[Critique] CONAN

CRITIQUES | 21 janvier 2012 | 1 commentaire

Titre original : Conan The Barbarian

Rating: ★★☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Marcus Nispel
Distribution : Jason Momoa, Stephen Lang, Rose McGowan, Rachel Nichols, Ron Perlman, Said Taghmaoui…

Genre : Heroïc Fantasy/Action/Aventure
Date de sortie : 17 aout 2011

Le Pitch : Né sur le champ de bataille, Conan est un guerrier dans l’âme. Habité par un ardent désir de vengeance depuis le jour où un chef barbare mégalo a décimé son village, le séducteur des steppes parcours le monde en quête de justice…

La Critique :
Il fallait s’y attendre ! Qu’est-ce qui pouvait ressortir de bon d’une telle entreprise ?
A la base, un livre référence signé Robert E. Howard et un film culte en forme de pierre angulaire de l’heroïc-fantasy, réalisée par un cinéaste badass au possible (John Milius), écrit par un franc-tireur revêche (Oliver Stone), habitée par une bande originale grandiose (de Basil Poledouris) et portée par un acteur bestial (Arnold Schwarzenegger). Un monument crépusculaire, sauvage à la puissance évocatrice inégalée, qui, presque 30 ans plus tard, n’a rien perdu de sa puissance.
Aux commandes de cette nouvelle version, l’opportuniste de service Marcus Nispel, spécialiste du remake : l’homme, qui avait plutôt fait bonne impression en offrant une relecture moderne (mais inutile) du Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hopper, avant de décevoir via un Vendredi 13 assez putassier.

Nous voici donc embarqué de force à bord d’un navire percé de toutes parts, qui sous une ambition affichée d’offrir au plus célèbre des barbares du septième-art, un nouveau fait d’arme, livre un long-métrage transparent et c’est le comble, déjà périmé.

Pourtant, en étant prévenu, la meilleure chose à faire était d’entrevoir ce nouveau Conan comme un film à part entière et non comme un remake, voire comme une relecture du roman de Robert E.Howard. Peine perdu. A peine commencé, le film ne cesse de rappeler à quel point le Conan original, le seul et l’unique était un grand film, et surtout à quel point le nouveau fait pâle figure. Jamais le film de Nispel n’arrive à se démarquer d’une quelconque manière que ce soit. Le postulat de départ est à peu près le même (pour vous faire une idée, vous prenez l’intro de Conan le Barbare, vous enlevez la musique et la poésie et vous mettez le tout entre les mains d’un réalisateur de clip gavé de produits calibrés MTV pour ados fans de jeux-vidéos et vous pourrez vous faire une idée du résultat.) et le reste, de son côté, finit d’enterrer des espérances bien maigres. Le verdict est alors sans appel : l’intro est totalement foiré, excessivement ridicule et la suite est à peine au-dessus. Et ce n’est pas Ron Perlman, molosse ici peu concerné affublé d’un costume complètement à la ramasse qui dira le contraire.

Le long-métrage n’est qu’une longue cinématique riche en hémoglobine. L’intrigue, cousue de fil blanc, est prétexte à des scènes de baston où Conan apparaît comme une espèce de super-héros. Un type capable de tout (surtout du pire), qui semble hésiter en permanence entre le playboy bigarré et le bodybuilder taciturne. La crédibilité du cimérien en prend un sacré coup dans l’aile et Jason Momoa a beau y faire, rien ne fait plus regretter Arnold que les entrechats du jeune acteur au sourire charmeur. Et si la performance de Momoa dans Le Trône de Fer pouvait rassurer, force est d’admettre qu’ici, on est plus proche d’un Kevin Sorbo dans Hercule (on se rappelle alors que Momoa a aussi joué dans Alerte à Malibu). Une comparaison qui s’impose tant les scénaristes (3 pour être précis) et le metteur en scène semblent s’acharner sur le pauvre comédien, constamment tiraillé dans ce qui s’avère être un monumental bordel.

Mais tout n’est pas à jeter dans Conan version 2011. Si l’on ne peut pas nier que le film est non seulement un outrage à l’œuvre de John Milius mais aussi une insulte relative au bouquin de Robert E. Howard, on peut trouver ici ou là quelques trucs sympatoches. Les décors par exemple ont parfois un beau rendu, de même que certaines batailles, correctement chorégraphiées, au point de faire oublier les effets spéciaux approximatifs. Pourtant trop long, le film ne laisse que très peu de répit à l’action et accumule la tripaille avec une énergie parfois communicative. Tout n’est pas à jeter non, même si l’insupportable méchant, incarné par le bourrin Stephen Lang, plombe quand même pas mal d’ensemble (après sa performance dantesque dans Avatar, Lang confirme tout le « bien » qu’il faut penser de lui). Dans ce travail de sape, Lang trouve d’ailleurs en Rose McGowan une alliée de poids, elle qui en fait des caisses avec une conviction proche du néant.
Mais encore une fois, nous étions prévenus…

@ Gilles Rolland

Par Gilles Rolland le 21 janvier 2012

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[…] en en respectant les codes. Visuellement soigné (Marcus Nispel est, quoi qu’on pense de son Conan, un solide artisan), brutal et rythmé, ce Vendredi 13 ne démérite vraiment jamais et propose un […]