[Critique] ANON

CRITIQUES | 8 mai 2018 | Aucun commentaire
Anon-poster

Titre original : Anon

Rating: ★½☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Andrew Niccol
Distribution : Clive Owen, Amanda Seyfried, Colm Feore, Sonya Walger, Mark O’Brien, Joe Pingue…
Genre : Thriller/Science-Fiction
Date de sortie : 4 mai 2018 (Netflix)

Le Pitch :
Dans le futur, tout le monde est équipé d’un système permettant de tout enregistrer. Tous les êtres humains sont de plus fichés dans une gigantesque base de données et personne ne semble échapper à cet archivage hyper complexe. Personne sauf cette mystérieuse jeune femme qui a fait de l’effacement des images dans les fichiers personnels de ses clients une véritable profession. Qui est-elle et pourquoi semble-t-elle vouloir éliminer tous ceux qui font appel à elle ? C’est que ce qu’un inspecteur de police va essayer de comprendre…

La Critique de Anon :

Scénariste brillant (on lui doit notamment le script de The Truman Show), Andrew Niccol fait surtout partie du club très privé des réalisateurs qui ont réussi à imposer un film parmi les classiques du cinéma. Ce film, c’est bien sûr Bienvenue à Gattaca, qui a fait de lui le metteur en scène/scénariste à suivre de la fin des années 90. Vint ensuite le puissant et malin Lord Of War. Juste après le sympathique S1m0ne, que beaucoup assimilent alors déjà à une erreur de parcours. Niccol qui a quoi qu’il en soit semblé avoir du mal à véritablement rebondir après ses succès. Pourquoi par exemple s’être fourvoyé avec Les Âmes Vagabondes, le premier volet d’une saga tuée dans l’œuf en raison de résultats jugés insuffisants au box-office ? Bref, c’est presque 4 ans après la sortie de Good Kill, qui avait démontré qu’il en avait encore sous le pied, qu’Andrew Niccol déboule avec Anon, un long-métrage de science-fiction aussi décevant qu’inutilement alambiqué et au final tragiquement vain…

Anon-Amanda-Seyfried

Anon ? Non, non…

Il semblerait que Netflix désire se constituer un solide catalogue S.F. en permettant à des auteurs jadis adulés mais aujourd’hui en mal de crédit auprès des gros studios de cinéma, de concrétiser leurs projets. Hier, c’était Duncan Jones qui cédait aux sirènes du géant du streaming, avec Mute. Aujourd’hui, c’est Andrew Niccol que l’on retrouve sur la plate-forme. Malheureusement, dans un cas comme dans l’autre, une certaine déception est de mise… Pourquoi ? Dans le cas de Anon, puisque c’est de cela dont il s’agit ici, c’est assez simple : ennuyeux, relativement prétentieux, Anon ne parvient en outre jamais vraiment à se montrer passionnant, voire même vaguement stimulant. Un comme si Andrew Niccol avait écrit son script sous Lexomil avant de le tourner en doublant la dose. Où est le visionnaire de Bienvenue à Gattaca et de The Truman Show ? Aucune idée, mais il n’est pas là. Transparent, l’auteur à la prose jadis si stimulante, se contente d’essayer de brouiller les pistes au fil d’un thriller high-tech profondément anecdotique. De quoi faire passer Time Out, son précédent film avec Amanda Seyfried (et Justin Timberlake), sympathique au demeurant, pour l’équivalent S.F. de Citizen Kane.

Dystopie : « stopie ! »

Le problème, c’est que si l’écriture de Anon prend des chemins détournés inutiles, en essayant mollement d’imposer sa réflexion en forme de signal d’alarme sur les réseaux sociaux, avec la finesse d’un char d’assaut, la mise en scène enfonce le clou. Pour faire simple, c’est mou. Lisse et mou. La photographie est très élégante mais trop froide également. On reconnaît ici ou là le style de Niccol mais on s’aperçoit aussi que ce dernier ne fait pas trop d’efforts, que ce soit pour se renouveler ou même pour s’appliquer, se contentant de faire le minimum syndical. Idem au niveau de la direction d’acteurs. Clive Owen est en pilotage automatique et Amanda Seyfried itou. Rien de très folichon à se mettre sous la rétine en somme. Alors oui, on peut parler de déception. Pas foncièrement nul de chez nul. Juste inintéressant.

En Bref…
Mou, lent, bavard, un peu prétentieux et plat, Anon ne possède aucun véritable atout lui permettant de s’imposer à un moment ou à un autre. Au mieux son introduction s’avère assez intrigante mais les enjeux tout comme le déroulement de l’histoire et son dénouement, se chargent de flinguer la crédibilité d’un projet hyper bancal et ridicule plus qu’à son tour.
Dans le film, le personnage d’Amanda Seyfried efface des images compromettantes. Si elle pouvait faire pareil en virant ce film de la filmographie d’Andrew Niccol, ce serait lui rendre un fier service…

@ Gilles Rolland

Anon-Clive-Owen  Crédits photos : Netflix

Par Gilles Rolland le 8 mai 2018

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