[Critique] DREDD

CRITIQUES L'ÉTRANGE FESTIVAL 2012 | 18 septembre 2012 | Aucun commentaire

L’Étrange Festival 2012

Titre original : Dredd

Rating: ★★★½☆ (moyenne)
Origine : États-Unis/Angleterre/Inde
Réalisateur : Pete Travis
Distribution : Karl Urban, Olivia Thirlby, Lena Headey, Rakie Ayola, Wood Harris, Domhnall Gleeson, Warrick Grier, Jason Cope…
Genre : Science-Fiction/Action/Adaptation
Date de sortie : 11 février 2013 (DTV)

Le Pitch :
Près de 800 millions de personnes vivent à Mega City One, l’immense amas de béton qui constitue le seul lieu viable dans le désert aride et sans pitié, que sont devenus les États-Unis. Dévorée par le chômage et gangrénée par une criminalité de plus en plus violente, la ville a trouvé le moyen de lutter contre le crime : des juges sur-entrainés et sur-équipés cumulant les fonctions de jurés, de juges et de bourreaux.
Dredd, l’un des plus efficaces d’entre-eux, se retrouve avec une nouvelle recrue télépathe qu’il doit évaluer sur le terrain. Mais dès le début de la journée, un évènement imprévu se produit…

La Critique (Pamalach) Rating: ★★½☆☆ :
Bien que la première version de Judge Dredd, avec Stallone n’était pas vraiment ce que l’on pouvait appeler une « réussite » (c’est pas pour cela que je ne l’aime pas d’ailleurs…), cette relecture était très attendue par le public. Hélas, le film ne tient pas toutes ses promesses et oscille entre le bon et le surfait. Commençons donc par le positif.
Les décors tout d’abord, sont vraiment réussis et très en lien avec l’univers graphique de la BD originale. Bétonnée, sombre et crasseuse, la mégalopole est particulièrement bien représentée et l’atmosphère oppressante s’en trouve sublimée.
Les effets-spéciaux, eux, trouvent leur plus belle illustration lors des passages où les junkies se shootent avec la nouvelle drogue destructrice appelé « Slo Mo ».
Encore plus forte que le célèbre « Nuke » de RoboCop 2, elle met les junkies dans un état second, où ils perçoivent la réalité qui les entourent ralentie à l’extrême. Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais à l’écran, ça a vraiment de la gueule.
Les gun fights sont largement à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre et aucune scène d’action n’est décevante, Dredd se la donne tout au long du film pour notre plus grand plaisir ! On ne s’ennuie pas vraiment pendant qu’il multiplie les phrases chocs et ce malgré la maigreur du scénario… Un simple prétexte aux bastonnades, aux bourres-pifs et aux répliques fatales.

Niveau points faibles, ce nouveau Dredd souffre tout d’abord de la présence de Lena Headey, qui interprète Ma Ma, la super méchante. Pas forcément mauvaise dans ses rôles précédents, elle brille ici par sa nullité et offre une performance en complet décalage avec la dangereuse psychopathe qu’elle est censée incarner. Je ne peux m’empêcher de faire du coup un parallèle entre la famille de dégénérés/illuminés/cannibales qu’affrontait Stallone dans la précédente version… Ils étaient tout de même un peu plus charismatiques.
Karl Urban assure pas trop mal, mais en fait vraiment des caisses avec un jeu de lèvres directement emprunté à Sly et une voix d’outre-tombe forcée, qui apparait « too much » justement parce qu’elle est pas du tout naturelle.
En essayant de se la jouer « Super Badass », Carl loupe le coche de peu et finit par agacer en ratant certaines de ses moments de gloire. Certainement obsédé par l’idée de bien faire, le gus manque encore de personnalité pour imposer sa patte et son style. Ne soyons pas trop méchant avec lui quand même, car à côté de la performance de Headey, il est impérial et touche les cieux.
Incarnant la « Rookie » de Dredd, la jeune Olivia Thirlby arrive, en jouant la fragile guerrière mutante, à offrir un bon support aux viriles déconnades de son coéquipier.

Mais là où le film est timoré, c’est particulièrement au niveau de la violence. Au départ, on est tenté de croire que le film va être super bourrin, bien réac et peut-être même subversif. Hélas, à plusieurs moments, on voit bien que le réalisateur ne souhaite pas aller trop loin et du coup se cache derrière quelques effets éculés. Des effets qui ne tromperont pas les fans hardcore : Dredd ne sera pas la folie que l’on pouvait espérer.
Le film se balance donc entre les bons moments et les « mouaifs » offrant donc du coup un spectacle en dilettante, éloigné de ce que l’on pouvait attendre de ce film… « Sad but true ».

