[Critique] CAPTAIN MARVEL

CRITIQUES | 9 mars 2019 | Aucun commentaire
Captain-Marvel-poster
Rating: ★★★½☆

Titre original : Captain Marvel

Origine : États-Unis

Réalisateurs : Anna Boden, Ryan Fleck

Distribution : Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law, Clark Gregg, Ben Mendelsohn, Gemma Chan, Lee Pace, Annette Bening, Djimon Hounsou, McKenna Grace…

Genre : Science-Fiction/Fantastique/Action/Adaptation/Saga

Date de sortie : 6 mars 2019

Le Pitch :

Carol Danvers a tout oublié de son passé. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle fait partie du corps d’élite des Kree, un peuple humanoïde garant d’une technologie très avancée, à l’autre bout de la galaxie. C’est quand une mission la conduit accidentellement sur Terre, au beau milieu des années 90, que la jeune femme commence à prendre conscience de qui est elle vraiment. Opposée à de puissants ennemis, elle va alors devoir apprendre à maîtriser ses extraordinaires pouvoirs pour espèrer à la fois découvrir qui elle est vraiment mais aussi protéger la galaxie de ceux qui ne cessent d’en menacer le fragile équilibre…

La Critique de Captain Marvel :

Teasée à la fin d’Avengers : Infinity War, Captain Marvel se raconte aujourd’hui dans un film dédié à ses origines. L’occasion pour les studios Marvel de mettre (enfin) en avant une super-production reposant quasiment entièrement sur les épaules d’une héroïne, plus de 10 ans après les débuts du MCU, mais aussi l’opportunité d’un peu plus faire monter la pression quant au dénouement très attendu de l’arc narratif de Thanos. Car la promotion de Captain Marvel s’est jouée sur le fait que c’était potentiellement ce nouveau personnage qui pourrait largement contribuer à s’opposer au titan après l’échec conjoint des Avengers. Forcément, comment ne pas avoir envie de connaître l’histoire de cette super-héroïne si puissante ? Comment ne pas aussi accueillir à bras ouverts Brie Larson dans le MCU ? Comment ne pas être curieux à l’idée d’assister aux débuts de l’agent Nick Fury, incarné ici par un Samuel L. Jackson miraculeusement rajeuni par une technologie de plus en plus convaincante ? Comment…

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Vers l’infini et presque au-delà

On ne va pas se mentir… Le début de Captain Marvel est très laborieux. On découvre le personnage sur sa planète, elle se bât, Jude Law a l’air de cacher un truc, Annette Benning apparaît lors de visions lourdingues… Pas franchement de quoi crier au génie. Quand Anna Boden et Ryan Fleck enfoncent le clou et nous imposent un long passage un peu psyché, en forme de collage maladroit de flash-back censé être mystérieux, c’est pire… L’ennui guette et les deux principaux problèmes de Captain Marvel commencent à se dessiner. Et d’ailleurs, autant poursuivre par là… Pour mettre en scène son pamphlet féministe, Marvel est allé chercher le duo Anna Boden/Ryan Fleck. Le principal fait d’arme de Boden et Fleck ? Le drame Half Nelson. Pas un mauvais film bien sûr mais rien à voir avec un blockbuster Marvel. Car il apparaît en effet très clairement que le duo ne sait pas trop comment gérer cette grosse machine, dont les commandes ont subitement, et inexplicablement, atterri entre leurs mains. Alors oui, ça fait indiscutablement cool de confier les manettes à des cinéastes issus du cinéma indépendant. Brie Larson vient d’ailleurs aussi de ce même cinéma. Pourtant, à l’arrivée, si le fait de confier un tel projet à de tels réalisateurs a permis à Kevin Feige, le grand patron de Marvel, de garder le contrôle, cela a également fragilisé la structure même du film. Parce que si il contient quelques beaux passages, puissants et lyriques, à l’image du combat final, Captain Marvel « brille » surtout par sa mise en scène un peu boiteuse. Lors des combats notamment. Le problème, l’autre problème, c’est que le scénario lui aussi est fragile. Entre les blagues plus ou moins réussies, passages obligatoires de toute bonne production Marvel qui se respecte, et les inclinaisons hasardeuses d’un récit décousu, difficile de se passionner instantanément pour les aventures de Carol Danvers.

Brie Larson à la rescousse

Le début de Captain Marvel est donc compliqué et si après, cela s’arrange un peu, régulièrement, un petit détail vient plomber le film. Comme cette explication quant à l’œil de Nick Fury… Un détail oui, mais tellement à la ramasse qu’au final, il vient carrément symboliser à lui seul la tendance du film à se donner beaucoup de mal pour sombrer de temps en temps dans la bouffonnerie, au point de casser la tension. Cela dit, Brie Larson, elle, ne faillit jamais. Dès le début, elle s’impose comme une évidence. De tous les plans ou presque elle est fantastique. Dans tous les sens du terme. Charismatique, elle sait exprimer le côté fragile de son personnage mais surtout sa détermination. Elle sait faire preuve de force dans les combats et de légèreté dans l’humour. Une grande actrice au service d’un long-métrage inégal. À ses côtés, Samuel L. Jackson, dont, on le répète, le rajeunissement est assez incroyable, fait le job avec le professionnalisme qui le caractérise, tandis que les autres, font aussi bonne figure. Surtout Ben Mendelsohn en fait. Mais cela n’a rien de surprenant vu le talent du bonhomme. Le casting, assorti aux quelques bonnes idées, au beau message que le film porte et à certaines trouvailles graphiques plutôt sympathiques, fait de Captain Marvel un Marvel intéressant, à défaut d’être mémorable. Car entre les quelques blagues amusantes, les bastons dantesques de Carol Danvers et plus globalement les bonnes idées, il faut supporter tout ce qui ne va pas. Tout ce qui a été souligné plus haut donc, mais aussi la lourdeur de Marvel qui, visiblement, ne veut pas du tout que le spectateur passe à côté de l’aspect féministe de son film. Que ce soit à travers la bande-originale (constituée de tubes des 90’s donc) ou les réguliers appels du coude que le studio nous lance, il cherche absolument, avec la finesse d’un Panzer, à nous prouver par A + B que Captain Marvel est le premier blockbuster super-héroïque 100% féministe. Ce qu’il n’est pas bien sûr, car Wonder Woman est passée par là, avec autrement plus de délicatesse. Et puis à vrai dire, Marvel insiste tellement, qu’à la fin, il est légitime de se demander si à force d’enfoncer le clou, le film ne finit pas par légèrement desservir son propos…

En Bref…

C’est après un premier quart laborieux que Captain Marvel commence à exploiter son potentiel, même si le scénario décousu et la mise en scène fragile, l’empêchent de vraiment taper fort. Mais Brie Larson, formidable, assure le show, de concert avec un Samuel L. Jackson en pleine bourre. Il y a aussi ce message éloquent et magnifiquement incarné par Brie Larson, qui fait mouche. Surtout si on ne tient pas compte de l’insistance lourdingue avec laquelle Marvel tente de le faire passer en force…

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : The Walt Disney Company France
Par Gilles Rolland le 9 mars 2019

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