[Critique] LA FORÊT

CRITIQUES | 7 mai 2016 | Aucun commentaire
The-Forest-poster

Titre original : The Forest

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Jason Zada
Distribution : Natalie Dormer, Taylor Kinney, Yukiyoshi Ozawa, Yûho Yamashita…
Genre : Épouvante/Horreur
Date de sortie : 30 avril 2016 (Netflix)

Le Pitch :
Sara, une jeune américaine, apprend la disparition de sa sœur jumelle alors que celle-ci se trouvait au Japon, dans la forêt d’Aokigahara. Un endroit connu pour servir de théâtre à de nombreux suicides. Persuadée que sa jumelle est encore en vie, Sara refuse de se ranger du côté des autorités et décide de partir à sa recherche, malgré les mises en garde de ceux qui affirment que le bois abrite des esprits malveillants…

La Critique :
Transfuge des Tudors, star de Game of Thrones également aperçue dans Rush, de Ron Howard ou dans la saga Hunger Games, Natalie Dormer s’est vue offrir le rôle principal dans La Forêt. Un film d’épouvante dans lequel elle interprète d’ailleurs deux personnages, en l’occurrence des sœurs jumelles perdues dans les méandres d’une forêt maléfique au Japon. Une comédienne qui se dédouble avec toute la bonne volonté du monde, au cœur d’un récit balisé, tout en en représentant, grâce à sa présence électrisante, l’un des seuls véritables atouts.
Hasard du calendrier, ce long-métrage, que nous allons appeler ici par son titre américain afin d’éviter toute répétition intempestive, est diffusé sur Netflix au moment de la sortie en salle de Nos Souvenirs, de Gus Van Sant, dont l’action prend également pied dans la forêt d’Aokigahara, au Japon, où les gens vont se suicider en masse.
Cela dit, les deux œuvres ne jouent pas dans la même catégorie. Jason Zada n’est pas Gus Van Sant . D’un point de vue formel bien sûr (nous y reviendrons), mais aussi au niveau de sa propension à utiliser la légende qui auréole ce lieu plein de mystères pour venir y greffer une histoire de fantômes japonais agressifs.

The-Forest-Natalie-Dormer

Car The Forest, avec son introduction qui évoque un peu Lost in Translation, avec son américaine perdue dans une culture qu’elle ne comprend pas (faute de manger des trucs qui bougent encore dans son assiette, celle-ci se rabat sur une bonne vieille bière qu’elle partage avec un yankee expatrié, bonjour le dépaysement), vient se positionner dans l’exacte lignée de tous ces trips d’épouvante modernes principalement axés sur des jump scares plus ou moins efficaces. L’histoire elle, est basique de chez basique. Rien de très surprenant dans cette disparition au cœur d’un endroit présumé hanté. Quelques effets sont certes plutôt sympathiques mais au fond, rien de ce qu’on nous propose n’a pas déjà été fait en mieux ailleurs. Seul le cadre ajoute une touche d’exotisme vaguement inquiétante. Dommage que le scénario n’exploite pas avec plus de justesse et un peu plus d’audace le mythe qui entoure la forêt d’Aokigahara, car au final, The Forest aurait pu se passer dans n’importe quelle autre bois de la planète.
Il y a aussi cette regrettable propension à ne jamais vraiment parvenir à retranscrire avec puissance les émotions des personnages. Au début tout particulièrement. Sara, la fille qui cherche sa sœur, est persuadée que cette dernière est vivante, parce qu’elle est sa jumelle et que les liens qui les unissent leur permet de savoir quand l’autre est dans la mouise. Pour autant, son inquiétude, quand elle déboule au Japon, n’est pas tangible. Ce n’est que plus tard qu’on la sent vraiment concernée. Un peu tard donc. Surtout quand on nous impose une scène franchement bancale où Sara se fait draguer par un beau gosse, auquel elle raconte son enfance sans autre forme de procès. De quoi diluer la tension assurément et commencer à trouver le temps long.
Et c’est d’ailleurs là où le bas blesse le plus : quand The Forest échoue à imposer une rythmique efficace, préférant se concentrer sur des effets de manche réchauffés à la va-vite, avant d’entrer dans le vif du sujet. Ainsi, le film donne vraiment l’impression de retarder une échéance de toute façon assez prévisible. Quand nous sommes enfin dans la forêt, c’est déjà trop tard et si, encore une fois c’est important, quelques effets fonctionnent, globalement, le spectacle s’avère trop prévisible.

Reste donc Natalie Dormer. Elle fait le job, pas de doute. Pas vraiment aidée par un script très banal, elle assure du mieux qu’elle peut et parvient, de temps à autre, à faire émerger une détresse et une émotion qui contribuent à sauver les meubles. La mise en scène n’est pas totalement inintéressante non plus, même si elle ne tire pas vraiment parti de l’environnement pourtant propice à quelque chose de vraiment flippant. À l’arrivée, The Forest n’est pas ce qu’on appeler une purge totale. Malheureusement, ce n’est pas non plus ce qu’on peut appeler un grand film. Il est juste là. Avec ses clichés embarrassants et son histoire cousue de fil blanc. Il essaye de se démarquer mais pas trop non plus, avant de se ranger du côté de toutes ces productions plus ou moins insipides qui sortent tous les ans directement en vidéo, en réussissant de justesse à ne pas sombrer définitivement du côté obscur du navet.

@ Gilles Rolland

The-Forest-cast    Crédits photos : Splendid Film/Netflix

Par Gilles Rolland le 7 mai 2016

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