[Critique] LA FEMME DU GARDIEN DE ZOO

CRITIQUES | 29 novembre 2017 | Aucun commentaire
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Titre original : The Zookeeper’s Wife

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis/Grande-Bretagne
Réalisatrice : Niki Caro
Distribution : Jessica Chastain, Daniel Brühl, Johan Heldenbergh, Iddo Goldberg, Shira Haas, Michael McElhatton…
Genre : Drame/Adaptation
Date de sortie : 21 novembre 2017 (DTV)

Le Pitch :
Antonina et Jan Zabinski sont les propriétaires d’un grand zoo à Varsovie. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, les bombardements puis l’arrivée de l’armée allemande détruisent en grande partie l’endroit mais le couple se refuse à partir, préférant lutter contre le nazisme et ses horreurs en cachant plusieurs dizaines de juifs emprisonnés dans le ghetto de Varsovie. Histoire vraie…

La Critique de La Femme du Gardien de Zoo :

Le nouveau film de la réalisatrice néo-zélandaise Niki Caro (L’Affaire Josey Aimes) s’intéresse à un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale et fait donc la lumière sur ces deux propriétaires de zoo qui ont caché au nez et à la barbe des nazis, plusieurs centaines de juifs condamnés aux camps de concentration. Une histoire qui rappelle sur certains aspects La Liste de Schindler même si le traitement n’est ici pas vraiment comparable…

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Sauvetage

Car Niki Caro, si elle ne détourne jamais les yeux face aux atrocités infligées à tout un peuple par l’armée d’Hitler, a tenu à tout de même à aborder son sujet avec une certaine tendance au romanesque. Ce qui ne veut pas dire qu’elle fait preuve de légèreté bien au contraire mais plutôt que son film vient se positionner dans la lignée de ces grandes œuvres américaines habitées d’un lyrisme certain. En somme, La Femme du Gardien de Zoo oppose l’amour et l’humanité d’une femme et d’un homme à la guerre. Les sentiments sont exacerbés autant que mis en lumière quand l’horreur fait son entrée dans un quotidien jusqu’alors radieux. Sorte d’enclave coupée du monde, le zoo est ici montré comme un sanctuaire. Comme le bastion d’une résistance silencieuse qui puise sa force de la résilience, de l’ingéniosité et de l’entraide de celles et ceux qui y trouvent refuge. Malgré les balles qui fusent, les bombes qui pleuvent et la menace permanente d’un IIIème Reich déterminé. Reich qui prend d’ailleurs le visage de Daniel Brühl, ici dans la peau du zoologiste attitré d’Hitler. Un personnage important vu que c’est lui qui se fait le représentant de l’envahisseur allemand. Lui qui illustre au fil des séquences la gangrène qui pourrit le cœur de toute une nation soumise à une idéologie nauséabonde. Au début courtois et souriant, il se transforme petit à petit, devenant la représentation d’un mal perfide et lâche.

Entretenir l’espoir

Face à lui, Jessica Chastain et Johan Heldenbergh personnifient donc la résistance. Un couple très cinématographique, dont la beauté et le glamour sont assez justement, bien que parfois un peu maladroitement, utilisés par Niki Caro pour contrer la noirceur et la brutalité. Jessica Chastain tout particulièrement, se fait le vecteur d’un espoir ténu et d’une innocence tenace. Radieuse, charismatique, elle porte en partie le long-métrage sur ses épaules. Johan Heldenbergh pour sa part, que le public français a découvert dans le déchirant Alabama Monroe, est également excellent. Tout en retenue lui aussi, utilisant sa faculté à transmettre beaucoup de choses sans trop en faire pour nourrir les aspirations et les valeurs de son personnage. À noter également la présence discrète mais solide de Michael McElhatton, un transfuge de Game Of Thrones, qui veille aux arrières.
Parfois assez dur, La Femme du Gardien de Zoo est aussi très classique, au sens hollywoodien du terme. Il ne cherche pas à se démarquer et au final, c’est logique, n’y parvient pas. Ce qu’il veut manifestement, c’est rendre justice à ces personnes qui un jour, ont pris un risque énorme pour sauver la vie d’autres personnes. Le problème au fond, c’est que même en se dévouant au récit, Niki Caro n’évite pas les écueils propres à ce genre de long-métrage et peine à vraiment se démarquer. La Femme du Gardien de Zoo manque ainsi un peu de souffle pour pleinement convaincre, même si bien évidemment, l’histoire qu’il nous narre, suffit à lui conférer de l’importance. Mais c’est cinématographiquement que le tableau n’est pas aussi irréprochable qu’espéré. Parce que parfois, on flirte un peu avec le téléfilm, parce que la narration manque d’ampleur et parce que tout ceci apparaît un peu trop survolé pour toucher au vif avec la puissance que le propos appelait.

En Bref…
Un beau film, un peu trop classique, un peu trop lisse, mais néanmoins traversé de séquences qui parviennent à retranscrire l’horreur inhérente à un conflit meurtrier. Un film par ailleurs véritablement sauvé par ses acteurs, Jessica Chastain, Johan Heldenbergh et Daniel Brühl en tête, quant à eux parfaits du début à la fin.

@ Gilles Rolland

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Par Gilles Rolland le 29 novembre 2017

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