[Critique] KLAUS

CRITIQUES | 25 décembre 2019 | Aucun commentaire
Klaus-poster

Titre original : Klaus

Rating: ★★★★½

Origines : États-Unis/Espagne

Réalisateur : Sergio Pablos

Distribution voix (V.O.) : Jason Schwartzman, Rashida Jones, J.K. Simmons, Joan Cusack…/(V.F.) : Alex Lutz, Ludivine Sagnier, François Berléand, Karin Viard…

Genre : Animation/Aventure

Durée : 1h36

Date de sortie : 15 novembre 2019 (Netflix)

Le Pitch :

À l’académie des facteurs, Jesper se distingue par son inactivité, sa fainéantise et son caractère profondément méprisant. Las de le voir ainsi gâcher sa vie, son père, le responsable de l’école, décide de l’envoyer à l’autre bout du monde, dans une petite bourgade du Cercle Arctique, afin de rouvrir le bureau de poste. Désespéré, Jesper débarque dans ce village où les habitants n’aiment rien tant se battre à la moindre occasion, sans bien sûr jamais penser à s’envoyer des lettres. C’est alors qu’il fait la connaissance de Klaus, un mystérieux menuisier vivant reclus dans les bois…

La Critique de Klaus :

Si Netflix a pris pour habitude d’inonder la bande-passante de films de Noël et autres téléfilms maison dès la mi-novembre, il sait aussi créer l’événement avec la sortie d’une production sortant du lot. Un film en forme de cadeau pour les fêtes de fin d’année, qui cette année encore, après l’excellent Les Chroniques de Noël avec Kurt Russell (une suite est en route), a ravi une large partie des abonnés. Netflix ayant donc misé sur Klaus, un film d’animation piloté par le scénariste de Moi, Moche et Méchant et Yéti & Compagnie, qui réalise ici son premier long-métrage. Un formidable conte, dans la plus grande tradition du genre, qui sait fédérer, émerveiller, dépayser et émouvoir… On rentre un peu dans les détails…

Il était une fois Noël…

Klaus se démarque en premier lieu grâce à son parti pris visuel. Aussi beau qu’audacieux, le film de Sergio Pablos ravive ainsi un certain esprit vintage, autant au niveau de l’animation à proprement parler que des graphismes. Le tout en exploitant tout de même des techniques beaucoup plus modernes. Un choix payant, qui demande néanmoins quelques minutes d’adaptation. Minutes nécessaires pour vraiment apprécier le travail accompli, qui devient d’ailleurs de le plus en plus merveilleux au fil des scènes. Comme si le réalisateur et son équipe avaient voulu retranscrire à l’écran la progression de la magie de Noël à travers justement un enrichissement constant de l’univers visuel et d’effets contribuant aussi à rendre le tout sans cesse plus enchanteur. Très classe donc, rempli de plans méticuleux, de sublimes effets de lumière et de vignettes mémorables, en forme de tableaux dans lesquels le regard se perd, Klaus sait aussi raconter une histoire…

Klaus-Netflix

Comme une lettre à la Poste !

Avec son jeune personnage un peu je-m’en-foutiste, qui découvre les vraies valeurs de la vie au contact de ce généreux menuisier un peu bourru, de cette institutrice elle aussi blasée et de ces enfants laissés de côtés par des adultes trop occupés à nourrir les braises d’une haine séculaire, Klaus réussit totalement à donner du corps à ses ambitions. Ambitions qui ne consistent en rien à révolutionner le genre mais plutôt à lui redonner ses lettres de noblesse, sans cynisme aucun mais avec une vraie sincérité et une générosité de tous les instants. Petit à petit, le film dévoile donc ses cartes en prenant soin de nous réserver quelques surprises. Le jeune héros en quête de rédemption devenant le pivot d’une aventure pleine de bons sentiments certes mais aussi résolument moderne dans sa façon de secouer un peu quelques clichés et autres lieux communs bien installés.

Santa is coming

En soi, c’est bien de la magie de Noël, la vraie, dont il est question ici. Celle qui réunit et qui enchante. En quête d’une certaine forme de rédemption malgré lui, Jesper trouve chez Klaus, cet homme retiré du monde, une raison de non seulement accepter sa nouvelle condition mais aussi de la transcender de bien des façons. Un duo touchant, à la base d’enjeux dramatiques consistants et d’une émotion croissante face à laquelle il semble difficile de rester indifférent. Car s’il s’avère souvent très drôle, stimulant et inventif, Klaus est bel et bien émouvant. La fin faisant montre d’une audace remarquable mais aussi parfaitement pertinente au regard de tout ce qui a précédé. Vous seriez en cela avisés de préparer les mouchoirs…

En Bref…

Excellent film d’animation, visuellement inventif et exigeant, petit bijou d’écriture et d’émotion, Klaus est un véritable et touchant conte de Noël comme on en voit peu. Une authentique réussite qui en plus de s’imposer tout naturellement pour les fêtes de fin d’année, s’impose tout court comme l’un des meilleurs dessins-animés de 2019.

@ Gilles Rolland

Klaus
Crédits photos : Netflix
Par Gilles Rolland le 25 décembre 2019

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