[Critique] CRIMINAL SQUAD

CRITIQUES | 24 février 2018 | Aucun commentaire
Criminal-Squad-poster

Titre original : Den Of Thieves

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Christian Gudegast
Distribution : Gerard Butler, O’Shea Jackson Jr., Pablo Schreiber, Curtis Jackson, Evan Jones, Maurice Compte, Kaiwi Lyman, Mo McRae, Brian Van Holt, Meadow Williams…
Genre : Thriller
Date de sortie : 21 février 2018

Le Pitch :
Un gang de braqueurs particulièrement audacieux va tenter de dérober plusieurs millions de dollars à la réserve fédérale de Los Angeles. Le Shérif et ses hommes, qui sont connus pour leurs méthodes violentes non-conventionnelles, sont sur le coup…

La Critique de Criminal Squad :

Nous voici donc en face d’un film de braqueurs réalisé et co-écrit par le fils du mec qui joue Victor dans Les Feux de l’Amour. Christian Gudegast, c’est son nom, dont c’est la première réalisation, lui qui a auparavant écrit La Chute de Londres, avec Gerard Butler, que l’on retrouve ici, en compagnie de O’Shea Jackson, le fils d’Ice Cube, de 50 Cents et de toute une tripotée de mecs hyper burnés qui puent la testostérone à 100 bornes. Ah oui, et n’oublions pas Paul Scheuring, le créateur de Prison Break, lui aussi au scénario, et Eric Braeden, le célèbre Victor des Feux de l’Amour, également présent au casting. La boucle est bouclée, la critique peut commencer…

Criminal-Squad

Heat Discount

Christian Gudegast et Paul Scheuring s’y sont mis à deux pour l’écrire, mais au final, leur film pompe allègrement Heat, le chef-d’œuvre de Michael Mann, avec Robert De Niro en braqueur et Al Pacino en flic. Bien sûr, il y a des différences, mais la trame est plus ou moins la même et entend étudier les relations entre les flics et les voleurs, tout en proposant quelque chose de couillu et de profond. Le personnage de Gerard Butler, Big Nick, est tout spécialement calqué sur celui de Pacino dans Heat : ils sont flics, leur vie de famille part en vrille, leurs méthodes sont un peu extrêmes, ils sont eux-mêmes sur le fil du rasoir… Du côté des braqueurs, le film tente bien d’imposer une figure charismatique en la personne de Pablo Schreiber, mais forcément, ça ne marche pas aussi bien qu’avec Bob De Niro dans Heat. Le long-métrage dans son ensemble, en forçant souvent la comparaison avec son modèle, ne fonctionne pas lui non plus aussi bien. C’était prévisible mais cela ne veut pas nécessairement dire que Criminal Squad est mauvais…. Même si il se prend un peu pour ce qu’il n’est pas. Avec son twist final, il tente d’aller au delà de la simple condition de film de braquage et se prend les pieds dans le tapis. Il traîne en longueur et ne soigne pas toujours les aspects les plus primordiaux de son histoire pour lui permettre de tenir bon jusqu’à la ligne d’arrivée. Là où Heat savait à la fois mettre en valeur le duo De Niro/Pacino, mais aussi toute la galerie de personnages les entourant (à commencer par Val Kilmer et Ashley Judd), Criminal Squad en oublie plein en chemin et reste à la surface, en réduisant certains à de simples archétypes dont on finit par se moquer.

Butler on fire

Mais passons aux bons points. Criminal Squad a beau être un peu trop prétentieux pour être honnête, parfois décousu et pas aussi percutant qu’espéré, il demeure un divertissement tout à fait sincère. La « faute » à Gerard Butler notamment, dont le charisme rustre, les saillies verbales et globalement toutes les interventions suffisent presque à rendre le tout sympathique. Dommage que ce soit dans un film assez imparfait que le comédien trouve l’un de ses meilleurs rôles. N’oublions pas de louer son talent pour camper avec force et sincérité un personnage semble-t-il taillé sur mesure, pas trop bourrin mais un peu quand même, méchant mais gentil dans le fond et savoureusement rétro. En face, on y revient, Pablo Schreiber fait un job tout à fait honorable lui aussi. Sa présence est indéniable et si on regrettera que les affrontements avec Butler soient assez tièdes, ce n’est en rien à cause de lui. O’Shea Jackson Jr. aussi est très bien d’ailleurs (après sa performance dans N.W.A. – Straight Outta Compton).
Mais quoi qu’il en soit, Criminal Squad n’est jamais aussi intéressant que lorsque Butler est dans la place. Il est l’âme du film et sa force première. Il contribue à une montée en tension riche en ratés mais permet aussi au métrage de conserver une tenue convenable jusqu’au bout. Surtout quand il fait parler la poudre, soulignant le talent de Christian Gudegast, dont la mise en scène, solide, permet à Criminal Squad de nous régaler avec quelques morceaux de bravoure. Les balles fusent, ça pète de partout, la caméra est là où il faut, on s’y croirait. De quoi encourager le constat suivant : avec une bonne demi-heure de moins, si il avait remisé des prétentions qu’il n’assume pas jusqu’au bout et en s’en tenant aux bons vieux codes des films d’action d’antan, Criminal Squad aurait vraiment pu toucher au vif.

En Bref…
Parfois percutant, mis en scène avec une hargne certaine et porté par une galerie de gueules burinées dominée par un Gerard Butler en pleine possession de son art brut de décoffrage, Criminal Squad n’est jamais meilleur que quand il ne cherche pas à singer Heat en essayant de prendre à revers son public sans y parvenir. Le twist final laissant malheureusement une impression de réchauffé ne rendant pas justice aux efforts fournis par les forces en présence et rappelant qu’on est aussi ici en face d’un thriller englué dans ses propres prétentions.

@ Gilles Rolland

Criminal-Squad-Gerard-Butler  Crédits photos : Metropolitan FilmExport

Par Gilles Rolland le 24 février 2018

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