[Critique] AGENTS PRESQUE SECRETS

CRITIQUES | 26 août 2016 | Aucun commentaire
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Titre original : Central Intelligence

Rating: ★★★☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Rawson Marshall Thurber
Distribution : Dwayne Johnson, Kevin Hart, Amy Ryan, Danielle Nicolet, Jason Bateman, Aaron Paul, Ryan Hansen…
Genre : Comédie/Action
Date de sortie : 24 août 2016

Le Pitch :
Au lycée, Bob Stone était le souffre-douleur. Celui dont tout le monde se moquait. À l’inverse, Calvin Joyner était le gars que tout le monde admirait. 20 ans plus tard, la tendance s’est en revanche inversée. Bob a totalement changé d’apparence et a été recruté par la CIA, tandis que Calvin est devenu comptable et ne cesse de se lamenter quant à la direction qu’a pris sa vie. Quand Bob décide de recontacter Calvin pour le faire participer à une opération top secrète, tout change pour ce dernier, qui se voit entraîné dans une aventure haute en couleurs…

La Critique :
Dwayne Johnson, alias The Rock, ancienne star des rings de la WWE, n’est pas le premier monsieur muscles à faire carrière dans le cinéma. Dès que ce dernier a mis un pied sur un plateau de tournage, le public et les médias ont vu en lui le digne successeur d’Arnold Schwarzenegger qui pour sa part, les choses sont bien faites, se préparait à embrasser une carrière de gouverneur et donc de délaisser un temps les tournages. Le passage de flambeau a d’ailleurs, concrètement parlant, eut lieu à l’occasion de Bienvenue dans la jungle, de Peter Berg, dans lequel on peut voir Johnson brièvement croiser Schwarzenegger qui lui balance un « have fun » qui veut plus ou moins dire « je me casse, garde la baraque pour moi et surtout profites-en. »
Si la carrière de Johnson rassemble pour le moment quelques bons films, on peut difficilement la comparer à celle de son aîné, qui avait réussi à rapidement collaborer avec les plus grands. Pourtant, The Rock suit à peu près la même trajectoire, en cela que lui aussi s’est vite intéressé à la comédie. À l’instar d’Arnold qui avec Jumeaux ou Un Flic à la Maternelle avait affirmé vouloir assaisonner sa vision de l’action au cinéma d’une bonne dose d’humour, Dwayne Johnson a toujours tenu à donner l’image d’un acteur multi-talents pas juste bon à sortir les pecs pour ensuite bourrer de coups la tronche des méchants, prouvant au passage de véritables compétences quand il s’agit de faire rire son audience. Pourtant, si on fait exception de No Pain No Gain de Michael Bay dans lequel il est très drôle, l’ex-catcheur n’a pour le moment pas encore trouvé le moyen d’enjoliver sa verve drolatique dans un long-métrage vraiment bon à tous points de vue. À chaque fois c’est pareil. Il manque un truc. Comme avec cet Agents Presque Secret

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Dwayne Johnson est clairement l’atout numéro 1 du film de Rawson Marshall Thurber. En ancien bouc-émissaire, désormais taillé comme une armoire normande mais toujours un peu original dans sa façon d’appréhender les choses, il est excellent. À fond dans l’autodérision, il joue de son physique pour venir nourrir une dynamique bien particulière, et porte pour ainsi dire une large partie du film à la seule force de son charisme. Son duo avec Kevin Hart, reposant sur un décalage physique évident (Johnson est aussi immense que Hart est petit), fonctionne lui aussi plutôt pas mal. Non pas grâce à ce décalage qui s’appuie sans audace sur la mécanique inoxydable du buddy movie, mais parce que les deux acteurs s’entendent visiblement très bien. Leur alchimie fait plaisir à voir et chacun tient ses positions pour le bien d’un équilibre certes précaire, mais néanmoins bien présent. Grâce à eux, Agents Presque Secret fait rire. Rapidement et souvent. Du moins dans sa première partie, quand on nous raconte simplement comment l’ex-coqueluche du lycée revoit 20 ans plus tard l’ex-souffre-douleur, pour s’apercevoir que les rôles ont plus ou moins été échangés. On nous cause de nostalgie et des déceptions qui peuvent aller de pair avec le passage à l’âge adulte. Le tout avec un belle légèreté et, on le répète, l’apport considérable de deux types très à l’aise, à l’humour calibré pour toucher un maximum de cibles.
Malheureusement, le film tient aussi à nous faire avaler une histoire farfelue d’agents secrets infiltrés. Qui est qui ? Bob Stone, le personne de The Rock, est-il vraiment celui qu’il prétend être ou pas ? Et les méchants, où sont-il vraiment ? À vrai dire, on s’en balance très vite. Central Intelligence (le titre original, beaucoup mieux que le français comme souvent) se perd dans une deuxième intrigue mal écrite, qui se prend les pieds dans le tapis sans parvenir à se justifier. À ce compte là, il devient évident dès que les bases de cette histoire dans l’histoire sont posées, que le long-métrage aurait gagné à se concentrer sur les retrouvailles de deux anciens copains de lycée et de leur revanche sur la vie. Surtout qu’au fond, les trucs d’agents secrets, il y en a déjà assez et que très peu, parmi ceux qui ont un jour voulu prendre le genre à revers, par le prisme de la comédie, ont vraiment réussi.

Le problème étant qu’au fil des minutes, cette deuxième intrigue tire progressivement l’ensemble vers le bas. La rythmique patine, ça sent le réchauffé et un peu le faisandé, et le coup de théâtre final, qui n’en est pas vraiment un, ne tient pas la route. Dommage pour Aaron Paul, qui intervient justement au sein de cette intrigue parallèle…
Mais à la toute fin, Agents Presque Secret redresse un peu le tir. Le réalisateur, auquel doit les hilarants Les Miller, une Famille en Herbe et Dodgeball, est d’ailleurs beaucoup plus à l’aise dans la comédie pure que dans la comédie d’action, qu’il filme un peu comme un fonctionnaire. Proprement mais sans trop d’inventivité et de passion. Mais l’important au fond c’est qu’il sache mettre en valeur son duo et la générosité qui en découle.
Pas mémorable, Agents Presque Secret demeure malgré ses défauts, très sympathique plus souvent que nombre de ses « concurrents ». Et tant pis si Kevin Hart nous fait du Kevin Hart car après tout, c’est lui qui le fait le mieux. Sur bien des aspects, il sait interagir avec son partenaire pour lui aussi contribuer à la réussite de suffisamment de scènes pour permettre au film de ne pas sombrer.
Ce qui n’empêche pas d’attendre avec impatience le jour où Dwayne Johnson rencontrera la personne qui saura lui offrir sur un plateau d’argent LA comédie qui lui permettra de briller comme l’étoile qu’il s’efforce d’être depuis ses débuts devant la caméra.

@ Gilles Rolland

CENTRAL INTELLIGENCE  Crédits photos : Universal Pictures International France

Par Gilles Rolland le 26 août 2016

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