[Critique] FREE GUY

CRITIQUES | 20 août 2021 | Aucun commentaire
Free-Guy-poster

Titre original : Free Guy

Rating: ★★★½☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Shawn Levy

Distribution : Ryan Reynolds, Jodie Corner, Joe Keery, Lil Rel Howery, Utkarsh Ambudkar, Taika Waititi, Channing Tatum…

Genre : Fantastique/Comédie/Action

Durée : 1h55

Date de sortie : 11 août 2021

Le Pitch :

Guy ne le sait pas mais il vit dans un jeu-vidéo. Un jeu très violent où chaque jour il se fait humilier, frapper ou tuer par des joueurs peu enclins à éprouver une quelconque forme de pitié envers lui et ses congénères. Car Guy est un PNG ou Personnage Non Jouable. Sauf que pour Guy, son monde est bien réel. Tout comme l’amour qu’il ressent pour Millie, une joueuse qui parcourt inlassablement la map du jeu à la recherche d’un mystérieux fichier caché…

La Critique de Free Guy :

Les scénarios originaux sont plutôt rares à Hollywood ces derniers temps. La machine à rêves misant très largement sur des adaptations de livres ou de comics, des remakes, suites et autres reboots tout en minimisant les risques. Première bonne nouvelle concernant Free Guy : il s’agit d’une histoire inédite. Pour autant, cette histoire justement, en rappelle d’autres et forcément, le film lui aussi lorgne vers des références plus ou moins récentes, avec là encore plus ou moins d’audace. Pour faire simple, Free Guy pourrait se résumer à un mix entre Ready Player One, La Grande Aventure Lego et The Truman Show. Ceci étant dit, qu’est-ce que ça donne ?

Plein la gueule

Free City, le jeu au centre du scénario de Free Guy, est un ersatz de GTA dans lequel des milliers de joueurs se côtoient au cours de missions consistant à braquer des banques, faire exploser des trucs et parfois maltraiter les PNG, ces personnages tournant en boucle, programmés pour meubler le décor. Comme dans GTA donc. Le principe du film est de conférer une conscience à l’un de ces PNG, incarné par le toujours au taquet Ryan Reynolds. Comme Emmet dans La Grande Aventure Lego, ce dernier évolue dans un univers qu’il pense réel et comme Truman dans The Truman Show, il n’a pas du tout conscience d’être observé en permanence, ni de vivre dans une sorte de bulle dont il lui est impossible de sortir. Voici pour le postulat de ce long-métrage un peu faussement original mais pourtant véritablement enthousiasmant sur bien des plans.

Free-Guy-cast

Jeu de massacre

L’une des qualités de Free Guy est de miser sur l’action quasi en permanence. Au point qu’au bout d’un moment, on ne fait même plus attention aux explosions en arrière-plan ou aux fusillades qui rythment la vie de ce personnage de jeu-vidéo en train de devenir conscient de sa propre condition. À l’écran, c’est un déferlement de pixels et au fond, c’est parfaitement logique. Car si les récents blockbusters ressemblent eux-mêmes trop souvent à une bouillie numérique alors qu’ils sont censés se dérouler dans le monde réel, Free Guy lui, est censé se situer dans un jeu-vidéo. Quoi de plus logique si le show à l’écran ressemble à un jeu-vidéo ? Premier bon point !

Souvent spectaculaire, frénétique et délirant, Free Guy ne s’impose pas vraiment de limite et s’approprie avec malice les codes des jeux-vidéos, avec les menus, les icônes de « vie », les pouvoirs improbables et les personnages hauts en couleurs. Le tout en glissant, assez discrètement mais quand même, une réflexion plutôt pertinente sur cette violence à laquelle nous sommes finalement habitués, sur les écrans ou dans la vraie vie. L’intelligence de Free Guy provenant notamment de sa capacité à justement nous emmener au second-plan pour organiser la montée en puissance d’un outsider animé de bonnes intentions au sein d’un univers façonné avec cynisme.

Bug renégat

Au centre de cette aventure pleine de couleurs, exaltante et souvent drôle (certains gags sont très efficaces et on s’amuse régulièrement devant certaines références bien senties), Ryan Reynolds, ô miracle, parvient à un peu juguler son enthousiasme et livre une performance plus nuancée que prévu. Comprendre par là qu’il n’est pas insupportable comme dans les deux Deadpool et sait jouer sur les ruptures de tons et autres subtilités pour faire exister son personnage au-delà de ses faits de gloire purement « physiques ». Les autres intervenants, très caricaturaux mais efficaces, contribuant de leur côté à donner de l’épaisseur au récit sans toutefois permettre à celui-ci de s’extraire de certains carcans.

Ready Player Two

Forcément moins virtuose que Ready Player One, malgré la mise en scène solide et lisible de Shawn Levy, moins inventif et surprenant que La Grande Aventure Lego et moins touchant et profond que The Truman Show, Free Guy ne démérite pourtant pas. Toujours honnête vis à vis de ses ambitions, plutôt modestes (c’est une bonne chose) et sincère vis à vis de son public, généreux et parfois surprenant et audacieux, ce blockbuster arrive à faire souffler un vent de fraîcheur appréciable. Et tant pis si le scénario prend des raccourcis quand ça l’arrange et tire des ficelles parfois un peu trop grosses car au final, le spectacle a de la gueule et une certaine prestance. Ça va vite, c’est drôle, visuellement enthousiasmant… Une bonne surprise en somme.

En Bref…

Parfait film estival, Free Guy impose un spectacle à la fois exaltant et plus profond que ce qu’on aurait pu penser de prime abord. Porté par un Ryan Reynolds parfaitement à l’aise dans ses baskets, rondement mené et souvent drôle, ce film s’impose alors sans mal comme l’un des meilleurs sur les jeux-vidéos, sans pourtant parvenir au niveau de ses illustres et parfois écrasantes références.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : 20th Century Fox France
Par Gilles Rolland le 20 août 2021

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