight est apparemment tellement épique qu’il doit être divisé en deux parties.

Soyons clair : un mariage, une copulation, et une grossesse ne prennent pas deux heures à raconter. Il n’y avait aucune raison de diviser Twilight en deux parties. Ce n’est qu’un stratagème de marketing désignée à suivre le modèle (justifiable) du chapitre final d’Harry Potter et rapporter la double dose de fric aux studios. De toute façon, Révélation : 1ère partie consiste uniquement à mettre l’intrigue sur pied. Après un troisième volet légèrement mouvementé, la série décide de rétrograder et on se retrouve à la case départ, dans le mode du premier film : c’est à dire, il ne se passe absolument rien jusqu’à la dernière dizaine de minutes. Bon, d’accord, il se passe quand même quelque chose : entre une succession quasi-infinie de scènes où une Kristen Stewart inexpressive fixe longuement la caméra du regard, accompagnée d’une chansonnette médiocre d’emo-rock, la série prend le temps de changer dramatiquement d’objectif.

Jusqu’ici, la saga Twilight a bassiné son public avec un message d’abstinence pour adolescents, mais Révélation s’ouvre sur le mariage d’Edward le vampire et de Bella la personnalité invisible. C’est tout le programme : la robe de la mariée, les répétitions, la cérémonie, l’échange des vœux, le baiser des mariés, la réaction des invités, l’après fête. Il y a même des speechs, notamment celui du père de Bella, Charlie Swan, qui n’a pas l’air content et laisse entendre qu’il a un flingue et qu’il sait s’en servir. Ainsi, le couple a enfin sanctifié leur union conjugale sous le regard de Jésus (ou Dracula ?), alors la franchise doit se remettre à jour, laissant de côté la propagande d’abstinence pour passer à la propagande anti-avortement.

Après une séquence de mariage presque aussi interminable que celle dans Voyage au bout de l’enfer, Bella décide qu’elle veut coucher avec Edward avant d’être transformée en vampire. S’ensuit alors une partie de jambes en l’air entre les deux mariés qui finit par casser le lit. Et puisque qu’on parle d’une création de Stephenie Meyer, Bella perd sa virginité et se fait immédiatement et violemment punir pour avoir osé accomplir un tel acte. Si jamais vous vous êtes interrogés sur les dommages que causeraient Superman s’il jouait à crac-crac avec Lois Lane, ne cherchez pas plus loin que Twilight. En effet, après sa défloration dans une étreinte brutale avec son mari, Bella se lève couverte de bleus. Mais elle ne « regrette pas », elle va « bien » et est « parfaitement comblée ».

Bref, après ces nuits de passion, Bella tombe enceinte (parce que bien entendu, Edward n’a jamais entendu parler de la contraception) d’un enfant mi-humain, mi-vampire qui menace sa grossesse et risque de la tuer. S’ensuit alors une série de discussions de plus en plus inconfortables sur le sort du bébé : Edward met la pression sur sa femme pour interrompre la grossesse, mais Bella préfère jouer les martyrs au nom de la procréation. Et pour ceux qui se posent la question, oui, dans tout ce bordel, les personnages n’oublient pas de se disputer sur l’usage du terme « fœtus » et « bébé ». Vous ne devinerez jamais qui gagne !

Comprenez bien, ce n’est pas forcément répréhensible si Twilight choisit d’insister sur ce message en particulier, mais quand même. Étant donné que jusqu’ici, la série a tout fait pour idéaliser la soumission de son héroïne à un homme et l’abandon de toute son indépendance et de sa volonté, c’est vraiment louche que le premier acte de défiance de Bella aboutisse à se soumettre encore plus pour remplir un autre devoir symbolique de la femme soumise traditionnelle. Oui, il faut juger les choses sur leurs propres mérites, mais désolé, à un niveau purement thématique, cette série est absolument détestable. Depuis le début, le récit de Twilight consiste à prendre une jeune femme essentiellement indépendante et cyniquement prudente par rapport à l’amour, et lui enseigner les vertus de la co-dépendance et de la soumission.

Et sinon, vous vous souvenez de Jacob ? Ce pauvre loup-garou beau-gosse n’arrive toujours pas à intégrer le fait qu’il est condamné à vivre dans la friend zone, mais ici il dépasse toutes les attentes. Taylor Lautner a toujours été connu pour enlever son t-shirt dans chaque film, mais dans cet opus, il met un temps record : la première minute du film ! Incroyable !
En bon boyfriend qui est prêt à tout risquer pour Bella (parce que visiblement, c’est clair qu’il l’aime plus qu’Edward), Jacob décide de changer de camp et se rebelle contre ses potes dans une scène mémorable, qui voit une bande de loups-garous animés par des effets-spéciaux misérables, aboyer entre eux, tandis que leurs interprètes se gueulent dessus en voix-off. Un moment absolument hilarant qui compte sans doute parmi les pires hontes de la carrière de Taylor Lautner, qui rappelons-le, a fait ses débuts dans Les Aventures de Sharkboy et Lava Girl, où il chevauche un cookie géant.

Il faut l’avouer, l’acte final est complètement démentiel et bien dans la veine de David Cronenberg, mais puisque c’est un film classé PG-13 avec des prétentions de « drame sérieux », ça reste respectable et dans le cadre du bon goût et finalement assez décevant. C’est dommage, puisqu’à ce stade, seul le kitsch pourrait sauver la série de la noyade. Cette fois-ci, Bill Condon est le nouveau bonhomme derrière la caméra, et si dans le passé ses films sont assez honorables (Dr Kinsey et Ni dieux ni démons), son talent n’est que du téléphoné ici : comme le reste de la série, Révélation est plat, terne et possède toute l’élégance d’un téléfilm.

Mais pourquoi insister ? Twilight : Chapitre Au Très Long Titre donnera aux fans ce qu’ils recherchent. Autant parler de pingouins. Le film se termine brutalement et laisse plus de questions que de réponses. Et si le bébé, c’était Blade ? Le voir déclarer chasse ouverte sur les vampires bling-bling, voilà qui serait un bon rebondissement ! Plus que jamais, la saga a montré sa compréhension logique et mature de l’esprit de ses fans. Ou du moins, comment en faire profit. Il ne reste plus qu’un film, Twilight – Chapitre 4 : Révélation, 2ème partie. Il a intérêt a avoir toutes les réponses. Parce que sinon, Charlie Swan a un flingue, et il sait s’en servir.

@ Daniel Rawnsley

Critique de Twilight – Chapitre 4 : Révélation 2 ème partie ici !

Crédits photos : SND Diffusion

Par Daniel Rawnsley le 19 novembre 2012

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yani
yani
5 années il y a

pourquoi vous fète pas un notre twilight par exemple le 6 et apré le 7 …