[Critique] 28 ANS PLUS TARD

CRITIQUES | 29 juin 2025 | Aucun commentaire
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Titre original : 28 Years Later

Rating: ★★★★★

Origines : États-Unis/Royaume-Uni

Réalisateur : Danny Boyle

Distribution : Alfie Williams, Aaron Taylor-Johnson, Jodie Comer, Ralph Fiennes, Edvin Ryding, Jack O’Connell…

Genre : Horreur/Suite/Saga

Durée : 1h55

Date de sortie : 18 juin 2025

Le Pitch :

28 ans après la libération au Royaume-Uni du virus de la fureur, alors que le pays, en quarantaine, est devenu une terre dévastée par la mort et la souffrance, des colonies éparses tentent de mener une existence à peu près normale. Dans l’une d’entre-elles, au beau milieu d’une petite île, un garçon s’apprête à effectuer sa première sortie sur le continent, accompagné de son père. Un rite d’initiation qui va tout changer…

La Critique de 28 ans plus tard :

Danny Doyle et le scénariste Alex Garland (décidément très actif en ce moment, aux commendes dernièrement des excellents Civil War et Warfare) n’ont pas attendu 28 ans pour à nouveau s’associer afin d’offrir un troisième volet à la saga initiée en 2002 avec 28 jours plus tard. Non, ils ont précisément attendu 23 ans. 28 ans plus tard arrivant également 18 ans après 28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo, sur lequel aucun des deux n’était réellement impliqué. Avec 28 ans plus tard où le duo remet la saga dans les rails du premier volet, sur un mode à la fois plus expérimental, plus audacieux aussi, et plus radical.

Réinventer le zombie

Aucun réalisateur n’avait osé faire courir les zombies avant Danny Boyle. Par la suite, deux ans après 28 jours plus tard, Zack Snyder a pris le même chemin avec L’Armée des morts mais avant, tous les zombies se traînaient, conformément aux règles établies par le mètre-étalon du genre, à savoir La Nuit des morts-vivants, de George A. Romero. Faire courir les zombies… Il n’est d’ailleurs jamais vraiment question de zombies dans 28 jours plus tard. On parle d’infectés. De victimes d’un virus, la fureur, qui transforme les humains en bêtes sauvages.

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Robin des zombies (pas la meilleure vanne du site on est d’accord) dans 28 ans plus tard. Tous droits réservés : Columbia Pictures/DNA Films/BFI Decibel Films

Mine de rien, l’arrivée de 28 jours plus tard a changé beaucoup de choses, y compris parce qu’à l’époque, Boyle n’a pas hésité à expérimenter des idées de mise en scène très novatrices. Ce qu’il a d’ailleurs à nouveau accompli avec 28 ans plus tard, en utilisant notamment des iPhones, afin de conférer à son long métrage un réalisme influant directement sur son caractère très immersif.

Un film bien monté

Concernant le montage, Danny Boyle continue également à expérimenter, quitte à, dans un premier temps, déconcerter. Ainsi, pendant toute la première partie, quand le jeune garçon se frotte pour la première fois aux réalités de son monde, Boyle intercale des images d’archives guerrières, épaulé par l’excellente et perturbante musique de John Murphy, en contradiction avec des codes que le metteur en scène manipule à sa guise pour mieux servir son histoire. Une façon également d’offrir au film une profondeur et une véritable poésie macabre qui toujours vient appuyer une émotion prégnante.

Du sang et des (l)armes

Si 28 semaines plus tard s’était imposé telle une suite extrêmement solide et pertinente à 28 jours plus tard, ce troisième volet voit plus grand et consolide tout en les développant, les bases que Boyle et Garland avaient posé en 2002. Y compris au niveau de l’émotion, avec des thématiques relatives à la famille et au deuil, qui mettent en exergue un discours plus profond qu’il n’y paraît. Loin des spectacles opportunistes, sur une tonalité qui lui est propre, 28 ans plus tard fait preuve d’une audace folle quand il s’agit de questionner des thématiques universelles, sans jamais cesser de penser à proposer des scènes puissantes, parfaitement agencées.

Au service d’une histoire d’amour filial vibrant, le réalisateur sait de plus exploiter ses acteurs, qu’il s’agisse du jeune et prodigieux Alfie Williams, de la toujours impeccable Jodie Comer, d’Aaron Taylor-Johnson, enfin de retour dans un rôle solide et bien sûr de Ralph Fiennes, qui défie les pronostics, dans les frusque d’un personnage étonnant à bien des égards.

Changement de braquet

Marqué par des ruptures de ton parfois brutales, radical sur le fond et la forme, 28 ans plus tard ne déçoit pas. Au contraire tant Boyle et Garland sont bel et bien revenu aux zombies pour non pas se reposer sur leurs lauriers mais tenter des choses et prendre des risques. Un peu à l’image de cette fin, qui n’a pas plu à tout le monde et qui annonce une suite qui à nouveau, pourrait bien faire souffler sur le genre un vent pour le moins… radical. Oui, c’est le mot.

En Bref…

Clivant, audacieux, burné à mort… 28 ans plus tard fait bouger les lignes et s’impose, comme le premier volet en son temps, tel une nouvelle référence. Danny Boyle et Alex Garland ayant injecté dans ce spectacle tout ce qu’il faut de décalage, d’émotion, de ruptures de ton, de sang, de tripes et de larmes pour en faire l’un des meilleurs films d’horreur de ces dix dernières années.

@ Gilles Rolland

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Ralph Fiennes a plutôt du nez quand il s’agit de choisir ses films (vous avez la réf ?). 28 ans plus tard. Tous droits réservés : Columbia Pictures/DNA Films/BFI Decibel Films
Par Gilles Rolland le 29 juin 2025

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