@ Pamalach

La Critique (Gilles) Rating: ★★★★☆ :
Une fois n’est pas coutume, mais pour le coup, un reboot de Judge Dredd s’imposait. Tout simplement, car le personnage, créé par John Wagner et Carlos Ezquerra, ne méritait pas de figurer uniquement dans un film aussi bancal (et encore, on est gentil) que Judge Dredd, de Danny Cannon, où Sylvester Stallone lui prêtait ses traits burinés. Emblématique figure badass du comic book américain, Judge Dredd justifiait de tenter le coup une seconde fois. Et c’est précisément ce qu’a fait Pete Travis.

En s’appuyant sur un scénario du très recommandable Alex Garland (il a notamment écrit La Plage et 28 Jours plus tard), Pete Travis est parti dans une direction diamétralement opposée à celle emprunté par le premier film. Finis les décors tape-à-l’œil, finis les bouffonneries sur le clonage et le cabotinage du second rôle lourdingue. Son Dredd est une bête. Un animal dressé à l’attaque et à la traque des bad guys qui pourrissent Mega City One, la mégalopole née du chaos, qui a précipité les États-Unis dans une ère de mort, où la majorité du territoire s’est transformé en désert aride.
Le nouveau Dredd est donc beaucoup plus fidèle à son homologue de papier. Il ne quitte jamais son casque, joue sur l’économie des mots (et des émotions) et envoie du lourd. À ses côtés, nul sidekick comique, mais une jeune recrue, qu’il doit évaluer pour savoir si son potentiel est suffisant pour survivre à l’enfer des quartiers chauds, dirigés par les gangs et gangrénés par la drogue. Dredd ne fait pas dans la dentelle et le film de Pete Travis non plus. Bonne nouvelle donc !

Très centralisé sur son sujet, Pete Travis ne se disperse pas. Il pose rapidement les bases de son récit et va directement à l’essentiel. Rappelant, de par sa structure, le récent The Raid, Dredd voit ses deux protagonistes principaux débouler en bas d’une tour de logements gigantesque. Le but : arriver en haut et buter l’immonde matrone qui s’y trouve. À l’instar de The Raid, Dredd emprunte ainsi beaucoup au jeu vidéo, principalement au niveau de la progression, qui se fait par étapes.

Le ton est donné dès les premières minutes, sauvages et sans concession. Tirant parti de son intrigue simplissime mais brutalement rentre-dedans et donc superbement efficace, Dredd arrive immédiatement à faire oublier la fanfaronnade du gentil (et néanmoins sympathique) navet avec Stallone. Dévoué à la cause du film (on ne voit donc jamais son visage), Karl Urban fait un Dredd tout à fait convainquant, face à la menace d’une Lena Headey (Cersei dans Games of Thrones), en roue libre, mais décidément à son aise quand il s’agit de torturer ses petits camarades. Olivia Thirlby aussi assure, car tout à fait raccord avec l’ambiance qui habite le film. Et l’ambiance justement, elle n’est pas à la fête.
Si l’humour n’est pas complètement absent de l’équation, Dredd repose principalement sur une noirceur propice à des déchainements de violence crue et graphique. La réalisation de Pete Travis arrive à vitaminer le propos et lui donner toute l’ampleur nécessaire, jouant astucieusement sur les ruptures de rythme, quand il passe des trips au ralenti, provoqués par une drogue qui freine le temps, aux fusillades hardcore où le sang gicle à foison.

Pur film de série B renouant avec l’esprit radical de la bd dont il s’inspire, Dredd redore le blason du flic le plus bourrin de la profession. Avec une économie manifeste de moyens, le réalisateur envoie du lourd. En cela, on peut saluer le choix du huis-clos, qui lui évite d’aller s’aventurer dans la ville et ainsi de dépenser des millions supplémentaires. Au lieu de cela, le film se cloître dans un immeuble transformé en zone de guerre. Sans prétention, il reprend les choses à zéro, ne cherche pas ratisser large, mais plutôt à contenter des fans qui attendaient de voir depuis des lustres leur flic/juge/bourreau préféré dans un long-métrage respectueux. La sentence est sans appel : dans son genre, Dredd est une baffe qu’il est agréable de recevoir !

@ Gilles Rolland

Judge Dredd Still Image

Crédits photos : Crédits photos : DNA Films

Par Pamalach le 18 septembre 2012

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