[Critique] GODZILLA vs KONG

CRITIQUES | 26 avril 2021 | Aucun commentaire
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Titre original : Godzilla vs Kong

Rating: ★★½☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Adam Wingard

Distribution : Alexander Skarsgård, Millie Bobby Brown, Kyle Chandler, Rebecca Hall, Brian Tyree Henry, Shun Oguri, Eiza González, Demián Bichir…

Genre : Fantastique/Aventure/Suite/Saga

Durée : 1h53

Date de sortie : 22 avril 2021 (VOD)

Le Pitch :

Plusieurs années se sont écoulées depuis la victoire de Godzilla sur King Ghidorah. Un laps de temps durant lequel aucun titan ne s’est manifesté. Pourtant, un jour, sans aucune raison apparente, Godzilla refait surface et attaque Hong Kong. Complètement dépassée, l’organisation Monarch, qui gère la menace, décide de faire appel à Kong, soit le seul titan qui ne se soit pas soumis à Godzilla. Parallèlement, la jeune Madison tente de comprendre le comportement de ce dernier…

La Critique de Godzilla vs Kong :

C’est Godzilla qui a ouvert le bal en 2014, sous la direction de Gareth Edwards. Une version plus sobre, surtout comparé à celle de Roland Emmerich, qui a certes divisé, mais qui offrait de belles perspectives pour la suite. Puis c’est King Kong qui a fait peau neuve et intégré dans un même élan l’univers partagé inauguré par le gros lézard japonnais. Un Kong beaucoup moins subtil que celui des débuts ou même que celui de Peter Jackson, mais bien sûr plus prompt à foncer dans le lard, devant des personnages assez vains campés par des acteurs prestigieux. Un point qui est devenu la marque de fabrique de la franchise : peu importe quels comédiens signent le contrat, aucun ne parvient à vraiment s’imposer. Ce qui était particulièrement visible dans Godzilla II, ce gros festival pop corn un poil indigeste et aussi débile que spectaculaire. Et malheureusement, si pendant un moment nous avons espéré que la saga change un peu son fusil d’épaule et propose un contenu un peu plus conséquent, c’est à nouveau le cas avec Godzilla vs Kong, qui à défaut d’une sortie cinéma assurée, sort chez nous en VOD…

Le choc des titans

Les espoirs étaient donc permis et pourtant, la première attaque de Godzilla, qui se retourne inexplicablement contre les humains, indique clairement que les scénaristes ont persévéré dans la même voie. Le lézard qui défouraille tout sur son passage, au mépris de la vie de ceux qu’il a défendu jusque-là. Les morts se comptent par milliers et Monarch, la super agence top secrète qui s’occupe de gérer les monstres, va chercher Kong dans le grand dôme qui lui sert de prison pour l’envoyer au turbin. Plus tard, après un premier combat durant lequel le gorille place quelques belles patates de forain dans le museau du reptile géant, l’explication quant au retournement de ce dernier nous parvient enfin mais elle ne tient pas la route. Mais c’est au fond plutôt cohérent tant ici, rien de tient vraiment la route. Du côté de l’histoire en tout cas, peut-être encore plus à la ramasse que celle du précédent film.

Le lézard se mord la queue

Si on pige très bien pourquoi Godzilla veut se fritter avec King Kong, on a franchement du mal à avaler la raison pour laquelle le premier devient d’un coup l’antagoniste du récit et pourquoi, quand le grand combat final a lieu, les deux se bastonnent dans une ville sur-peuplée causant là encore des milliers, voire des millions de victimes. Mais tout ça, le film s’en contrefout. On ne parle jamais des dégâts humains car les personnages principaux eux, s’en sortent très bien. Il y a aussi cette histoire de terre creuse. Oui, on comprend que le script lorgne du côté de Jules Vernes mais au fond, le stratagème ne fonctionne qu’au début car par la suite, tout devient très confus puis carrément absurde. Pourquoi en effet les héros éprouvent-ils autant de mal à pénétrer ce monde souterrain mais parviennent à en sortir très facilement ? Une question parmi d’autres qui reste sans réponse. Plutôt frustrant si on considère le nombre ridicule de raccourcis que prend l’intrigue pour nous mener du point A au point B, s’arrangeant non seulement avec la science (mais ça on a l’habitude) mais aussi avec la logique la plus élémentaire. Et c’est ainsi que Godzilla vs Kong vire lentement mais sûrement dans le bis bien foireux…

Cinématique de luxe

Finalement, ici, il n’y a que le show qui compte. Les dialogues sont écrits à la machette, les protagonistes n’existent pas vraiment (si ce n’est la fillette), l’humour n’a rien de drôle… Vous voyez le genre. Non vraiment, tout ce que le métrage a à offrir, ce sont ses séquences d’action. Embauché pour le job, Adam Wingard, qui s’est révélé à nous en 2011 avec le furieux film d’horreur You’re Next, avant d’à nouveau nous réjouir avec The Guest, s’efforce de mener sa barque et parvient en effet à donner à ce duel de géants un certain souffle. Doté d’un très confortable budget, le film fait donc visuellement belle figure. Les effets-spéciaux sont superbes et la mise en scène, pendant ces fameuses scènes de baston, reste lisible en permanence. Le premier round en particulier, sur et sous l’eau, est franchement enthousiasmant. Kong tient la forme, Godzilla ne manque pas de mordant et les deux savent y faire pour occuper l’espace. Cela dit, pas au point non plus de nous faire oublier tous les défauts soulignés plus haut. Les idées à la ramasse par exemple ou encore l’arrivée de ce mecha-godzilla aussi moche visuellement parlant que symptomatique de l’impuissance du film à faire valoir des idées neuves ou en tout cas un tant soit peu audacieuses.

En Bref…

Si vous venez chercher ici un festival pyrotechnique et de l’action pure, vous serez servi. Mais c’est bien tout ce que Godzilla vs Kong a à offrir. Porté par un scénario complètement stupide et par des personnages transparents, cette suite s’enfonce dans une direction regrettable… On sait, grâce à Steven Spielberg, Guillermo Del Toro et d’autres, qu’il est possible de donner dans la destruction massive et le bourrin sans sacrifier le récit et tout de même donner naissance à une émotion tangible. Ce que Godzilla vs. Kong ne fait jamais, lui qui reste en surface et s’avère donc finalement non seulement extrêmement crétin mais surtout terriblement anecdotique. Un nouveau rendez-vous manqué en somme…

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Warner Bros France

Par Gilles Rolland le 26 avril 2021

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